371 COMMUNICATION
PRÉCISIONS ÉPIGRAPHIQUES
TOUCHANT LES SACRIFICES PUNIQUES D'ENFANTS, PAR RENÉ DUSSAUD, MEMBRE. DE L'INSTITUT.
Depuis quinze ans que. notre regretté confrère Stéphane Gsell a apporté ici-même les inscripjtions latines découvertes à Ngaous (Algérie) par M. et Mme Alquier, et nous a ainsi révélé le terme punique molchomor {, les hypothèses, au sujet des sacrifices puniques d'enfants, se sont multipliées et ont pris corps. Grâce à de nouveaux documents, je me propose d'indiquer comment les textes épigraphiques peuvent être classés et être mis en concordance avec les découvertes archéologiques.
On se rappelle que les stèles de Ngaous, dédiées au dieu qualifié de Dominus sanctus Saturnus, autrement dit Ba'al ou Ba'al Hammon 2, spécifient qu'un agneau a été offert en substitution : agnum pro vikario. On y insiste par la formule anima pro anima, sanguine pro sanguine, vita pro vila.
Dans une note complémentaire fort utile, M. l'abbé J.-B. Chabot 3 a expliqué que le terme molchomor, qu'il retrouvait dans deux textes puniques sous la forme MLKAMR 4, pouvait s'interpréter « promesse d'un agneau », mais, comme nous le verrons, le second terme est seul certain, le premier a une tout autre valeur.
On sait que, dans le sacrifice, l'offrant s'identifie à la victime et, par ce truchement, s'offre à la divinité, se purifie de ses fautes et obtient tous les bénéfices d'une consécration. M. Jérôme Carcopino a eu le grand mérite de reconnaître que, dans le sacrifice dit molchomor, l'agneau
1. Comptes rendus Acad. des Inscr., 1931, p. 21-27.
2. J. Toutain, De Saturni dei in Africa romana cultu, 1894.
3. C. r. Acad., 1931, p. 26-27.
4. CIS, I, 307 et Chabot, Punica, Journ. asiat., 1917, II, p. 49.




















