Nationaux corses
| Nationaux corses Naziunali (français: Nationaux) | |
Devise : Prudentia et industria vincitur tyrannis | |
| Idéologie | Proto-nationalisme (1729-1734) Nationalisme corse (après 1734) Sécession de la République de Gênes. Mishellénisme Factions: Indépendantisme Royalisme Pro-Maison de Savoie Anglophilie Francophilie |
|---|---|
| Objectifs |
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| Statut | Dissous |
| Fondation | |
| Date de formation | 1729 |
| Pays d'origine | |
| Fondé par | Multiples leaders insurgés. |
| Dissolution | |
| Date de dissolution | 1755 |
| Causes | Intégration aux Forces armées de la République corse. Guerre civile corse divisant les forces irrégulières. |
| Actions | |
| Mode opératoire | Lutte armée, guérilla |
| Zone d'opération | Corse |
| Période d'activité | 1729-1755 |
| Organisation | |
| Chefs principaux | Théodore de Neuhoff[1] (Roi de Corse) Jean-Pierre Gaffory † Luiggi Giafferi Andrea Ceccaldi Hyacinthe Paoli Domenico Rivarola Simon Fabiani † Marius Emmanuel Matra Sebastiano Costa Erasmo Orticoni Johann von Neuhoff Philibert Évariste Ciattoni François Battini Carlo Saliceti |
| Membres | Environ 5000 combattants |
| Allégeance | |
| Branche politique | Paolistes (1755) Matristes (1755) Parti français Pro-Savoie |
| Sanctuaire | Corte Fort de Matra Couvent Saint-François d'Orezza Balagne Livourne (en exil)[1] |
| Groupe relié | |
| Soutenu par | |
Guerre d'indépendance corse
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Les Nationaux corses étaient les forces paramilitaires rebelles corses hostiles à la République de Gênes durant la Guerre d'indépendance corse et la Guerre de succession d'Autriche.
Formation
[modifier | modifier le code]Les Irréguliers corses apparaissent suite à la Jacquerie de 1728, à la base, les irréguliers étaient des rebelles voulant un traitement plus juste de la République de Gênes, mais deviennent rapidement une force secessioniste.
Les groupes insurgés étaient décentralisés et si ils étaient unis par l'opposition à la République de Gênes, les groupes ne portent pas le même projet politique et sont dirigés par des chefs locaux.
Composition
[modifier | modifier le code]Les forces nationales étaient composées des principales couches de la société insulaire, notamment de paysans, de notables, de clercs, de militaires et de nobles locaux.
Histoire
[modifier | modifier le code]Les insurgés corses étaient dirigés par de nombreux chefs locaux ainsi que par un triumvirat de Généraux de la nation.
En 1732, les Généraux Giafferi, Ceccaldi et Gaffory ainsi que leurs troupes battent les soldats du Saint-Empire romain germanique, venus au secours de Gênes, durant la Bataille de Calenzana.
En 1735, au Couvent Saint-François d'Orezza, l'indépendance de la Corse est proclamée, l'insurrection devint massive. Durant le consulte, Luiggi Giafferi, Hyacinthe Paoli et Andrea Ceccaldi sont nommés Généraux de la nation.
Les insurgés qui attaquaient les troupes de Gênes, étaient soutenus par diverses puissances étrangères, notamment durant la Guerre de Succession d'Autriche qui implique une partie de l'Europe, étant ainsi dans un conflit par procuration, ils reçoivent durant ce conflit le soutien des britanniques et des États de Savoie.
Par la suite, les insurgés prêtent allégeance au roi Théodore de Neuhoff qui ne parvient pas à faire asseoir son autorité auprès de tous les chefs insurgés[1]. Toutefois, il peut compter sur la loyauté des Généraux corses, le général Simon Fabiani parvenant à battre les Génois en Balagne. Toutefois, le général Simon Fabiani est assassiné par des Corses mandatés par Gênes, avec l'aide du Clan Luccioni dont le motif était probablement la Vendetta, bien que Fabiani n'avait rien à voir avec la mort de l'un des leurs[3].
En 1738, les Nationaux corses se battent contre les forces de l'Armée royale française qui soutiennent les Génois et obtiennent la victoire, cet épisode est appelé Vèpres Corses[2].
En 1740, le Royaume de Corse tombe sous les assauts génois.
En 1753, Jean-Pierre Gaffory, le dernier Général de la nation encore en activité, est assassiné par deux espions génois, les frères Romei, les insurgés perdent ainsi leur dernier chef.
