Noubkhâes Ire
| Noubkhâes Ire | ||||
Stèle de Noubkhaes (Louvre) | ||||
| Nom en hiéroglyphe | ||||
|---|---|---|---|---|
| Transcription | Nwb ḫˁ.s | |||
| Période | Moyen Empire | |||
| Dynastie | XIIIe dynastie | |||
| Fonction principale | reine | |||
| Famille | ||||
| Grand-père paternel | Sobekhotep | |||
| Grand-mère paternelle | Hapyou | |||
| Grand-mère maternelle | Hémi | |||
| Père | Dedousobek-Bebi | |||
| Mère | Douat-Neferet | |||
| Conjoint | Roi non nommé | |||
| Enfant(s) | ♀ Khonsou ♀ Douat-Neferet ♀ Bebi-Rès |
|||
| Fratrie | ♀ Nébipou ♀ Néférou-Sobek ♀ Nebetimnoub ♀ Nebetemakhet ♀ Nebetemheb ♂ Neb-Soumenou ♂ Sobekhotep ♂ Sobekemsaf ♂ Nebânkh ♂ Sobekemhat |
|||
| modifier |
||||
Noubkhâes Ire (l’Or [= Hathor ] apparaît) est une ancienne reine égyptienne pendant le Moyen Empire, sous la XIIIe dynastie.
Attestations
[modifier | modifier le code]La reine n'est attestée que par quelques éléments[1] :
- une stèle provenant d'Abydos conservée au Musée du Louvre (C 13) ainsi qu'une seconde stèle fragmentaire faisant la paire avec l'autre (l'état lacunaire de l'inscription ne mentionne plus la reine) conservée au Musée égyptien du Caire (JE 27971 = CG 20763) ; la stèle du Louvre nomme les parents de la reine, son oncle Nebânkh, l'ensemble de sa fratrie ainsi que ses trois filles,
- une statue, nommée « dyade d'Éléphantine » et retrouvée sur l'île, représentant les époux Aÿ, futur nomarque d'El Kab et peut-être vizir[note 1] mais alors « directeur du gès-per », et la « fille du roi » Khonsou ; la reine est mentionnée dans l'inscription comme la « grande épouse royale » Noubkhâes,
- une inscription posthume dans la tombe d'un « commandant de l'équipage du souverain » d'El Kab nommé Renséneb (tombe numéro 64) ; l'épouse de Renséneb, dont le nom est perdu, est une arrière-petite-fille de la reine Noubkhâes Ire par son père ainsi qu'une arrière-arrière-petite-fille du roi Khâsekhemrê Neferhotep par sa mère.
Ces éléments permettent de reconstruire la famille de la reine, ainsi que de donner ses titres[2] :
- Épouse du roi (ḥm.t nsw.t),
- Grande épouse royale (ḥm.t nsw.t wr.t),
- Celle qui est unie à la couronne blanche (ḫnm.t nfr ḥḏ.t),
- Grande de charme (wr.t jmȝ.t),
- Maîtresse de toutes les femmes (ḥnw.t ḥmw.t nbw.t).
Famille
[modifier | modifier le code]La reine est l'une des filles du « grand scribe du vizir » Dedousobek-Bebi et de la « maîtresse de maison » Douat-Neferet ; Dedousobek-Bebi est connu pour avoir officié sous le règne de Khâneferrê Sobekhotep. Elle était également la nièce du « grand intendant du roi » Nebânkh, frère de Dedousobek-Bebi. Ses frères avaient également des postes élevés dans l'administration royale : Sobekemsaf était « héraut [du vizir] dans Thèbes », Neb-Soumenou était « scribe de la tablette royale de la Cour », Nebânkh était « chancelier du dieu d'Abydos » et Sobekhotep était « dignitaire de Nekhen ». La reine a eu avec son royal époux trois filles : Douat-Neferet, Bebi-Rès et Khonsou (ou Khonsoukhoufsy-Renséneb) ; cette dernière est la mère du « directeur du gès-per » Neferhotep dont l'épouse est une descendante du roi Khâsekhemrê Neferhotep ; de leur union est issue une fille dont l'époux était le « commandant de l'équipage du souverain » Renséneb[3],[4].
