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Sacre de Charles X

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Sacre de Charles X de France
Description de cette image, également commentée ci-après
Lithographie de Langlumé représentant le moment du couronnement du roi par l'archevêque de Reims, la couronne soutenue par les pairs de France.
Date 29 mai 1825
Lieu Cathédrale Notre-Dame de Reims

Le sacre de Charles X a lieu le à Reims, au cours d'une cérémonie où le roi est sacré puis couronné roi de France et de Navarre. Elle a lieu à la cathédrale Notre-Dame de Reims, lieu traditionnel des couronnements des rois de France. Il s'agit du premier sacre depuis celui de Louis XVI en 1775, et c'est aussi le dernier couronnement d'un monarque français, Louis-Philippe Ier et Napoléon III n'ayant été que proclamés monarques.

Dans la tradition de la monarchie française, le nouveau monarque est sacré, ce qui lui confère le statut d'Oint du Seigneur. C'est pourquoi on parle plutôt de sacre que de couronnement pour désigner la cérémonie, le couronnement à proprement parler passant plus au second plan.

Contexte de la Restauration

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Après la prise de la Bastille, Charles, comte d'Artois, quitte la France avec sa famille et vit de nombreuses années en exil. Il tente plusieurs actions contre la France révolutionnaire, notamment lors du débarquement à Quiberon de 1795, qui échoue. Durant les dernières années des guerres napoléoniennes, il s'installe en Grande-Bretagne, avant de revenir en France lors de la restauration des Bourbons en 1814. Son frère aîné devient Louis XVIII et, le roi étant sans enfant, Charles est désigné comme son héritier présomptif. De 1814 à 1824, il s'impose comme le chef des ultra-royalistes, un groupe politique conservateur rejetant les réformes de la Révolution française. Louis XVIII n'est jamais couronné ; les projets de sacre sont sans cesse repoussés pour diverses raisons, d'abord le retour de Napoléon en , puis l'occupation du pays par les forces alliées, qui dure jusqu'à la conclusion d'un accord au congrès d'Aix-la-Chapelle et les lourdes indemnités de guerres qui en découlent.

Le sacre abandonné de Louis XVIII

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Portrait de Louis XVIII, roi de France, en costume de sacre, par Robert Lefèvre. Bien qu'il n'ait jamais été sacré, le roi est à plusieurs reprises représenté en costume de sacre.
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Projet de décoration de la cathédrale de Reims en vue du sacre de Louis XVIII, par Percier et Fontaine. Détail du trône sur le jubé.

Lors de son discours du Trône en , Louis XVIII annonce que son sacre aura lieu au cours de l'année à venir. Sous l'égide du ministre de la Maison du roi, le duc de Blacas, une commission se réunit à cet effet à partir du mois de  ; il est entre autres décidé que le sacre n'aura pas lieu à la cathédrale de Reims, mais plutôt à la basilique Saint-Denis, afin de limiter les déplacements du roi à la santé chancelante. Mais à partir du mois d'avril, la santé du roi se dégrade à nouveau, les projets de sacre sont finalement reportés sine die, et la commission cesse ces travaux. Louis XVIII règne donc dix ans sans cérémonie religieuse officielle[1].

Tandis que la santé du roi décline, il devient clair que Charles sera le premier à lui succéder. Si son fils aîné, Louis Antoine, duc d'Angoulême, n'a pas d'enfants, son fils cadet, Charles Ferdinand, duc de Berry, assassiné en , laisse derrière lui une épouse enceinte qui donne naissance à un fils, Henri, en . Henri est donc l'héritier du trône après le duc d'Angoulême, sans descendance, assurant ainsi la succession pour au moins deux générations. Le baptême de ce dernier, le à la cathédrale de Paris, est une grande cérémonie exacerbant le triomphe de la monarchie restaurée, réaffermie par la naissance de « l'Enfant du Miracle »[2], et se présente comme une répétition du sacre de Charles X.

Louis XVIII meurt en au palais des Tuileries et le comte d'Artois lui succède sous le nom de Charles X[3].

Avènement de Charles X

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Charles X, roi de France et de Navarre (1757-1836)

Retiré au château de Saint-Cloud après la mort de son frère, Charles X reconduit le cabinet de Joseph de Villèle, un ultraroyaliste président du Conseil des ministres depuis 1822. Il rend à son cousin Louis-Philippe, duc d'Orléans, ancien libéral et surtout fils du régicide Philippe Égalité, son rang dans la hiérarchie de la famille royale, alors qu'il était tenu à l'écart par Louis XVIII qui s'en méfiait. Le , il reçoit les grands corps de l'État, auxquels il déclare vouloir « continuer l’œuvre de son prédécesseur » et, ainsi, continuer à « renouer la chaîne des temps »[N 1] puis il fait sa Joyeuse Entrée dans la capitale le . Le , à l'instigation du nouveau roi, la censure est abrogée, ce qui contente grandement les libéraux.

