Manchot papou
Pygoscelis papua
| Règne | Animalia |
|---|---|
| Embranchement | Chordata |
| Sous-embr. | Vertebrata |
| Classe | Aves |
| Ordre | Sphenisciformes |
| Famille | Spheniscidae |
| Genre | Pygoscelis |
Le Manchot papou (Pygoscelis papua) ou Papou est une espèce d'oiseaux de la famille des Spheniscidae, répandu à travers les îles sub-antarctiques.
Nomenclature
[modifier | modifier le code]Les noms papua et « papou » proviennent d'une erreur de l'explorateur français Pierre Sonnerat[1],[2], aucun manchot ne vivant en Papouasie.
Son nom signifie en d'autres langues « manchot âne » du fait de son braiment, « manchot skipper » (ukrainien) ou « manchot à sourcils blancs » (polonais).
Une étude de 2026, basée sur le séquençage du génome de dix colonies[3] propose de distinguer désormais quatre espèces parmi Pygoscelis papua :
- Pygoscelis papua aux îles Malouines et en Amérique du Sud ;
- Pygoscelis taeniata dans plusieurs groupes d'îles subantarctiques :
- P. t. taeniata à Macquarie Island ;
- une autre sous-espèce non-décrite aux îles Crozet et l'île Marion ;
- Pygoscelis ellsworthi avec deux sous-espèces :
- P. e. ellsworthi dans la péninsule antarctique, les Îles Orcades du Sud et les Îles Shetland du Sud ;
- P. e. poncetii en Géorgie du Sud ;
- Pygoscelis kerguelensis aux îles Kerguelen et à l'île Heard.
Description
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Le Manchot papou mesure entre 76 et 81 cm. Malgré cela, ce n'est pas le plus petit des manchots. Il pèse entre 4,5 et 8,5 kg. Son plumage est blanc sur le ventre et noir sur le dos. Il possède un bec orange fin, allant au noir au bout. Les pattes du manchot papou sont entre le rose et l'orange de type saumon. Il possède une tache blanche triangulaire au niveau de chaque tempe. Les ailerons ont eux aussi une bande blanche.
Sous l'eau, avec une vitesse de 35 km/h, cette espèce est la plus rapide de toutes les espèces de manchots[4],[5].
Répartition et habitat
[modifier | modifier le code]Selon la classification de référence du Congrès ornithologique international (version 15.2, 2026)[6], le Manchot papou est représenté par 4 sous-espèces (ordre phylogénique) :
- Pygoscelis papua taeniata (Peale, 1849) — îles Crozet, île-du-Prince-Édouard, île Marion, îles Kerguelen, île Heard et île Macquarie ;
- Pygoscelis papua papua (Forster, JR, 1781) — îles Malouines, île Martillo (es), île des États ;
- Pygoscelis papua ellsworthi Murphy, 1947 — péninsule Antarctique, îles Orcades du Sud, îles Shetland du Sud, îlots de la terre de Graham aux îles Sandwich du Sud ;
- Pygoscelis papua poncetii Tyler, Bonfitto, Clucas, Reddy & Younger, 2020 — Géorgie du Sud.
En 2012, leur population est estimée à 774 000 individus matures[7].
Alimentation
[modifier | modifier le code]Il se nourrit principalement de poissons, de crustacés et de céphalopodes. Les crustacés représentent 10 % de son alimentation de février à mars et 75 % de mars à juin. Il n'en consomme pas le reste de l'année. Le krill Euphausia vallentini et la crevette Nauticaris marioni représentent la plus grande part de son alimentation en crustacés. De juin à octobre, le poisson Lepidonotothen squamifrons représente 90 % de son alimentation. Il se nourrit également du poisson Channichthys rhinoceratus (en)[8].
Reproduction
[modifier | modifier le code]Cette espèce est monogame, les couples restent unis durant la saison de reproduction. Certains individus changent de partenaire chaque année et d'autres se retrouvent tous les ans jusqu'à la mort de l'un des deux partenaires. La saison de reproduction s'étend pendant le printemps et l'été austral soit de décembre à mars. Les deux partenaires participent à la construction du nid. Il est fait de petits cailloux disposés en forme de bol de 45 cm de diamètre. Le nid est parfois recouvert de plumes, de brindilles et de végétaux. Les matériaux sont gardés jalousement et des disputes éclatent contre les manchots qui dérobent des cailloux sur les autres nids. La femelle pond un premier œuf cinq jours après la reproduction et un second deux jours plus tard. La période d'incubation est de 35 jours. Les deux parents se relaient pour couver les œufs, défendre le nid, puis pour nourrir les poussins. Si la couvée n'aboutit pas, la femelle peut pondre de nouveau durant la même saison de reproduction[8].