Forces
[modifier | modifier le code]Forces nationales
[modifier | modifier le code]Les Nationaux corses étaient divisés en plusieurs forces, ne facilitant pas leur unification.
- Théodore 1er, chef des armées corses de 1736 à 1740, en sa qualité de roi de Corse.
- Luiggi Giafferi, Jean-Pierre Gaffory, Andrea Ceccaldi et Hyacinthe Paoli dirigent les insurgés au niveau national, du fait de leur statut de Généraux de la nation.
- Front Nord : Philibert Évariste Ciattoni et Simon Fabiani opéraient sur le Front de Balagne. Domenico Rivarola dirigeait les forces corses au service des États de Savoie, principalement présent vers le Cap Corse et la région de Bastia.
- Front Sud : Marius Emmanuel Matra et Erasmo Orticoni dirigeaient le Front d'Aleria. François Battini pour la Piève de Paomia.
Forces alliées
[modifier | modifier le code]- Des mercenaires allemands westphaliens affiliés à la Maison de Neuhoff, dirigés par Johann von Neuhoff opéraient sur le Front du Deçà des Monts puis dans le Delà des Monts.
Soutiens étrangers
[modifier | modifier le code]- Le Beylicat de Tunis reconnaît en 1736 le Royaume de Corse et avait permis la venue de Théodore de Neuhoff et de mercenaires allemands westphaliens venus en renforts en prêtant un bateau[2]. Le Beylicat affaibli Gênes de son côté avec la prise de Tabarka en 1742.
- Les États de Savoie, entré en guerre contre Gênes durant la Guerre de Succession d'Autriche, appuyant les hommes de Rivarola sur le Front Nord, participant à la prise de Bastia[2].
- La Royal Navy du Royaume de Grande-Bretagne, appuyant les insurgés corses de Rivarola en 1745 sur le Front Nord[2].
- Le Royaume de France, dans certains cas où elle était parfois opposée aux actions de la République de Gênes, toutefois, au long de la guerre, le Royaume de France a également participé aux hostilités aux côté génois notamment de 1735 à 1740 puis en 1749[2]. A plusieurs reprises, la France a aussi servi de médiateur entre les rebelles et Gênes.
- Le Grand-Duché de Toscane et le Royaume de Naples servaient de terre d'exil pour les chefs nationaux corses, en particulier les villes de Livourne et Naples.
Conflits internes
[modifier | modifier le code]Selon Sebastiano Costa, politicien corse de premier plan du royaume de Corse au titre de grand chancelier, note dans ses Mémoires que les chefs insurgés étaient rongés par les rancœurs, des conflits d'égo, des jalousies et les compromissions. Selon Costa, Hyacinthe Paoli a tenté de saper l'autorité de Luiggi Giafferi, le leader Luca d'Ornano qui parlait pour ne rien faire[4],[5].
Intégration dans l'Armée de la République corse
[modifier | modifier le code]Après le retour de Pascal Paoli, ce dernier est nommé Général de la nation. Le jeune Général est toutefois considéré comme illégitime par une partie des insurgés. Erasmo Orticoni tente, en vain de calmer les troubles mais la nomination de Marius Emmanuel Matra, membre du gouvernement insurgé, par les opposants de Paoli fait basculer les événements et provoquent la Guerre civile corse qui débute entre les Paolistes et les Matristes[6].
Plus tard, sous l'égide de Paoli, les forces irrégulières sont unifiées pour former les Forces armées de la République corse[6].
Exactions
[modifier | modifier le code]Discriminations envers les Grecs de Paomia
[modifier | modifier le code]Les Naziunali et leurs soutiens étaient fortement hostiles envers les Grecs de Corse, qui étaient loyaux envers la République de Gênes. En 1730, deux compagnies militaires grecques sont levées par les Génois pour combattre les insurgés. Près d'un an plus tard, Jean-Pierre Gaffory et Luiggi Giafferi exigent que les Grecs se dressent contre Gênes, paient un impôts de 20 sous. La réponse grecque est négative. Quelques jours plus tard près de 2 500 partisans de l'insurrection dirigé par François Battini s'emparent de Paomia, forçant la centaine de Grecs à fuir pour Ajaccio.
En 1734, l'assemblée générale de la nation, organe politique des Nationaux, stipule dans l'article 9 que : Tous les biens des Génois et des rebelles à la patrie, comme aussi ceux des Grecs établis à Paomia, seront confisqués.