Dans son discours du Trône le , Charles exprime clairement son intention d'être sacré, conformément à ce qu'implique l'article 74 de la Charte constitutionnelle de 1814. Également dans ce discours du trône, le roi évoque la nécessité d'une œuvre de « réparation » à l'égard de la religion que d'un « grand acte de justice et de politique [permis par] l'état des finances »[4], des déclarations annonciatrices de la loi sur le sacrilège et de la loi du milliard des émigrés, qui, elles, contentent les ultras.

Alors que le couronnement de Napoléon en 1804 avait eu lieu à Notre-Dame de Paris, et que plusieurs projets de sacre de Louis XVIII avaient envisagé la basilique Saint-Denis ou également Notre-Dame de Paris, le nouveau roi choisit, dans la tradition de l'Ancien Régime, le site historique de la cathédrale de Reims, lieu du sacre de l'essentiel des rois de France, associé à l'événement dans l'essentiel des mentalités de l'opinion public, comme lorsque Chateaubriand incite le nouveau monarque à se faire couronner comme ses pères dans la brochure Le roi est mort ! Vive le roi !

Le sacre des rois de France

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La tradition du sacre des rois de France à Reims remonte au IXe siècle, de l'époque où Clovis Ier, premier monarque français converti au christianisme (en grande partie grâce à son épouse, sainte Clotilde), y est baptisé.

Il ne s'agissait cependant pas d'un sacre, même si les deux événements sont assimilables : le sacre du roi s'apparente à un sacrement[N 2], de même que le baptême. En effet, particularité française, reprise ensuite dans d'autres monarchies comme celle de l'Angleterre : le roi est oint d'une huile sacrée, que la tradition fait remonter[N 3] au baptême de Clovis, lors duquel elle aurait été apportée par une colombe. Elle est contenue dans une fiole qui donne à l'ensemble le nom de Sainte Ampoule. Cette onction est l'élément central de la cérémonie, plus que le couronnement en tant que tel, ce qui fait que l'on parle usuellement de sacre et non pas de couronnement pour les rois de France.

Le premier roi à être réellement sacré au début de son règne est le premier carolingien, Pépin le Bref, à Soissons en 751, puis à Saint-Denis avec ses fils Carloman et Charlemagne en 754. Le rituel évolue ensuite à l'époque des dynasties carolingienne et capétienne, jusqu'au XIIe siècle. Les princes héritiers ou les reines sont parfois sacrés avec les rois, voire plusieurs fois ou séparément, le saint chrême fait son apparition lors du sacre de Charles le Chauve à Orléans en 848, mais la cérémonie n'avait pas de lieu défini. Les sacres avaient lieu à Compiègne, Laon, Soissons ou encore Orléans, mais aussi à Reims.

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La basilique Saint-Remi à l'époque du sacre. Les travaux n'étant pas terminés au moment du sacre, l'échafaudage permettant la restauration de la façade est toujours en place.

Après Louis VII, sixième roi Capétien et troisième de la dynastie à être sacré à Reims[N 4], les sacres ont toujours eu lieu à Reims. Les sacres de Louis VIII et de Louis IX, futur Saint Louis, sont les premiers à avoir lieu dans la cathédrale actuelle (en 1223 et en 1226, et elle est alors encore en construction). Trois autres sacres ont lieu ailleurs : celui d'Henri VI, roi d'Angleterre régnant alors sur une partie de la France, à Notre-Dame de Paris en 1431, celui d'Henri IV, en pleine occupation de Reims par la Ligue catholique, à Notre-Dame de Chartres en 1594, et enfin le sacre impérial de Napoléon Ier, également à Notre-Dame de Paris, en 1804, qui ne s'inscrit cependant pas dans la lignée des sacres capétiens.

En 1825, de par le non-sacre de Louis XVIII, le dernier sacre royal en date remonte à 1775 : il s'agit de celui de Louis XVI, auquel le futur Charles X, alors comte d'Artois, a assisté et où il s'est fait remarquer par sa conduite dissipée[5].

Préparatifs

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L'organisation de l'événement incombe au ministère de la Maison du Roi, dont le ministre est depuis Ambroise-Polycarpe de la Rochefoucauld, duc de Doudeauville, successeur de Blacas. Plusieurs services se chargent du déplacement des services royaux des Tuileries à Reims, comme le grand Aumônier de France, le cardinal de Cröy. Dans les faits, c'est le grand-maître des cérémonies, Henri-Évrard de Dreux-Brézé, ancien émigré célèbre pour son échange avec Mirabeau lors des Etats généraux de 1789, qui se charge de l'organisation de la plupart des cérémonies. Il joue le rôle d'un véritable chef d'orchestre entre les différents services, comme il l'avait déjà fait quelques mois plus tôt lors des funérailles de Louis XVIII. Son travail est cependant considéré comme très réussi par les mémorialistes de l'époque[6].

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Ambroise-Polycarpe de la Rochefoucauld, duc de Doudeauville

Le ministère de la maison du Roi souhaite surpasser en éclat et en somptuosité le sacre de George IV du Royaume-Uni, qui a eu lieu en 1821[7]. Mais les sacres anglais se déroulent dans la capitale, alors qu'en France, ils ont lieu à Reims, qui n'en a pas connu depuis cinquante ans. L'ancienne ville des sacres est resté une ville de taille moyenne, ce qui pose en outre des problèmes de logistiques pour loger tous les invités[8].