Les jeunes manchots papous se rassemblent en crèches environ un mois après leur naissance, ce qui permet aux parents d’aller chercher de la nourriture pour récupérer le poids qu'ils ont perdu pendant la période des amours et la couvaison. Quelques adultes se relaient pour surveiller la crèche. Au cours de cette période les poussins perdent leur duvet pour le plumage d'adulte mais ils continuent à être nourris par les parents jusqu'à ce qu'ils sachent nager.
La longévité est de 13 ans. La première année, les chances de survie vont de 30 à 50 %. Passé ce cap, le manchot papou a environ 80 % de chance de survivre chaque année[8].
Chaque année, ces oiseaux se rassemblent par milliers sur l’île Petermann, au bout de la péninsule Antarctique. Là-bas, les falaises volcaniques et les plages enneigées offrent un refuge pour la nidification[9]. Les couples construisent leurs nids de pierres[10], veillent sur leurs œufs et élèvent leurs poussins, bercés depuis leur plus jeune âge par les cris et les allers-retours vers la mer.
- Vue panoramique de l'Île Petermann, en Antarctique. Colonies de Manchots, bateau de croisière, touristes, décembre 2006.
- L'île Petermann vue de sa côte orientale.
Les rookeries
[modifier | modifier le code]Au moment de la nidification les manchots papous se rassemblent en colonies énormes et surpeuplées qu'on nomme les rookeries. Elles sont établies sur des endroits dégagés de neige. Les rookeries sont reliées entre elles par des sentiers tracés dans la neige par les manchots. Ces derniers cheminent dans ces sentiers en file indienne, souvent en petits groupes. D'autres sentiers mènent aussi à la mer où les manchots vont se nourrir mais aussi se laver. En effet, selon Jean-Baptiste Charcot, les habitants des rookeries « n'ont adopté qu'un seul système, celui du tout sur la voie publique, le parfum qui s'en dégage est très sui generis »[11]. Jean-Baptiste Charcot précisait que même sans les avoir vus « la présence de ces aimables bêtes se manifeste suffisamment à l'odorat et à l’ouïe »[11].
- Rookerie de manchots papous à Cuverville Island péninsule Antarctique. Au premier plan, les sentiers tracés dans la neige par les oiseaux.
- Rookerie de manchots papous à Neko Harbour dans la péninsule Antarctique . On distingue les sentiers qui relient les rookeries entre elles et à la mer.
- Manchots papous descendant d'un sentier pour aller se laver dans la mer.
- Manchot papou retournant son œuf sur son nid dans une rookerie ().
- Manchots papous cheminant dans un de leurs sentiers.
Prédateurs
[modifier | modifier le code]Le Manchot papou adulte a pour prédateurs l'orque et le phoque léopard. Les œufs et les poussins sont la proie du Labbe antarctique (Stercorarius antarcticus). Cet oiseau établit souvent son nid parmi les colonies de Manchots papous qui sont pour lui une source de nourriture toute trouvée.
- Skua venant de gober un œuf de Manchot papou dans une rookerie.
- Couple de skuas dépeçant un jeune Manchot papou.
- Léopard de mer dévorant un Manchot papou.
Culture populaire
[modifier | modifier le code]Informatique
[modifier | modifier le code]La distribution GNU/Linux Gentoo (papou en Français) tire son nom du manchot. La mascotte du Noyau Linux, en revanche, serait un Manchot pygmée (Eudyptula minor).
Télévision
[modifier | modifier le code]Les Manchots papous ont joué un rôle primordial dans le film Monsieur Popper et ses pingouins, film réalisé en 2011 par Mark Waters.
Galerie
[modifier | modifier le code]- Un Manchot papou dans son nid.
- Trois juvéniles Manchots papous sur l’île Petermann (Antarctique).
- Un Manchot papou en train de nager à la surface de l’eau.
- Œuf de Manchot papou — muséum de Toulouse.
- Manchots papous nageant en groupe. Les oiseaux nagent une sorte de brasse coulée et adoptent une formation triangulaire.
Références
[modifier | modifier le code]- ↑ « Manchot papou »
, sur manchots.com (consulté le ). - ↑ (en) Ian Fraser et Jeannie Gray, Australian Bird Names: Origins and Meanings, CSIRO Publishing, , 2e éd., 368 p. (ISBN 978-1486311637, lire en ligne).
- ↑ (en) D. Noll, J. Younger, L. R. Pertierra et al., « Integrative evidence reveals adaptive divergence and speciation in gentoo penguins », Communications Biology, Nature Publishing Group, (ISSN 2399-3642, DOI 10.1038/s42003-026-10081-7
).
