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Autism friendly

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BERJAYA
Une indication Autism Friendly.

Autism friendly (en français : amical envers l'autisme) est un concept ainsi qu'une indication de prise en compte des personnes autistes. Un lieu autism friendly est aménagé en termes d’accueil, d'architecture ou encore d'horaires d'ouverture, afin d'être plus accessible pour ces personnes, souvent affectées d'hypersensibilités sensorielles et d'anxiété. Ce concept vise la suppression des agressions sensorielles perçues par les personnes autistes, en particulier en matière de son, de lumière, de foule, et de communication.

La notion d′autism friendly concerne essentiellement les pays anglo-saxons. Ces expériences visant à permettre une société inclusive ont été menées dans le domaine de l'éducation, des transports, du tourisme, de la justice, du divertissement et de la consommation.

Définition

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L'autisme concerne, à des degrés divers, 1 % de la population, et perdure toute la vie de la personne. Les difficultés rencontrées en société mènent souvent à de l'exclusion sociale[1] et peuvent être une source de mortalité. Un problème très fréquent chez les personnes autistes est celui des hypersensibilités sensorielles, touchant les cinq sens[1]. Ces problèmes peuvent être atténués par une adaptation de l'environnement, qui rendent les lieux plus accessibles et les événements plus prédictibles, afin d'éviter l'anxiété[2]. Les personnes autistes sont généralement plus affectées que les non-autistes par le bruit, la température, la chaleur, et les odeurs[2]. Aussi, des adaptations dans l'environnement, même minimes, peuvent avoir un effet très positif sur leur bien-être[3].

Le concept d′autism friendly comprend la création d'espaces de retrait sensoriel dans les écoles afin de permettre un meilleur accueil des élèves autistes, la suppression des lumières fluorescentes et des bruits violents, et l'autorisation d'utiliser du matériel qui réduit les surcharges sensorielles sur les lieux d'étude ou de travail[4], tel qu'un casque anti-bruits et des lunettes de soleil[5]. Ce concept s'est étendu depuis 2011 à l'organisation de divertissements adaptés aux particularités sensorielles des personnes autistes (suppression des lumières vives, mise à disposition d'espaces plus calmes, etc). La motivation n'est pas uniquement humaniste : les personnes autistes et leurs parents hésitent souvent à se rendre dans des lieux tels que des restaurants et des salles de cinéma, à cause du bruit et des lumières vives susceptibles de provoquer des souffrances sensorielles. Leur proposer des espaces adaptés permet de les encourager à consommer[5].

Ce concept est très récent, ne remontant pas au-delà des années 2010. Cependant, il a été mis en application auparavant, lors de réunions organisées par et pour des personnes autistes, telles qu'Autreat, aux États-Unis[4].

Mises en application

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Au Royaume-Uni, des campagnes ont été menées et des récompenses sont remises aux lieux Autism friendly par l'association Liverpool Autism Champions[6]. Le parlement de Londres propose un guide de visite de la capitale britannique spécifiquement rédigé à l'intention des personnes autistes[7].

Pathlight School, créée en 2010 à Singapour, est une école autism friendly dont le campus est conçu de façon à respecter la dignité des étudiants autistes, en leur proposant un environnement adapté. Le design architectural, l'agencement et les schémas de couleur visent à réduire les surcharges sensorielles. Cette école propose aussi un ratio professeur / étudiant élevé, un accent sur la nutrition, et un programme complet de formation et d'éducation[8],[9].

Aux États-Unis, des préparations collectives aux consignes de sécurité des aéroports pour les enfants autistes et leur famille ont été mises en place, avec pour but de diminuer l'anxiété qu'ils pourraient ressentir : 2000 familles en ont bénéficié entre 2011 et 2017[10]. Le même type de préparation existe à l'Aéroport international Stanfield d'Halifax, en Nouvelle-Écosse (Canada)[11].

Justice et police

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Diverses études montrent que les personnes autistes sont exposées à un risque accru de malentendus, de victimation et d'interactions problématiques avec leur environnement social[12]. Ceci explique que, statistiquement, elles sont  plus que la population générale  impliquées dans des contacts avec les forces de l'ordre. Elles y sont confrontées en tant que victimes, témoins, personnes signalées pour un comportement perçu comme inhabituel, ou plus rarement comme suspects. Ces interactions, qui incluent aussi des interventions non criminelles liées à la sécurité publique concernent 7,9 à 32,5 % des personnes autistes[13],[12]. Il s'agit souvent de signalements d'errance, de fugue, de disparitions d'enfants ou d'adultes, de comportements jugés inquiétants ou des soupçons de maltraitance ou de négligence ; et ces personnes sont  plus souvent que la moyenne  victime de vols, viols, harcèlement ou comportements agressifs (mais non criminels)[14],[15],[12].

La relation avec la police ou la justice est compliquée par certaines caractéristiques de l'autisme, presque toujours mal comprises par les personnels, comme les stéréotypies, l'alexithymie[16], des hypersensibilités (hypersensibilité au bruit et/ou à la lumière ou aux odeurs en particulier) ou les difficultés de communication, qui sont souvent très aggravées par le stress et l'imprévu.