En 1745, après le meurtre d'un corse par un grec provoque une vendetta de la part des Corses, des émeutes et assassinats éclatent et des Grecs sont forcés à se refugié dans l'Île San Pietro, appartenant aux États de Savoie[2]. Le nombre de victimes est inconnu.
Honneurs
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- En 1805, Christophe Saliceti, diplomate impérial de Napoléon 1er veilla à ce que les dépouilles des patriotes corses exécutés par la Sérénissime République en 1746 reçoivent une sépulture digne[7].
- Dans l''Histoire illustrée de la Corse de 1863, par le prêtre Jean-Ange Galletti, des Nationaux ainsi que les Généraux de la nation sont représentés par des dessins.
Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Sebastiano Costa, Mémoires regardant le Roi Théodore écrits de la main même de Sébastien Costa, ex-Auditeur-Général de la Nation Corse en 1735 et ensuite Grand Chancelier et premier secrétaire d’État du dit Roi avec lequel il vécut et qu’il accompagna dans ses voyages, éd. critique, traduction et notes par Renée Luciani, éd. Picard-Atalta, Paris/Aix, 1975.
- Thierry Giappiconi, De l'épopée vénitienne aux révolutions corses : Engagements militaires et combats politiques insulaires (XVe – XVIIIe siècles), Ajaccio, Albiana, 2018.
- Thierry Giappiconi, Les Corses à Livourne (1733-1734), De l'affirmation de la Nation à la première déclaration d'indépendance, 1731-1735, Actes des deuxièmes rencontres historiques d'Île-Rousse, 2011, Ajaccio, Albiana, 2012.
- Histoire de la Corse, publiée sous la direction de Paul Arrighi, Privat, 1971.
- Histoire de l’Isle de Corse contenant en abrégé les principaux événements de ce pays, Nancy, Abel Cusson, 1749.
- Histoire des Révolutions de l’Île de Corse et de l’élévation de Théodore 1er sur le trône de cet État, tirée de Mémoires tant secrets que publics, La Haye, Pierre Paupie, 1738.
- Francis Pomponi, Histoire de la Corse, Paris, Hachette, 1979.
- Michel Vergé-Franceschi, Histoire de Corse, Le pays de la grandeur, Paris, Ed. Du Félin, 1996.
- Hyacinthe Yvia-Croce, Quarante ans de Gloire et de misère : la Révolution Corse (1727-1769), Ajaccio, Albiana, 1996.
- Louis-Amand Jaussin, Mémoires historiques, militaires et politiques sur les principaux événements arrivés dans l'isle et royaume de Corse, depuis le commencement de l'année 1738 jusques à la fin de l'année 1741, Lausanne, Bousquet, 1758-1759.
- Martinu Frasali - U Scalu di i Grechi in Corsica, A culunia di Paomia è di Carghjese – Conférence faite à Cervione le
- Antoine-Dominique Monti - La grande révolte des Corses contre Gênes 1729-1769 - ADECEC Cervioni 1979
Références
[modifier | modifier le code]- 1 2 3 Évelyne Luciani et Dominique Taddei, Les pères fondateurs de la nation corse, 1729-1733, Ajaccio, Albiana,
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 « Histoire de la Corse par date » (consulté le )
- ↑ André Le Glay, Théodore de Neuhoff, roi de Corse, Imprimerie de Monaco, 1907.
- ↑ Sebastiano Costa, Sebastiano Costa, Mémoires regardant le roi Théodore écrit de la main même de Sébastien Costa, ex Auditeur-Général de la Nation Corse en 1735 et ensuit grand chancelier et premier secrétaire d’État du dit Roi avec lequel il vécut et qu'il accompagna dans ses voyages, Paris, Picard, .
- ↑ Fernand Ettori,, La révolution corse (1729-1769), in Le Mémorial des Corses., Ajaccio, Le Mémorial des Corses, , Encadré Sebastiano Costa ou le patriote, t. 2, p. 255.
- 1 2 Antoine-Marie Graziani, Pascal Paoli : Père de la patrie corse, Paris, Tallandier, , 3e éd. (1re éd. 2002), 416 p. (ISBN 979-10-210-2312-3, OCLC 971604588, BNF 45183745, présentation en ligne).

- ↑ (it) F.O Renucci, Storia della Corsica, Bastia, (lire en ligne)