Un travail important doit donc être accompli dans le cadre de la restauration de la ville, et notamment les principaux lieux du sacre. Sosthènes de la Rochefoucauld, fils du ministre et directeur des Beaux-Arts, fait allouer une somme importante à la restauration de la basilique Saint-Remi, très éprouvée par la période révolutionnaire et dont la façade menace de s'écrouler. Il se charge également de restaurer et de faire décorer la cathédrale de Reims, en faisant construire un grand décor de style troubadour autour de la cathédrale afin de la relier au palais épiscopal (aussi appelé palais du Tau) voisin et à l'intérieur de la cathédrale afin de servir de décor et de permettre aux invités d'y assister, un décor dessiné par les architectes Jean-François Lecointe et Jacques Hittorf. La cathédrale se retrouve habillée d'un décor néo-gothique exaltant la monarchie française et ses rois depuis Clovis : des loges sont créées dans les collatéraux de l'église, des tentures et des trophées d'armes sont accrochés aux murs, de statues sont placées dans le triforium tandis que la voûte de Notre-Dame est peinte en bleu avec des étoiles d'or. Au niveau de la neuvième travée depuis la croisée du transept et de la nef, on élève un jubé provisoire, sur lequel est dressée une estrade depuis laquelle sera installé le roi pendant la grand Messe, laquelle délimite, avec les tribunes établies dans le chœur et les bras du transept, une sorte de sanctuaire[N 5] dans lequel se déroulera l'ensemble de la cérémonie.

Tout cela coûte une somme importante : le budget, fixé à l'origine à 6 millions de francs, a voulu prévoir large par rapport aux 5,6 millions de francs qu'à coûté le sacre de Louis XVI, un chiffre en fait erroné, le sacre de 1775 ayant coûté près de 10 ou 12 millions[9]. Mais le budget sera largement dépassé : la somme s'élèvera à 7,1 puis 7,1 millions de francs, finalement réévalués à 8,15 millions de francs, voire 10 millions pour certaines sources[10], en prenant en compte les commandes officielles (comme les peintures) ou les cadeaux du roi à l'archevêché ou à la ville de Reims.

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Le cortège royal, ici sur la route du retour à Paris, mené par le grand carrosse royal

Il y eut cependant plusieurs remplois, liés aux préparatifs du sacre abandonné de Louis XVIII, comme le carrosse d'or. Conçu en 1814 par Charles Percier, terminé en 1825 par le carrossier Daldringen, le grand carrosse du sacre est livré dans les mois qui précèdent le sacre[11]. D'un luxe rarement vu auparavant, il frappa les contemporains qui le trouvèrent époustouflant, voire trop doré. Il sera légèrement modifié puis réutilisé en 1856, pour le baptême du prince impérial, fils de Napoléon III et d'Eugénie de Montijo. Il est aujourd'hui exposé dans la galerie des Carrosses du château de Versailles.

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Couronne personnelle de Charles X. Sa monture fut détruite lors de la vente des joyaux de la Couronne en 1887.

On réutilise également certains éléments iconiques comme le manteau royal fleurdelysé de Louis XVIII ou le sceptre de Charles V ainsi que l'épée de Charlemagne, qui ont survécu à la Révolution. La couronne personnelle du roi, en diamants et saphirs dont le bleu rappelait la couleur des armoiries royales, avait été créée pour Louis XVIII en utilisant des diamants de la Couronne. Retouchée pour Charles X, elle était « d'une grande élégance », et aux yeux de gemmologues, la « plus belle et la plus riche couronne du monde » de l'époque[12]. Néanmoins, dans la traditions du sacre des rois de France qui coiffaient plusieurs couronnes lors de la cérémonie, il est nécessaire que le roi porte lors de l'essentiel de la cérémonie religieuse une autre couronne. On décide de remployer la couronne d'or faisant partie des « Honneurs de Charlemagne », créés pour le sacre de Napoléon Ier en 1804. On remploie également la main de justice créée pour le même sacre, bien qu'elle représente une main gauche et non une main droite.

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Le nouveau reliquaire de la Sainte Ampoule

Sont également créés (ou réutilisés du sacre de Louis XVIII) par les orfèvres et les joailliers de nombreux éléments pour l'occasion : une couronne pour le dauphin et deux autres, pour le duc d'Orléans et pour le prince de Condé, un glaive pour le roi, un glaive pour le dauphin Louis-Antoine, duc d'Angoulême, une épée militaire également pour le roi, plusieurs parures pour les princesses et d'autres éléments comme les décorations des ordres de Saint-Michel et du Saint-Esprit. Un grand nombre de costumes et de décorations furent confectionnés[13].

La Sainte Ampoule, utilisée pour sacrer les rois depuis plus de six siècles, avait été détruite par les révolutionnaires en 1793, mais son contenu avait survécu grâce à la dévotion de plusieurs groupes de fidèles. Une nouvelle ampoule est alors conçue par Louis Lafitte pour la cérémonie. On charge Jean-François Lesueur d'organiser et de composer la musique du sacre, et une messe spéciale est commandée par le roi au compositeur italien Luigi Cherubini.

