Heinkel He 280
| Heinkel He 280 V-5 | ||
Premier vol du He 280 V2 le 30 mars 1941 à Rostock-Marienehe. | ||
| Constructeur | ||
|---|---|---|
| Rôle | Avion de chasse | |
| Statut | Prototype | |
| Premier vol | ||
| Nombre construits | 9 exemplaires | |
| Équipage | ||
| 1 pilote | ||
| Motorisation | ||
| Moteur | Heinkel HeS 8A (109-001A) | |
| Nombre | 2 | |
| Type | Turboréacteur | |
| Poussée unitaire | 13,7 kN | |
| Dimensions | ||
| Envergure | 12,2 m | |
| Longueur | 10,4 m | |
| Hauteur | 3,19 m | |
| Surface alaire | 21,5 m2 | |
| Masses | ||
| À vide | 3 350 kg | |
| Maximale | 4 300 kg | |
| Performances | ||
| Vitesse maximale | 815 km/h (Mach 0,74) | |
| Plafond | 10 000 m | |
| Vitesse ascensionnelle | 1 145 m/min | |
| Rayon d'action | 650 km | |
| Armement | ||
| Interne | 3 canons MG 151/20 de 20 mm | |
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Le Heinkel He 280 est un avion de chasse de la Seconde Guerre mondiale. Faisant suite à l'avion expérimental Heinkel He 178, premier avion à réaction à avoir volé, et qui n'avait pas été suivi d'un développement en série, le He 280 fut le premier prototype au monde d'un chasseur propulsé par un moteur à réaction.
Histoire
[modifier | modifier le code]À la fin de l'année 1939, Heinkel procéda au développement de deux turboréacteurs, les HeS 3 (109-006) et HeS 8 (109-001), conçus par Hans von Ohain. De grands progrès furent réalisés grâce à la propulsion par turbine à gaz novatrice de Hans von Ohain et aux travaux d'Ernst Heinkel sur le He 178, le premier avion à turbopropulseur au monde[1][2]. Heinkel accordait une grande importance à la recherche sur le vol à grande vitesse et à la valeur du moteur à réaction. Après l'indifférence du Reichsluftfahrtministerium (RLM) (ministère de l'Aviation du Reich allemand) envers le He 178, la société décida, fin 1939, de se lancer dans la production d'un chasseur à réaction[3][4],[5],[6]. Le premier prototype (V1) du Heinkel He 280, avion biréacteur pour une poussée accrue, bi-dérive, à aile médiane et train d'atterrissage tricycle, alors peu courant[7],[8], fut prêt dès , bien avant les moteurs. Il fut donc d'abord testé en vol plané, tracté par un Heinkel He 111 le . Il prit l'air seul depuis l'aérodrome de Rostock-Marienehe utilisé par l'entreprise Heinkel pour la première fois le avec deux réacteurs HeS 8.

Le manque de soutien de l'État avait retardé le développement du moteur, freinant ainsi les travaux sur le He 280 ; néanmoins, Heinkel pensait que ce chasseur aurait pu être opérationnel plus tôt que son concurrent, le Messerschmitt Me 262, et qu'il aurait présenté certains avantages. Le , lors d'un combat aérien simulé devant des responsables du RLM, le He 280 (V3) a démontré sa vitesse nettement supérieure à celle du Focke-Wulf Fw 190 à moteur à pistons [9],[10]; peu après, le RLM a finalement décidé de commander 20 appareils de pré-production, en vue d'une commande de 300 appareils de série.

Cependant, le développement des moteurs continua de freiner le programme He 280. En 1942, le RLM ordonna à Heinkel d'abandonner les travaux sur les HeS 8 et HeS 30 pour se concentrer sur le HeS 011. Ce dernier n'étant pas attendu avant un certain temps, Heinkel opta pour le moteur concurrent BMW 003 ; toutefois, ce moteur connut également des retards. En conséquence, le second prototype du He 280 fut remotorisé avec des Junkers Jumo 004. Le , Erhard Milch, inspecteur général de la Luftwaffe, ordonna à Heinkel d'abandonner le He 280 au profit d'autres projets. Cette annulation est attribuée à une combinaison de facteurs techniques et politiques; le rôle similaire du Me 262, à plus long rayon d'action et plus lourdement armé, a certainement pesé dans la décision. Seuls les neuf appareils d'essai furent construits, et le He 280 n'atteignit jamais le statut opérationnel ni ne participa à des combats. Les prototypes du He 280 encore en état de voler furent utilisés à des fins expérimentales.
Liste des prototypes
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He 280 V1
- Codé "DL+AS" (Stammkennzeichen)
- Premier vol :
- S'écrasa le
He 280 V2
- Codé "GJ+CA"
- Premier vol :
- S'écrasa à cause d'une panne moteur le
He 280 V3
- Codé "GJ+CB".
- Premier vol :
- Capturé en à l'usine Heinkel-Sud de Vienne-Schwechat, Autriche
He 280 V4
He 280 V5
- Codé "GJ+CD".
- Premier vol :
- Ne reçut aucun moteur
He 280 V6
- Codé "NU+EA"
- Premier vol :
- Ne reçut aucun moteur

He 280 V7
- Codé "NU+EB" (Stammkennzeichen) et "D-IEXM" (immatriculation civile)
- Premier vol :
- Vola un total de 115 vols tractés
He 280 V8
- Codé "NU+EC"
- Premier vol :
He 280 V9
- Codé "NU+ED"
- Premier vol :
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ Koehler 1999, p. 173.
- ↑ « U.S. Jet Engines », Flying, vol. 72, no 2, , p. 89 (ISSN 0015-4806, lire en ligne)
- ↑ Koehler 1999, p. 174–175.
- ↑ History Office 2002, p. 196.
- ↑ Christopher 2013, p. 59.
- ↑ Koehler 1999, p. 160 note 36, 174 note 78.
- LC2 Nr. 632/39 g.Kdos vom 12. September 1939 Bundesarchiv-Militaerachiv (BA-MA) 4406-812.
- ↑ Jane's Fighting aircraft of World War II, New York, Military Press, , 1995e éd. (ISBN 0517679647), p. 318
- ↑ LePage 2009, p. 283.
- ↑ Dorr 2013, p. 45.
- ↑ LePage 2009, p. 284.
Bibliographie
[modifier | modifier le code]- (en) Tony Wood et Bill Gunston, Hitler's Luftwaffe : a pictorial history and technical encyclopedia of Hitler's air power in World War II, Londres, Salamander Books Ltd., , 247 p. (ISBN 978-0-861-01005-9 et 978-0-517-22477-9)
- Enzo Angelucci et Paolo Matricardi, Multiguide aviation – Les avions : 3/ la seconde guerre mondiale – France, Allemagne, Angleterre, etc., Elsevier Sequoia, , 320 p. (ISBN 978-2-80030245-4), p. 181.