De plus, plusieurs études en psychologie cognitive, psychologie morale et en neurosciences ont montré que les personnes autistes présentent souvent une forte aversion à l'injustice, en raison de particularités cognitives comme la recherche de cohérence, la sensibilité morale ou la difficulté à tolérer les comportements perçus comme illogiques ou arbitraires, ce qui explique qu'elles peuvent manifester une réponse émotionnelle plus intense face à des situations injustes ou incohérentes (les études basées sur des tâches d'« ultimatum » ou de jugement moral comme le « jeu de l'ultimatum », montrent que les adultes autistes sont plus enclins (que ceux de la population générale) à rejeter des propositions inéquitables, même si cela se fait à leur détriment, illustrant une priorité accordée à l'équité sur l'intérêt pragmatique ; cette sensibilité s'accompagne d'une réponse émotionnelle intense face aux situations perçues comme moralement ou éthiquement incohérentes. Elles s'appuient davantage sur leurs capacités de raisonnement non verbal pour suivre rigidement des normes de non‑violence, en lien avec un traitement moral des situations et des réponses émotionnelles qui leur sont spécifiques et pouvant donner l'impression qu'elles sont inflexibles[17],[18],[19],[20],[21],[16].

Le spectre de l'autisme est large ; il intègre des personnes à fonctionnement dit de haut-niveau jusqu'à des formes d'autisme dit "profond". Dans tout le spectre, des personnes peuvent être non verbales toute leur vie durant, ou développer un mutisme sélectif en situation de stress (elles peuvent parfois parfaitement répondre par écrit, ou par des signes, à des questions). Certaines (femmes notamment) peuvent avoir appris à masquer leur autisme mais continuer à avoir une grande difficulté à déduire et comprendre les pensées et les intentions des autres[22] ce qui peut les conduire par exemple à avouer des actes qu'ils n'ont pas commis ou à ne pas donner d'information qu'on ne leur a pas clairement demandé de donner. Le bruit (sirènes de police ou de pompier, coups de feu, cris, claquement de portes, etc), la lumière (gyrophare notamment), les longues attentes, la promiscuité, le fait d'être menotté ou simplement touché (la fouille au corps), l'agitation d'un commissariat sont des sources d'hyperstimulation pouvant déclencher un stress extrême lui même source de crise de panique, de crise autistiques et parfois de crise d'épilepsie qui vont momentanément empêcher ou dégrader la communication avec la personne, puis la laisser dans un état d'épuisement. Ces particularismes conduisent très fréquemment à des interprétations gravement erronées de faits ou de réactions par des témoins ou des policiers, augmentant le « risque d'escalade » ou d'injustices lors des interventions, des auditions, etc.[12].

Or, une grande partie des agents de police ou des personnels de justice déclare ne pas avoir été formés à la prise en compte de ces spécificités et font état d'une faible connaissance générale des TSA. Mais des recherches ont montré que ceux qui ont reçu une formation préalable et/ou possédant une expérience personnelle avec des personnes autistes se sentent plus à l'aise pour interagir avec elles, ont une meilleure connaissance de l'autisme et se sentent mieux préparés[12].

Formation des forces de l'ordre

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Voiture de la patrouille de la police municipale de Cocoa (Floride), dédiée à la sensibilisation de la population à l'autisme.

Des recherche et expérimentations de terrain ont montré qu'une formation spécifique peut aider les policiers et personnels de Justice à mieux comprendre l'autisme, et à mieux interagir avec les personnes autistes, à permettre une gestion et des aménagements raisonnables du temps et de l'espace et ainsi réduire les risques de méprise et d'injustice liés à la méconnaissance des comportements et spécificités autistiques[23],[24],[12].

Des initiatives, encore rares, visent à former les personnels potentiellement concernés, et à informer les forces de police et les personnel de secours ou judiciaires qu'une personne est autiste, car la confrontation avec ces milieux peut être stressante pour cette dernière, au point d'induire un mutisme sélectif ou une crise autistique rendant momentanément la communication difficile ou impossible. Les policiers formés jugent généralement la formation pertinente et applicable sur le terrain, tout en exprimant le souhait de disposer de ressources supplémentaires, de matériel sensoriel et d'interactions plus directes avec des personnes autistes[23],[24],[12].

Un programme en ce sens a par exemple été lancé à Glasgow, en Écosse, en 2012, utilisant une base de données relative à l'autisme, afin que le personnel policier et d'intervention médicale ou judiciaire reçoive une notification en cas de contact avec une personne autiste, l'invitant à mettre en place un mode de communication moins stressant et plus facilement intercompréhensible[25],[26]. Des Autism Alert Cards (cartes alerte autisme) sont disponibles pour les personnes autistes des Scottish Borders et du Lothian, en Écosse, afin que la police (et les services de secours) puissent identifier les personnes autistes et communiquer avec elles de manière appropriée. Ces cartes, qui encouragent des interactions autism friendly, contiennent des informations à propos de la manière de communiquer[26].