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Arrivée du cortège royal à Tinqueux

Les préparatifs du sacre avaient pour dessein de mettre en place une cérémonie grandiose, placée sous le signe de la communion et de la réconciliation nationales. Mais cela prit plus de temps que prévu : le sacre, d'abord fixé au , est repoussé au .

Voyage du sacre

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Les festivités se décomposèrent en quatre étapes : le voyage du roi de Paris à Reims, les cérémonies dans la ville, son retour à Paris et son entrée dans la capitale, accompagnée de diverses festivités.

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Vue de la cathédrale de Reims la veille du couronnement, lors de l'arrivée de la famille royale

Le , le roi quitta Paris pour Compiègne, où il séjourna trois jours. Il rejoignit ensuite Reims en passant par Soissons. Outre les nombreux invités officiels, l'événement rameuta à Reims et sur le trajet une foule très importante.

Le , le cortège royal entra dans Reims, mais un événement survint : dans la matinée, entre Fismes et Tinqueux, d'où le cortège devait partir pour entrer solennellement, un accident eut lieu : sous la pluie, effrayés par les coups de canons tirés pour célébrer l'entrée royale, les chevaux de la voiture du roi et de celle la précédant paniquent. Le postillon du roi détache les chevaux afin d'éviter l'accident, mais l'autre voiture se renverse, blessant ses occupants. Le comte Curial et le duc de Damas, transportés à Fismes recevront la visite du roi qui dépêche son premier chirurgien, et les saluera également à son retour vers Paris. Les autres blessés, le duc d'Aumont et le comte de Cossé-Brissac, reprendront leur place lors du cortège et assisteront à la cérémonie[14]. Les Bourbons entrent à Reims et assistent dans la soirée aux vêpres dans la cathédrale.

Cérémonie

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Le couronnement de Charles X (François Gérard, 1827). Commandée par la maison du Roi en vue de rivaliser avec le sacre de Napoléon par David, elle mesure près de 10m sur 5m. Elle représente le moment où le roi donne l'accolade au dauphin, tandis que le cardinal de Latil s'exclame « Vivat Rex in Aeternum »

Le lendemain, , la cathédrale est ouverte aux invités dès 5 heures du matin. La cérémonie fut célébrée par Jean-Baptiste de Latil, archevêque de Reims, et ancien camarade de l'émigration du comte d'Artois, assisté des cardinaux de la Fare et de Clermont-Tonnerre. Commencée à 8h et achevée à 11h30[15], elle dura trois heures et demie, et l'essentiel du rituel traditionnel y fut respecté, en prenant comme modèle d'organisation le sacre de Louis XVI.

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Détail du sacre de Charles X : le dauphin Louis-Antoine reçoit l'accolade de son père le roi.

Une procession alla chercher le roi en ses appartements du palais du Tau, la mena à la cathédrale où le roi s'installa dans le sanctuaire. Il emprunta le « chemin du Roi », construit depuis la salle des Gardes du palais du Tau pour rejoindre la cathédrale, et passer ainsi devant la foule massée devant la cathédrale. Il était alors vêtu d'une robe d'argent et d'une toque noire à plumes, un costume un peu chiche que certains trouvèrent ridicules[16].

Après une oraison et la présentation de l'eau bénite, Charles X prêta serment sur les Evangiles et un morceau de la Vraie Croix, de gouverner « conformément aux lois du royaume et à la charte constitutionnelle, [qu'il jura] d'observer fidèlement » et de protéger et maintenir les ordres royaux de Saint-Louis et de la Légion d'Honneur, bien que ce dernier ait été d'origine consulaire.

Après quoi il quitta sa robe d'argent et reçut les insignes de serment de chevalerie : bottines, éperons remis puis retirés par le grand chambellan, le prince de Talleyrand, et l'épée qui fut ensuite portée par le maréchal Moncey. Puis, en chemise de catéchumène, il vint s'agenouiller devant l'autel et fut oint à sept endroits avec le baume de la Sainte Ampoule, par l'archevêque de Reims prononçant à chaque fois la formule Ungo te in regem de oleo sanctificato (Je t'oins roi avec cette huile Sainte), tandis que le choeur chantait Unxerunt Salomonem (Ils oignirent Salomon)[17].

Charles X revêtît ensuite les éléments du costume royal, la tunique puis la dalmatique, et enfin le manteau, avant d'être à nouveau oint sur les paumes des mains. Il est ensuite ganté et reçoit l'anneau du sacre, qui symbolise son union avec le peuple. Il est ensuite couronné avec la couronne de « Charlemagne » par Jean-Baptiste de Latil, soutenue par le dauphin, le duc d'Orléans et le duc de Bourbon[N 6]. Il se rendit ensuite sur un trône surélevé sur le jubé construit pour l'occasion, d'où il reçut l'hommage des pairs du royaume. Le cardinal de Latil prononce alors à trois reprises le « Vivat Rex in Aeternum », avant que la cathédrale ne soit ouverte au public et que n'aie lieu l'acclamation au cours de laquelle des colombes furent lâchées. Certains des oiseaux cependant, effrayés par la soudaine clameur de l'assistance, allèrent se brûler aux bougies des lustres, ce qui, comme l'accident de carrosse de la veille, parut comme un mauvais présage. La cathédrale refermée, le roi assista à un Te Deum et la grand-messe puis, privilège du jour, il communia sous les deux espèces et fit des offrandes à la cathédrale. Charles X changea ensuite de couronne, coiffant sa couronne personnelle de diamants, et quitta en procession la cathédrale et participa en fin de matinée à un banquet au palais du Tau. Le soir venu, il participa à une réception à l'hôtel de Ville.

