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Fibrosarcome félin

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BERJAYA
Un chat après une chirurgie pour retirer un fibrosarcome localisé entre les omoplates.

Le fibrosarcome félin, ou complexe fibrosarcome félin, est un type de tumeurs malignes qui se rencontre chez les chats (et parfois chez les chiens et les furets).

La majorité des fibrosarcome félins sont causés par des inflammations suite à des injections de médicaments ou de vaccins à travers la peau. Cette forme a conduit à une modification des recommandations en matière de protocoles de vaccination.

Le fibrosarcome félin a d'abord été reconnu à l'École de médecine vétérinaire de l'université de Pennsylvanie (en) en 1991[1]. Une association entre des fibrosarcomes très agressifs et la localisation typique des vaccins (entre les omoplates) est constatée. Deux facteurs possibles pouvant expliquer l'augmentation des cas de fibrosarcomes à cette époque ont été l'introduction en 1985 de vaccins contre la rage et contre la leucose contenant un adjuvant à base d'aluminium, ainsi qu'une loi de 1987 imposant la vaccination antirabique du chat en Pennsylvanie[2].

En 1993, une relation de causalité entre la fibrosarcome et l'administration de vaccins contre la rage et la leucose avec adjuvant d'aluminium a été établie à l'aide de méthodes épidémiologiques. En 1996, le groupe de travail sur le fibrosarcome félin associé au vaccin est créé pour s'attaquer à ce problème[3]. En 2003, une étude sur le fibrosarcome du furet a montré que cette espèce peut également développer ce type de tumeurs. Dans plusieurs cas, les tumeurs étaient localisées dans les sites d'injection courants et présentaient des caractéristiques histologiques similaires à celles du fibrosarcome du chat[4]. En 2003 également, une étude menée en Italie a comparé le fibrosarcome du chien lié à des sites d’injection et à des sites autres que les sites d’injection au fibrosarcome du chat et a révélé des similitudes nettes entre les tumeurs liées au site d’injection chez le chien et chez le chat. Cela suggère que le fibrosarcome post-injectionnel peut aussi survenir chez le chien[5].

Épidémiologie

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Les fibrosarcomes sont les tumeurs les plus courantes chez les chats[6]. Certaines races semblent être moins touchées par le fibrosarcome, ainsi que les chats mâles[7]. L'âge moyen de diagnostic est de 9 ans et demi[6].

L'incidence des fibrosarcomes post-injectionnels est rare[8], bien qu'il s'agisse de la forme de fibrosarcome la plus fréquente chez le chat[7]. Aux États-Unis, l'incidence du fibrosarcome chez les chats vaccinés est comprise entre 1/1 000 et 1/10 000 et s'est révélée être dépendante de la dose[9]. En 1992, la prévalence moyenne était estimée à 3,6 cas sur 10 000[10]. Il n'existe pas d'association identifiée entre le développement du fibrosarcome et la marque ou le fabricant du vaccin, les infections concomitantes, les antécédents de traumatisme ou l'environnement[11].

Description

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Fibrosarcome.


Le fibrosarcome est une tumeur maligne des tissus fibreux, qui se manifeste souvent par une masse unique, souvent localisée entre les deux omoplates, le long du dos, sur les cuisses ou les flancs[7]. La masse est souvent ferme, à croissance rapide, dans et sous la peau. Elle est souvent assez importante lors de la première détection et peut devenir ulcérée ou infectée. Elle contient souvent des cavités remplies de liquide, probablement en raison de sa croissance rapide[12]. Il s'agit d'une tumeur invasive[7].

Plusieurs types de fibrosarcomes existent. Le plus courant est le fibrosarcome post-injectionnel, qui se développe à partir des sites d'injections de vaccins, de médicaments[7], ainsi qu'à partir des sites traumatiques causés par une morsure ou la pénétration d’un corps étranger[13]. Le fibrosarcome classique affecte principalement les chats âgés, tandis que le fibrosarcome multicentrique touche en particulier les chats âgés de moins de 5 ans[7]. Le fibrosarcome multicentrique est provoqué par un virus oncogène intégré à l'ADN du chat[7].