Des formations dédiées à l'autisme — souvent sous forme de sessions en présentiel de quelques heures[27] — permettent aux personnels concernés d'améliorer leurs connaissances sur les comportements autistiques, leur confiance dans les interactions (qui deviennent alors plus efficaces), et leur capacité à adapter leurs pratiques lors de situations difficiles. Et les bilans ont montré que les policiers apprécient les contenus pratiques, les retours d'expérience et les outils concrets leur permettant de reconnaître les particularités sensorielles, comportementales ou communicationnelles des personnes autistes[23],[24],[12].

Kenney et al. (2026) invitent à étudier le transfert réel de ces compétences en situation, à inclure des agents issus de contextes variés (urbains, ruraux, mixtes) dans ces formations, à examiner l'effet des formations obligatoires versus volontaires, notamment sur la sécurité des personnes autistes lors des interventions, à établir des standards pour la formation des forces de l'ordre à l'autisme, à développer des occasions de contact entre policiers et communauté autiste hors des contextes d'urgence, pour réduire les risques d'escalade et d'améliorer la compréhension mutuelle. Selon Kenney et ses collègues, en 2026, dans la revue Journal of autism and developmental disorders[12], la formation des policiers à l'autisme peut et doit être améliorée, dont en renforçant le transfert des stratégies d'apaisement via des méthodes plus interactives (vidéos, jeux de rôle ou réalité virtuelle. Les retours de participants invitent à adapter la durée des formations aux besoins et signalent l'importance d'une relation de confiance entre formateurs et agents, et qu'il serait utile de créer des rencontres entre policiers, personnes autistes et familles hors des situations d'urgence, pour favoriser la compréhension mutuelle et la sécurité, à l'image d'initiatives communautaires comme Officer Friendly Day[12].

Divertissements et consommation

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Le premier parc d’attractions certifié accessible aux personnes autistes a ouvert en à Langhorne en Pennsylvanie : il met à disposition des casques anti-bruits, des pièces silencieuses et un guide sensoriel[28].

Centres commerciaux

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Au Canada, les centres commerciaux d'Oxford Properties ont mis une procédure en place afin de permettre aux enfants autistes de rencontrer le Père Noël en évitant la foule et le bruit[29]. Le centre commercial ouvre plus tôt et n'autorise alors l'entrée qu'aux familles avec enfant autiste désireuses de rencontrer le Père Noël en privé. En 2012, le Southcentre Mall de Calgary était le premier centre commercial au monde à proposer ce service[30]. Les enfants reçoivent un petit livret expliquant la procédure, et à l'arrivée au centre commercial, sont placés dans une zone d'attente près du Père Noël avant leur visite « pour assurer leur confort »[29].

Les supermarchés Countdown, en Nouvelle-Zélande, ont mis en place une heure calme (quiet hour) une heure par semaine depuis fin , pour permettre aux personnes autistes d'accéder plus facilement à leurs magasins[31].

Aux États-Unis, le Theatre Development Fund (TDF) a créé un programme en 2011 afin de « rendre le théâtre [incluant la comédie musicale] accessible aux enfants et adultes autistes »[Trad 1]. Nommée the Autism Theatre Initiative, elle fait partie d'un programme d'accessibilité mis en place avec le concours de l'association Autism Speaks et de l'entreprise The Walt Disney Company, en partenariat avec des experts qui ont assisté à la mise en place du spectacle en suggérant des adaptations. Ces adaptations incluent la mise à disposition d'espaces calmes, des modifications dans la pièce pour supprimer ou réduire les lumières stroboscopiques et le bruit, et des lieux où les personnes qui assistent à la pièce puissent se rendre en cas de besoin de changer d'activité après avoir quitté le théâtre. Des social stories expliquant l’expérience ont été distribuées. Les pièces concernées incluent Le Roi Lion et Mary Poppins[32],[33],[34],[35],[36].

La première de la comédie musicale Wicked entièrement autism friendly a été jouée à West End à Londres le [37].

Notes et références

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Notes de traduction

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  1. Citation originale en anglais : make theatre accessible to children and adults on the autism spectrum.

Références

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  1. 1 2 Nguyen 2006, p. 2.
  2. 1 2 Nguyen 2006, p. 3.
  3. Nguyen 2006, p. 4.
  4. 1 2 Silberman 2016, p. 471.
  5. 1 2 Silberman 2016, p. 472.
  6. (en) « Liverpool Autism Champions ».
  7. « Autisme : sur son site web, le Parlement de Londres détaille la visite à destination des personnes atteintes de troubles autistiques », Franceinfo, (lire en ligne, consulté le ).
  8. (en) Leow Si Wan, « A Path to work life », The Straits Times, .
  9. (en) « A Unified Whole », d+a magazine, no 53, (lire en ligne).
  10. (en) Joseph Netto, « Preparing to fly with kids with autism », CNN, (consulté le ). Pour la traduction française, voir Jean Vinçot, « Se préparer à prendre l'avion avec des enfants autistes ».
  11. (fr-CA) Zone Société - ICI.Radio-Canada.ca, « Simulations de vol pour personnes autistes en Nouvelle-Écosse », sur Radio-Canada.ca (consulté le )
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