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Un pair de France dans sa tenue du sacre

Il y eut plusieurs nouveautés lors de ce sacre post-révolutionnaire, quatre maréchaux napoléoniens de France remettant au roi les symboles de l'autorité royale. De plus, dans son serment, Charles X jura de respecter la Charte de 1814, qui avait instauré une monarchie constitutionnelle et non plus absolue, ce qui fut grandement apprécié des libéraux. Néanmoins, l'atmosphère générale était empreinte de révérence, sinon de nostalgie, pour l'époque prérévolutionnaire, et la noblesse et le clergé furent mis à l'honneur ; l'opinion apprécia peu, que, lors des oraisons où Charles X se tenait tout allongé devant l'autel alors que l'archevêque de Reims s'était relevé et sermonnait, le pouvoir royal paraisse soumis à un « cléricalisme ». De plus, certains anciens libéraux d'avant 1789, comme le cardinal de la Fare, qui eut un rôle principal lors de la cérémonie, se fit remarquer par son sermon aux accents réactionnaires[18].

Les aspects les plus archaïques furent cependant délaissés : le roi n'était pas directement réveillé par la procession religieuse venue le chercher au palais du Tau, la Sainte Ampoule ne fut pas amenée en procession depuis la basilique Saint Remi qui gardait pendant la cérémonie quatre « otages » parmi les gentilhommes du Roi. De plus, parmi les invités, une large part des tribunes fut réservée aux députés, pairs de France, préfets et autres dignitaires, représentants des nouvelles structures politiques héritées de la Révolution et d'un partage du pouvoir plus important. Parmi les ambassadeurs, il y eut des invités issus de confessions différentes, comme des rabbins ou des pasteurs, et même un musulman, Sidi Mahmoud, envoyé du bey de Tunis.

La cérémonie attira des visiteurs de toute l'Europe. Parmi les personnalités françaises présentes figuraient les écrivains royalistes François-René de Chateaubriand, Victor Hugo et Charles Nodier, les deux derniers étant alors des talents en vue dont le pouvoir souhaitait faire des chantres du régime de la Restauration. Quant à Chateaubriand, bien que légitimiste convaincu, il était en délicatesse avec les Bourbons depuis qu'une rivalité personnelle avec le président du Conseil, Joseph de Villèle, avait amené Louis XVIII à le congédier début 1824.

Autres célébrations

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Réception des chevaliers du Saint-Esprit dans la cathédrale de Reims, le 30 mai 1825, par Nicolas Gosse

Les cérémonies rémoises durèrent plusieurs jours : le lendemain, au matin, le dauphin Louis-Antoine présida une cérémonie de remise des insignes de l'ordre de Saint-Michel aux chevaliers dans le palais du Tau.

Vers 13h, rejoint par le dauphin et les nouveaux chevaliers de l'ordre de Saint-Michel, Charles X présida la cérémonie de remise des insignes de l'ordre du Saint-Esprit dans la cathédrale. De nombreux costumes avaient été confectionnés pour l'occasion pour toute la cour. Ce fut cependant un long ballet de chevalerie codifié, qui ennuya quelque peu l'assistance, lors des deux heures et demie que dura la cérémonie. D'autant que les commandements des chevaliers, à connotation religieuse, parurent très anachroniques, ou peu crédibles, dans le cadre de personnages comme Talleyrand, peu connu pour son assiduité religieuse[19].

Le roi souhaita saisir l'opportunité de se réconcilier avec Chateaubriand, qui faisait partie des chevaliers nouvellement reçus dans l'ordre. Mais à cause d'une mauvaise logistique impliquant l'archevêque de Paris, Hyacinthe-Louis de Quélen, l'écrivain n'en sut rien ce jour-là et la réconciliation ne se fit pas[20].

Le 31 mai, le roi mena à cheval la traditionnelle cavalcade du sacre, qui partit du palais épiscopal, puis il visita l'hôpital Saint-Marcoul, où il pratiqua le toucher des écrouelles.

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Visite du bazar de Reims par Charles X le 31 mai 1825

Cette tradition, qui conférait aux rois de France un don thaumaturgique, était regardé avec scepticisme par les organisateurs de la cérémonie, y compris les ultras[21]. Mais le mythe royal étant toujours très vif, la rumeur attira à l'hôpital de nombreux malades souhaitant se faire toucher lors de la visite royale, que les religieuses ne purent tous renvoyer. La maison du Roi décida alors de maintenir le toucher lors de la visite, et Charles X toucha 121 malades, parmi ceux qui n'avaient pas été renvoyés. Les religieuses aussi reçurent la bénédiction sur leur demande. On constata huit guérisons d'enfants[22].

