JEAN-MARIE MARTIN
FISCALITÉ ET ÉCONOMIE ÉTATIQUE
DANS LE ROYAUME ANGEVIN DE SICILE
À LA FIN DU XIIIe SIÈCLE
L'étude conjointe de la fiscalité et du secteur étatique de l'économie à l'époque angevine - domaine au demeurant complexe et, en un sens, artificiellement délimité - nous a été suggérée par un travail antérieur sur un sujet semblable à l'époque de Frédéric II1. Tel que nous le présentons, il est tributaire du choix des sources; ses limites sont dictées à la fois par la nature de celles-ci et par la façon dont on les a utilisées.
On a décidé de se limiter (si l'on peut dire) à ce qui a été publié des registres angevins et des notes prises sur ces documents - détruits, on le sait, en 1943 - sans chercher à y ajouter quoi que ce soit; l'image qu'on en tire est donc entièrement dépendante des rouages et des notaires de la Curia, ce qui ne signifie d'ailleurs pas qu'elle soit purement normative ou idéalisée : un organisme aussi moderne et complexe que la Cour du royaume de Sicile se permet souvent de confronter les normes théoriques à une réalité qui ne leur obéit pas toujours. Mais la masse des documents tirés des registres angevins que les archivistes napolitains ont publiés sous les auspices de l'Accademia Pontaniana2 (auxquels on a ajouté les documents du règne de Charles II publiés par Egidi et concernant Lucera et, partant, la Capitanate)3 ne dépasse pas les dernières années du XIIIe (et, pour le Codice d'Egidi, les premières années du XIVe siècle); aussi notre étude couvre-t-elle le règne de Charles Ier et les trois premiers quarts, à peu près, de celui de Charles II.
I J.-M. Martin, L'économie du Royaume normanno-souabe, sous presse dans les actes du colloque Mezzogiorno-Federico H-Mezzogiomo (Potenza, ottobre 1994).
I 1 registri detta cancellerìa angioina ricostruiti da Riccardo Filangieri con la collaborazione degli Archivisti Napoletani, Naples, 1950 sq. (ce titre sera désormais abrégé sous la forme RA). On a utlisé les volumes I-XXXIII, XXXV, XXXVm-XLL
3 P. Egidi, Codice diplomatico dei Saraceni di Lucera, Naples, 1917 (désormais abrégé sous la forme CDSL).




















