SÉANCE DU 29 JUIN 2012 1243 LIVRES OFFERTS
M. Philippe CONTAMINE a la parole pour deux hommages : « J’ai l’honneur de déposer sur le bureau de l’Académie de la part de son auteur, Philippe Cailleux, le livre intitulé Trois paroisses de Rouen,
XIIIe-XVe siècle, Saint-Lô, Notre-Dame-la-Ronde et Saint-Herbland. Étude de topographie et d’urbanisme, Mont-Saint-Aignan, Publications des universités de Rouen et du Havre, 2011, 568 p. et 8 planches hors-texte en couleur (Bibliothèque du pôle universitaire normand). Cet ouvrage est issu, non sans de profonds remaniements, d’une thèse de doctorat en histoire que j’ai dirigée et qui a été soutenue en Sorbonne le 24 octobre 1998. L’auteur, qui a reçu en son temps une formation d’architecte, enseigne actuellement au collège Notre-Dame-Saint-Louis de Louviers. Des études de ce genre, autorisées en l’occurrence par une documentation écrite abondante et systématiquement dépouillée (tels les registres de tabellionage), par la survie de quelques monuments et, malgré les destructions, de quelques maisons à colombage et aussi par l’existence d’une iconographie non négligeable, sont suffisamment rares en France pour que soit d’emblée souligné leur mérite. Elles exigent beaucoup de méthode, la constitution méticuleuse et parfois monotone de plusieurs fichiers, qu’il faut ensuite croiser, au risque pour le chercheur de déboucher sur des résultats incertains ou attendus. Dans sa dernière enceinte, celle de la seconde moitié du XIVe siècle, la prestigieuse capitale de la Normandie comprenait une vingtaine de paroisses. Le chiffre de 40 000 habitants est parfois avancé pour les années 1300. Philippe Cailleux a retenu trois de ces paroisses, mentionnées depuis le XIe ou le XIIe siècle. Ce sont des paroisses centrales, situées à proximité immédiate de la cathédrale. Elles représentent quelque 5 % de la superficie urbaine emmuraillée. Elles étaient déjà bien urbanisées lorsqu’à partir des années 1200 il devient possible de les étudier. Le cadre paroissial, auquel les documents font régulièrement référence, est le plus adéquat. Outre des églises, des chapelles, des oratoires et un couvent de carmes, ces paroisses renfermaient à la fin du XVe siècle l’ancien hôtel de ville et son beffroi, ce qu’on peut appeler l’hôtel des impôts, la fontaine Massacre ainsi que le Neuf Marché. Ce que l’on saisit le mieux, ce sont les tènements, au nombre total de 270, d’inégale dimension. Normalement, chaque tènement comportait une maison, mais beaucoup d’entre eux en avaient plusieurs. Donnant sur la rue, le corps de logis principal de ces maisons était étroit, il pouvait avoir un rez-de-chaussée et trois étages, il servait d’atelier et éventuellement de lieu de vente. Beaucoup de ces maisons ou de ces tènements étaient désignés par des enseignes dont la typologie est en soi éclairante. Sans qu’on puisse fournir de pourcentage, ces maisons, à pignon ou en appentis, en

















