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1302 comptes rendus de l’académie des inscriptions

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M. Yves-Marie Bercé a la parole pour deux hommages : « J’ai l’honneur de déposer sur le bureau de l’Académie une nouvelle édition de l’oeuvre de Jean Calvin, Praelectiones in librum prophetiarum Jeremiae, par Nicole Gueunier, avec la collaboration de Max Engammare, Genève, Droz (Joannis Calvini opera omnia. Series II, Opera exegetica,

VI), 2016, 2 volumes, 1886 pages.

Depuis 1549 Calvin avait donné à Genève dans la maison dite l’Auditoire

près de la cathédrale des cours ou leçons (praelectiones) adressés à un public instruit d’étudiants. Elles se tenaient les trois premiers jours de la semaine ; elles duraient chacune au moins une heure, souvent beaucoup plus. Selon une sienne longue habitude, le Réformateur prononçait ses conférences en latin ; il lisait, expliquait et commentait un fragment précis d’un des livres de l’Ancien Testament ; le cours s’achevait par une prière originale, composée exprès pour la leçon du jour et tenant en une dizaine de lignes. Au printemps 1560, le voilà qui rappelle à ses élèves le programme de ses cours ; son dessein est d’envisager de façon systématique les textes bibliques. Après les douze petits prophètes, après les Révélations

de Daniel, après le livre d’Esaïe achevé en août 1559, son programme

entreprend maintenant d’ “ éclairer” le livre de Jérémie ; dans la suite des livres prophétiques ne manquerait plus alors que le livre d’Ezéchiel. D’avril

1560 à septembre 1562, Calvin va donc prononcer 193 leçons sur les textes

de Jérémie. Ces leçons latines furent publiées en juillet 1563, à Genève, par l’imprimeur Jean Crespin ; elles étaient précédées d’une dédicace à l’Électeur Palatin ; le livre fut aussitôt présenté à la foire de Francfort en septembre 1563. Dans l’introduction, Nicole Gueunier et Max Engammare précisent que de l’édition de 1563 ont été retranchés les commentaires des Lamentations, les index et la table des passages bibliques. La présente édition permet de distinguer clairement les citations de Jérémie qui sont transcrites en italiques. La pagination de 1563 est signalée. Les références fournies par Calvin sont maintenues dans leur situation originelle de notes. Quant à la prose de Calvin, la savante introduction rappelle sa forme orale et relève les mots qui ici et là trahissent effectivement le discours direct. Calvin, en parlant devant ses élèves, gardait en tête toutes les traductions antérieures ; passant aisément de l’hébreu au latin, il se référait longuement aux interprétations données par ses prédécesseurs par exemple

Heinrich Bullinger ou Sebastian Münster. Il critiquait les diverses versions

passées en termes souvent acerbes. Il recourait pour son travail d’analyse aux méthodes de la linguistique et de la rhétorique, montrant en détail les

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