- ↑ (en) « Gentoo Penguin »(Archive.org • Wikiwix • Google • Que faire ?), sur BBC Nature Wildlife (consulté le ).
- ↑ « Regard sur la flore et la faune : Le manchot papou »(Archive.org • Wikiwix • Google • Que faire ?), sur institut-polaire.fr (consulté le ).
- ↑ Congrès ornithologique international, version 15.2, 2026.
- ↑ UICN, consulté le 20 mai 2026.
- 1 2 3 Myers, P., R. Espinosa, C. S. Parr, T. Jones, G. S. Hammond, and T. A. Dewey. The Animal Diversity Web (online). Accessed at https://animaldiversity.org, consulté le 20 mai 2026.
- ↑ « Un manchot papou, Île Petermann, Antarctique »
, sur peapix.com (consulté le ). - ↑ « Les manchots papous offrent des cailloux pour draguer »
, sur saviezvous.fr, (consulté le ). - 1 2 Charcot 1906.
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Jean-Baptiste Charcot, Le Français au pôle sud, Paris, Ernest Flammarion, , 967 p. (ISBN 978-2298083392), première partie été 1904 Port Lockroy 19 février 1904.
- (en) I. Martinez, « Family Spheniscidae (Penguins) », dans Josep del Hoyo, Andrew Elliott et Jordi Sargatal, Handbook of the Birds of the World, vol. 1 : Ostrich to Ducks, Barcelone, Lynx edicions, , 696 p. (ISBN 978-84-87334-10-8, lire en ligne
), p. 155-156 & planche 9 p. 154. - Frederic P. Miller et Agnes F. Vandome, Manchot : Oiseau, Manchot papou, Manchot empereur, Changement climatique, Manchot Adélie, Manchot des Galapagos, Manchot du Cap, Manchot de Humboldt, Alphascript Publishing, , 128 p. (ISBN 978-6133989139).
- Franck S. Todd et Fabrice Genevois, Oiseaux & Mammifères antarctiques et des îles de l'océan Austral, Paris, Kameleo, , 144 p. (ISBN 978-2350950082).
- « Le cycle de vie du manchot papou », Le Monde des Animaux, hors série no 23 « Les Animaux du Froid », .
Bande dessinée
[modifier | modifier le code]- Elizabeth Elias Kaufman, Les manchots, EH Héritage jeunesse, , 34 p., 3-5 ans (ISBN 978-2307192336).
- D. Chauvel, Octave et le manchot papou, Delcourt, , 32 p., 10 ans + (ISBN 978-2847899221).
Liens externes
[modifier | modifier le code]- (en) Kiersten Newtoff, Animal Diversity Web : Pygoscelis papua (consulté le )
- (en) Fonds documentaire ARKive : Pygoscelis papua
- (fr + en) Avibase : Pygoscelis papua (Forster, JR 1781) (+ répartition) (consulté le )
- (en) BioLib : Pygoscelis papua (J. R. Forster, 1781) (consulté le )
- (en) Catalogue of Life : Pygoscelis papua (J. R. Forster, 1781) (consulté le )
- (en) Congrès ornithologique international : Pygoscelis papua (Forster, JR, 1781) dans l'ordre Sphenisciformes (consulté le )
- (fr) eBird : Pygoscelis papua (consulté le )
- (fr + en) EOL : Pygoscelis papua (Forster & JR 1781) (consulté le )
- (fr + en) GBIF : Pygoscelis papua (J.R.Forster, 1781) (consulté le )
- (en) IRMNG : Pygoscelis papua (Forster, 1781) (consulté le )
- (fr + en) ITIS : Pygoscelis papua (J. R. Forster, 1781) (consulté le )
- (en) NCBI : Pygoscelis papua (taxons inclus) (consulté le )
- Oiseaux.net : Pygoscelis papua (+ répartition) (consulté le )
- (en) Paleobiology Database : Pygoscelis papua Forester 1781 (consulté le )
- (en) Taxonomicon : Pygoscelis papua (Forster, 1781) (consulté le )
- (en) Tree of Life Web Project : Pygoscelis papua
- (en) UICN : espèce Pygoscelis papua (consulté le )
- (en) WoRMS : espèce Pygoscelis papua (Forster, 1781) (consulté le )
- (en) « Pygoscelis papua (Forster, JR, 1781) », sur xeno-canto.org (consulté le )
- (en) Zoonomen Nomenclature Resource (Alan P. Peterson) : Pygoscelis papua dans Sphenisciformes (consulté le )
- « Manchot Papou Pygoscelis papua »
, sur oiseaux-birds.com (consulté le ).