Le roi participa ensuite à un hommage rendu à la basilique Saint-Remi en l'honneur de l'évêque Remi qui sacra Clovis, dont les reliques y étaient vénérées.

Une heure plus tard, le cortège royal participait à une revue au camp militaire de Saint-Léonard. Cette visite fut une nouveauté par rapport aux anciens sacres, car la monarchie souhaiter se fidéliser l'armée, réputée être toujours fidèle au souvenir de la gloire du Premier Empire. Le roi rencontra d'anciens grognards, et décora plusieurs soldats de l'ordre militaire de Saint-Louis et de l'ordre royal de la Légion d'Honneur[23].

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Entrée de Charles X à Paris après son couronnement (Louis-François Lejeune, 1825)

Vers 15h, la famille royale visita le bazar de Reims, où de nombreux stands présentant les nouveaux produits régionaux. Il s'agissait là aussi d'une grande nouveauté de cette version de la cérémonie, présentant le roi comme plus proche de ses sujets et pas seulement comme un être de pouvoir. Charles X s'enthousiasma pour les progrès de l'industrie et les produits présentés par la nouvelle bourgeoisie émergente, qui lui fit très bon accueil et la famille royal fit plusieurs emplettes[24]. À 5h, la famille royale rentra au palais du Tau et parada une dernière fois dans Reims dans la soirée.

Retour à Paris

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La famille royale quitta Reims pour se rendre à Fismes puis Soissons, et retourna à Compiègne le 1 juin, où elle se reposa quelques jours avant d'entrer à Paris le 6 juin.

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Médaille commémorative du sacre de Charles X

Elle entra dans la ville par la porte de la Villette, une scène immortalisée plus tard dans un tableau de Louis-François Lejeune. Plusieurs témoignages évoquent une atmosphère un peu tendue, et une foule plus tiède qu'extatique, quoique les témoignages directs[N 7] décrivent au contraire une foule euphorique, très similaire à ce qui est représenté sur la peinture de Lejeune.

Dans la soirée du , une réception puis un bal à l'hôtel de Ville fut donnée en l'honneur du sacre. Puis de nombreuses festivités s'étalèrent dans la capitale jusqu'au , avec des bals ouverts par la duchesse de Berry ou la dauphine, des représentations de pièces de théâtre créées pour l'occasion, ainsi que des réceptions organisées au palais des Tuileries[25].

Le parti libéral, moyennement satisfait de la cérémonie, oublia vite l'événement pour se concentrer plus sur le voyage de La Fayette aux États-Unis, alors un autre grand sujet d'actualités, et qui évoquait des horizons politiques plus appréciés[26]. Le marquis de La Fayette, opposant notoire à Charles X, parti depuis et qui ne devait revenir qu'au mois de , ne s'était pas trouvé en France depuis l'avènement du nouveau roi.

Les festivités liées

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Portrait de Charles X par Sir Thomas Lawrence. Il fut commandé par le roi George IV en 1825.

De nombreuses célébrations eurent lieu pendant le mois de juin dans toute la France. Des subsides furent versés par la maison du Roi aux communes de grande et moyenne importance pour l'organisation de ses fêtes, et la population y participa avec un grand enthousiasme, comme dans le Pas-de-Calais où le préfet local le notifie. Les plus petites communes organisèrent parfois spontanément des célébrations populaires, comme en Haute-Loire ou dans le Cher[27].
Il y eut également des initiatives liées au sacre dans d'autres pays : au Royaume-Uni, Sir James Joseph Hope Vere (1785-1843), qui assista au sacre et en garda un souvenir fort, fit commander neuf toiles représentant différents moments de la cérémonie, des toiles qui furent promptement présentées le 18 mai 1826, soit moins d'un an après le sacre, dans une salle de Maddox Street, à Mayfair. À Covent Garden, toujours à Londres, le spectacle du Couronnement du roi Charles X fut écrit par Charles Kemble, d'après les recherches de James Planché, et connut un vif succès auprès du public. La même année, dans le cadre d'une double commande du roi George IV, l'artiste anglais Sir Thomas Lawrence réalisa les portraits de Charles X et de son fils aîné, le duc d'Angoulême, ce qui lui valut la Légion d'honneur. Le compositeur italien Gioachino Rossini composa un opéra, Le Voyage à Reims , mettant en scène plusieurs personnages en route pour le couronnement. La première eut lieu à Paris le 19 juin 1825.

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Portrait du couronnement de Charles X (François Gérard, 1825)

Le roi démarcha personnellement le baron François Gérard (1770-1847), peintre officiel, pour qu'il représente son sacre ; la maison du Roi avait à cœur d'effacer le souvenir du sacre de Napoléon par Jacques-Louis David, et souhaitait que Gérard représente le sacre dans une œuvre monumentale. La toile terminée, Le Couronnement de Charles X de France, de 514 × 972 cm[N 8], fut présentée au salon de 1828 et le roi félicita personnellement le peintre. Accrochée au salon Carré du Louvre, elle fut endommagée lors de la révolution de 1830, et ensuite envoyée au musée du château de Versailles sous la monarchie de Juillet, où elle resta exposée jusque dans les années 1970[28]. Le baron Gérard fut également chargé de créer le portrait officiel du roi, le portrait du couronnement de Charles X, qui fut abondamment reproduit par son atelier et envoyé à la plupart des administrations officielles.

