close
Aller au contenu

Ian Sommerville

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Ian Sommerville
une illustration sous licence libre serait bienvenue
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 35 ans)
BathVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activité
BERJAYA
Plaque commémorative.

Ian Sommerville (1940-1976) est un ingénieur informaticien britannique, proche du cercle des écrivains et artistes liés à la Beat Generation.

Sommerville est né à Darlington le 3 juin 1940 dans un milieu ouvrier. Doué pour les études et les mathématiques, il obtient une bourse pour entrer à la King's School de Canterbury, puis au Corpus Christi College de l'université de Cambridge. Il obtient un diplôme d'ingénieur, spécialisé en programmation[1].

Vers 1958, grâce à Harold Norse, il décroche un emploi d'été dans la librairie parisienne dirigé par George Whitman, Le Mistral (qui deviendra la Shakespeare and Company). Là, il rencontre William S. Burroughs puis, plus tard, Brion Gysin. Tous les trois habitent à la pension Rachou, le futur Beat Hotel. Burroughs ne tarde pas à tomber amoureux de Sommerville, et les deux hommes deviennent amants ; ils rompent en 1965 quand Burroughs repart pour New York[1].

En 1959, Sommerville met au point pour Gysin un générateur de séquences aléatoires que celui-ci utilise dans sa technique du cut-up. En 1960, il collabore de nouveau avec Gysin au développement de la Dreamachine[2], un stroboscope actionné par un phonographe, décrit comme « le premier objet d'art à observer les yeux fermés » et conçu pour influencer l'activité des ondes alpha du cerveau du spectateur[3].

Vers la même époque, Sommerville et Burroughs enregistrent sur une bande magnétique d'une durée de cinq minutes Silver Smoke of Dreams, qui servit plus tard de base au morceau audio « cut-up » d'un quart d'heure intitulé K-9 Was in Combat with the Alien Mind-Screens, conçu en 1965, en même temps que Call Me Burroughs, dans les caves de la librairie The English Bookshop, 42 rue de Seine, dirigée par Gaït Frogé[4]. L'année suivante, Sommerville installe également deux magnétophones à bobines Revox pour Paul McCartney dans l'appartement de Ringo Starr, au 34 Montagu Square, à Marylebone (Londres), et enregistre Burroughs sur l'un de ces appareils[5].

Durant cette même période, le cinéaste britannique Antony Balch réalise cinq films figurant Burroughs et Gysin, et mis en son par Sommerville[6].

Peu après, Sommerville s'installe sur Duke Street avec son nouveau compagnon, Alan Watson, originaire de Darlington[1].

Sommerville, Gysin et Burroughs collaborent à l'album Let The Mice In, publié en 1973. Le livre de Burroughs, My Education: A Book of Dreams, composé en grande partie de récits de ses rêves, inclut des rêves où il converse avec Sommerville[7].

Sommerville joue un rôle clef dans la conception de The Third Mind, œuvre maîtresse de Gysin et Burroughs, partiellement publiée en 1976-1978[1].

Installé à Bath et venant de passer son permis de conduire, Sommerville meurt dans un accident de voiture le jour de l’anniversaire de Burroughs, le 5 février 1976. Le biographe de Burroughs, Barry Miles, rapporte que Ian lui avait envoyé un télégramme ce jour-là : « Joyeux anniversaire. Je t’embrasse. Aucune réalisation. Ian. », ces deux derniers mots faisant référence à la recherche infructueuse d’un emploi de programmeur informatique en Amérique[1],[8].

Il existe une série de portraits photographiques de Ian Sommerville réalisés par le portraitiste britannique Harold Chapman à Paris en 1962[1].

Notes et références

[modifier | modifier le code]
  1. 1 2 3 4 5 6 (en) Matthew Levi Stevens,« The Lost Boy », Reality Studio, extraits de The Magical Universe of William S. Burroughs, automne 2014.
  2. « Le Dernier musée », de Brion Gysin, Focus Expositions / Collections, Centre Pompidou.
  3. (en) John Geiger, Chapel of Extreme Experience: A Short History of Stroboscopic Light and the Dream Machine, Toronto, Gutter Press, 2002, p. 90.
  4. Call Me Burroughs, base Discogs.
  5. (en) Barry Miles, Paul McCartney: Many Years from Now, New York, Henry Holt and Company, 1997, p. 238–243.
  6. Thee Films 1950's - 1960's, base Discogs.
  7. (en) S. E. Gontarski, Burroughs Unbound: William S. Burroughs and the Performance of Writing, New York, Bloomsbury Academic, 2022, p. 111–113.
  8. (en) Barry Miles, William S. Burroughs: A Life, Londres, Weidenfeld & Nicolson, 2014, p. 520–521.

Liens externes

[modifier | modifier le code]