L'identité du royal époux de la reine n'a pas été déterminée, même si la datation des monuments permet de donner une fourchette :
- les monuments de son père Dedousobek-Bebi et de son oncle Nebânkh datent des règnes Khâsekhemrê Neferhotep et Khâneferrê Sobekhotep,
- la dyade d'Éléphantine montre que le « directeur du gès-per » Aÿ était déjà l'époux de la fille du roi Khonsou,
- la Stèle juridique indique que le gouverneur d'El Kab Aÿ a été promu vizir en l'an 1 du règne de Merhoteprê Ini/Sobekhotep.
Ainsi, le roi en question devait être l'un des proches successeurs de Khâneferrê Sobekhotep[5],[6],[7] :
Arbre généalogique
[modifier | modifier le code]| Sobekhotep Intendant | Hapyou Maîtresse de maison | Hémi Maîtresse de maison | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Nebânkh Grand intendant | Dedousobek-Bebi Grand scribe du vizir | Douat-Neferet Maîtresse de maison | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Roi non nommé | Noubkhâes Ire Grande épouse royale | Sobekemsaf Héraut du vizir dans Thèbes | Nebânkh Chancelier du dieu d'Abydos | Neb-Soumenou Scribe de la tablette royale de la Cour | Sobekhotep Dignitaire de Nekhen | Un frère et cinq sœurs | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Douat-Neferet | Bebi-Rès | Khonsou Fille du roi | Aÿ Directeur du gès-per Nomarque d'El Kab Vizir ? | Khâsekhemrê Neferhotep | Sénebsen Épouse royale | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Neferhotep Directeur du gès-per | In ou Insat-Hatchepsout[note 3] | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Renséneb Commandant de l'équipage du souverain | Anonyme | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Quatre fils et sept filles | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Notes et références
[modifier | modifier le code]Notes
[modifier | modifier le code]- ↑ L'identification du « directeur du gès-per » puis nomarque d'El Kab Aÿ avec le vizir homonyme n'est pas certain :
- Kim Ryholt réfute cette identification sur la base que, le titre de vizir étant supérieur à celui de nomarque, le « commandant de l'équipage du souverain » Renséneb d'El Kab aurait indiqué dans sa tombe le titre de vizir à Aÿ et non celui de nomarque (Ryholt 1997, p. 241),
- Wolfram Grajetzki et Julien Siesse considèrent qu'il s'agit de la même personne ; ce dernier indique notamment que Renséneb privilégie dans sa tombe à montrer son ancrage local (Grajetzki 2005, p. 38, Siesse 2019, p. 147).
- ↑ Différentes chronologies concernent ces deux rois selon Ryholt (Ryholt 1997, p. 73) et Siesse (Siesse 2019, p. 64-65, 81-83 et 99).
- ↑ Le nom de la fille de la « fille du roi » Neferhotep (descendante du roi Khâsekhemrê Neferhotep et de la reine Senebsen) est sujet à débat : il peut en effet être lu In Sat Hatchepsout, ce qui a été interprété comme pouvant signifier un double nom : Insat-Hatchepsout (Ryholt 1997, p. 241) ou comme une filiation : In, fille d'Hatchepsout (Siesse 2019, p. 141). L'épouse anonyme de Renséneb serait dont soit la petite-fille de la « fille du roi » Neferhotep (Ryholt 1997, p. 241-242), soit l'arrière-petite-fille de cette dernière (Siesse 2019, p. 141).
Références
[modifier | modifier le code]- ↑ Siesse 2019, p. 146.
- ↑ Siesse 2019, p. 145.
- ↑ Ryholt 1997, p. 239-242.
- ↑ Siesse 2019, p. 146-147.
- ↑ Dodson et Hilton 2004, p. 112.
- ↑ Ryholt 1997, p. 241.
- ↑ Siesse 2019, p. 147.
Bibliographie
[modifier | modifier le code]- (en) Wolfram Grajetzki, Ancient Egyptian Queens, Londres, (ISBN 0-9547218-9-6) ;
- (en) Aidan Mark Dodson et Dyan Hilton, The Complete Royal Families of Ancient Egypt, Thames & Hudson, [détail des éditions] (ISBN 0-500-05128-3) ;
- (en) Kim Steven Bardrum Ryholt, The Political Situation in Egypt during the Second Intermediate Period, vol. 20, Copenhague, Museum Tusculanum Press, (ISBN 978-8772894218), p. 38-39 ;
- Julien Siesse, La XIIIe dynastie : Histoire de la fin du Moyen Empire égyptien, Paris, Sorbonne Université Presses, coll. « Passé Présent », (ISBN 9791023105674).