Autour du sacre

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Malgré la splendeur du couronnement, les troubles politiques persistèrent tout au long du règne du roi. Les « jours fériés de la monarchie », selon le mot d'Alphonse de Lamartine qui assista également au sacre, furent vite oubliés et laissèrent place à la bataille politique entre ultras et modérés au sujet des lois du milliard aux émigrés et sur le Sacrilège, dont les projets avaient été déposés par Villèle devant les chambres en .

Plus tard sous le règne de Charles X, le sacre passa auprès des libéraux pour un événement réactionnaire qui voyait le triomphe du cléricalisme. Le chansonnier et pamphlétaire Pierre-Jean de Béranger fut condamné en 1828 pour son poème Le Sacre de Charles le Simple, qui évoquait l'ancien roi des Francs Charles III mais visait explicitement le pouvoir en place, critiquant le roi « grand avaleur d'impôts » et « chamarré de vieux oripeaux », entouré de ses fidèles, repentis d'avoir suivi « un usurpateur généreux » (une allusion à peine voilée au ralliement des anciennes élites impériales) et « mis en haleine » par le milliard des émigrés.

En 1830, Charles X fut renversé lors de la Révolution de Juillet et s'exila en Grande-Bretagne. De 1830 jusqu'à sa mort en Autriche en 1836, il resta le prétendant légitimiste au trône de France. Louis-Philippe, duc d'Orléans, usurpa la couronne peu après - selon les légitimistes - et rejeta l'idée d'un couronnement afin de paraître plus libéral, bien que les « Honneurs de Charlemagne » aient été utilisés lors de sa proclamation, qui eut valeur d'intronisation[29]. Cependant, il fut lui-même renversé lors de la Révolution française de 1848.

Napoléon III, qui instaura le Second Empire en 1852, ne fit jamais organiser de cérémonie de couronnement, bien qu'une couronne ait été conçue pour lui en 1855.

Postérité

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BERJAYA
Le dais de procession du sacre, disparu en 1914, ici en 1876 au palais du Tau. On remarque que le décor de la salle, également disparu en 1914, est encore celui créé pour le sacre de Charles X.

De nombreux éléments du sacre de Charles X subsistent. En 1914, le bombardement de Reims par les armées allemandes déclenche un incendie dans le palais du Tau, qui conservait de nombreux décors, textiles et œuvres d'art liées au sacre, qui disparaissent en fumée. D'autres objets subsistent, comme les chandeliers frappés du monogramme royal du maître-autel, encore en usage dans la cathédrale aujourd'hui. Certains objets ont disparu : la couronne en vermeil du dauphin, conservée à Reims, fut volée en 1956.

En 1972, le palais du Tau ouvre un musée consacré aux sacre des rois de France. Parmi les collections, on trouve plusieurs objets issus du sacre de Charles X, notamment l'orfèvrerie et les cadeaux du roi à la cathédrale, sont exposés, dans la salle du Trésor. Le grand manteau royal, ainsi que le manteau du dauphin, sont exposés.

D'avril à , le Mobilier national organise à la galerie des Gobelins une exposition consacrée au sacre du dernier roi, à l'occasion du bicentenaire de l'événement. De très nombres artefacts, restés intacts depuis 1825, sont alors ressortis et exposés, comme l'apprécie Stéphane Bern, un des commissaires de l'exposition, mettant l'accent sur la mobilisation des Arts décoratifs lors de la cérémonie : « Ce qui est incroyable, c'est que quand vous ouvrez les caisses, deux siècles après, [tout est là !] Vous avez tout le mobilier, tout les décors, les tapis, les tentures, les moquettes... »[30]. La scénographie est mise en scène par le décorateur Jacques Garcia.

Notes et références

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(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Coronation of Charles X of France » (voir la liste des auteurs).
  1. Expression que l'on trouve dans la Charte constitutionnelle du 4 juin 1814, maintes fois réutilisés par les dignitaires de la Restauration.
  2. De même que le sacre d'un roi était similaire à celui d'un évêque, la tradition faisant du monarque français un « évêque du Dehors ».
  3. Depuis le règne de Louis VII, une époque où se fixa une grande partie de la symbolique royale, avec l'apparition notamment de la fleur de lys.
  4. Cinq autres rois ayant été sacrés à Reims : Louis Ier le Pieux, Charles III le Simple et Lothaire, des carolingiens, et les deux rois Robertiens (ancêtres des capétiens) Eudes et Robert Ier.
  5. Le mot est utilisé dans les ouvrages de Miel et de Darmaing rapportant les événements du sacre.
  6. Bien que ce dernier soit prince de Condé depuis 1818 et la mort de son père, la plupart des textes officiels continuent de l'appeler « duc de Bourbon », titre pourtant moins prestigieux qu'il portait depuis 1772, et qu'il conserva du fait de la mort prématurée de son fils le duc d'Enghien, exécuté sous le Consulat.
  7. Y compris les témoignages de Ferdinand-Philippe d'Orléans et de Jean-Pons-Guillaume Viennet, pair de France, tous deux orléanistes.
  8. Contre 621 × 979 cm pour celle du sacre de Napoléon.

Références

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  1. Raillat 1991, p. 42.
  2. Expression de Lamartine, cité dans Alphonse de Lamartine, « Ode pour la naissance du duc de Bordeaux », dans Œuvres poétiques complètes, Paris, La Pléiade, , p. 42-43.
  3. Françoise-René de Chateaubriand, Le roi est mort ! Vive le Roi !, Paris, Le Normant Père, , 40 p. (lire en ligne).
  4. Le Moniteur Universel, 23 décembre 1824
  5. Patrick Demouy, Le Sacre du Roi, Paris, La Nuée Bleue - Place des Victoires, .
  6. François M. Miel, Histoire du sacre de Charles X, dans ses rapports avec les Beaux-Arts et les libertés publiques de la France, Paris, Panckoucke, .
  7. Jean-Paul Clément, Charles X, le dernier Bourbon, Paris, Perrin, .
  8. Archives Nationales, AN-P, CC//857, Pierrefitte-sur-Seine
  9. Ambroise-Polycarpe de la Rochefoucauld-Doudeauville, Mémoire du duc de Doudeauville, t. IX, Paris, M. Lévy, , p. 294.
  10. Raillat 1991, p. 269.
  11. Hélène Delalex, « Pompe et magnificence - Le carrosse et le cortège du sacre », dans Hélène Cavalié et Renaud Serette, Le Dernier Sacre, Saint-Rémy-en-l'Eau, Editions Monelle-Hayot, , p. 150.
  12. Bernard Morel, Les joyaux de la Couronne de France, Bruxelles, Fonds Mercator, , p. 308.
  13. Hélène Cavalié et Renaud Serette (dir.), Le dernier sacre, Saint-Rémy-en-l'Eau, Editions Monelle Hayot, .
  14. Jean Jérôme Achille Darmaing, Relation complète du sacre de Charles X, Paris, Baudouin frères, , p. 18.
  15. Charles Joseph Christophe Siret, Précis historique du sacre de S.M. Charles X, contenant les détails de cette auguste cérémonie, avec des notes & l’état du logement fait à Reims à cette occasion, Reims, Imprimerie de Régnier, , p. 78.
  16. Blanche-Joséphine Le Bascle d'Argenteuil, duchesse de Maillé, Souvenirs des deux Restaurations. Journal inédit (1787-1851), Paris, Perrin, .
  17. Hélène Cavalié, « L'agenda du Roi », dans Hélène Cavalié et Renaud Serette, Le dernier sacre, Saint-Rémy-en-l'Eau, Editions Monelle Hayot, , p. 222.
  18. Jean-Paul Clément, Charles X, le dernier Bourbon, Paris, Perrin, , 463 p., p. 241.
  19. Raillat 1991, p. 195.
  20. François-René, vicomte de Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, troisième partie, livre IX, , chap. VI, p. 1.
  21. Baron Ange-Hyacinthe-Maxence de Damas, Mémoires, 1823-1862, t. I, Paris, Plon, , p. 65.
  22. Demouy 2016, p. 93.
  23. « Le Sacre de Reims », Le Constitutionnel, no 153, , p. 2.
  24. Darmaing 1825, p. 148-149.
  25. Hélène Cavalié, « L'agenda du Roi », dans Hélène Cavalié et Renaud Serette, Le dernier sacre, Saint-Rémy-en-l'eau, Editions Monelle Hayot, , p. 231-232.
  26. Clément 2015, p. 252-253.
  27. Raillat 1991, p. 275.
  28. « Le sacre de Charles X », sur L'Histoire par l'Image.
  29. Morel 1988.
  30. « Pourquoi Charles X reste-t-il si impopulaire ? ».

Bibliographie

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En français

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  • Jean-Paul Clément, Charles X, le dernier Bourbon, Paris, Perrin, , 463 p. (ISBN 978-2-262-04386-5).
  • Achille Darmaing, Relation complète du sacre de Charles X, Paris, Baudouin frères, , 199 p. (présentation en ligne).
  • Bernard Degout, Le sacre de Charles X : les derniers feux des Bourbons, Paris, Perrin, 2025, 352 p. (ISBN 978-2262102326).
  • Patrick Demouy, Le Sacre du Roi, Strasbourg, La Nuée Bleue, 2016, 287 p. (ISBN 978-2809914313).
  • Patrick Demouy, « Le sacre de Charles X », reims.fr, (lire en ligne, consulté le ).
  • Jean-Paul Garnier, Le Sacre de Charles X et l'opinion publique en 1825, Paris, Jouve, 1927, 147 p.
  • Yves Griffon, Charles X, roi méconnu, Paris, Rémi Perrin, 1999, 299 p. (ISBN 978-2913960008).
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  • François Miel, Histoire du sacre de Charles X, dans ses rapports avec les beaux-arts et les libertés publiques de la France, Paris, Panckoucke, 1825, 378 p.
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