Physiopathologie

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Fibrosarcome associé à des sites d'injection

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L'inflammation de l'hypoderme après la vaccination est considérée comme un facteur de risque du développement du fibrosarcome, et on a constaté que les vaccins contenant de l'aluminium produisaient davantage d'inflammation[14]. De plus, des particules d'adjuvant d'aluminium ont été découvertes dans les macrophages tumoraux[15]. En outre, des caractéristiques génétiques individuelles peuvent également favoriser l'apparition de fibrosarcomes au point d'injection[16]. Le délai entre la vaccination et la formation de la tumeur varie de trois mois à onze ans[17].

Des exemples similaires de sarcomes développant une inflammation secondaire comprennent des tumeurs associées à des implants métalliques et à des corps étrangers chez l'humain, des sarcomes de l'œsophage associés à une infection par Spirocerca lupi chez le chien et des sarcomes oculaires chez le chat à la suite d'un traumatisme. Les chats sont probablement l’espèce prédominante chez laquelle se développement le sarcome associé à un vaccin car ils ont une plus grande sensibilité aux dégâts causés par les blessures oxydatives, comme en témoigne également par un risque accru de toxicité due à l'anémie corporelle de Heinz et à l'acétaminophène[17].

Le diagnostic du sarcome associé à des injections se fait par biopsie. La biopsie montre la présence d'un sarcome, mais des informations comme la localisation et la présence d'une inflammation ou d'une nécrose augmentent la suspicion de sarcome associé à la vaccination. Les chats peuvent aussi développer une forme de granulome après la vaccination. Il est donc important de faire la différence entre les deux avant une chirurgie radicale. Une indication pour la biopsie est la présence d'une tumeur trois mois après la chirurgie, si la tumeur est supérieure à deux centimètres, ou si elle grossit un mois après la vaccination[9].

Parmi les diagnostics différentiels possibles, figurent le granulome éosinophilique et un oedème mandibulaire dans le cas où il s'agit d'une masse de la cavité buccale[7].

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Un chat après une chirurgie pour lui retirer un fibrosarcome au niveau de la cuisse après une récidive.

Le traitement du fibrosarcome passe par une chirurgie agressive, qui consiste à retirer la tumeur avec des marges chirurgicales très larges. Le traitement peut également inclure la chimiothérapie ou de la radiothérapie.

Les rayons X sont administrés avant la chirurgie car, dans environ un cas sur cinq, le fibrosarcome peut métastaser, généralement dans les poumons mais éventuellement dans les nœuds lymphatiques ou la peau[15].

Le fibrosarcome est un cancer qui récidive très fréquemment[6]. Les métastases, mahoritairement pulmonaires, sont cependant rares[6].

Le facteur pronostique le plus important est le traitement chirurgical initial. Une étude a montré que le délai médian de récidive chez les chats ayant subi une intervention chirurgicale radicale (étendue) était de 325 jours, contre 79 jours chez les chats ayant subi une excision initiale marginale[2].

L'expression d'une forme mutée d'un gène suppresseur de tumeurs, le p53, se rencontre fréquemment dans le fibrosarcome et indique un pronostic plus sombre[18].

Prévention

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L'Association américaine des praticiens félins a mis au point de nouveaux protocoles de vaccination qui limitent le type et la fréquence des vaccinations administrées aux chats[19].

Le vaccin contre le virus de la leucose féline ne devrait être administré qu'aux chatons et aux chats à haut risque. Les vaccins félins contre la rhinotrachéite, le typhus félin, le calicivirus doivent être administrés aux chatons un an plus tard, puis tous les trois ans. De plus, les vaccins doivent être administrés dans des zones où l'ablation de la tumeur est facilitée[20] : aussi près que possible de l'extrémité de la patte arrière droite pour la rage, de l'extrémité de la patte arrière gauche pour la leucose féline (sauf si elle est associée à la rage) et sur l'épaule droite, en prenant soin d'éviter la ligne médiane ou l'espace interscapulaire — pour d'autres vaccins (tels que FVRCP[21])[22].

Notes et références

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  1. (en) « Do injection site reactions induce fibrosarcomas in cats? », J Am Vet Med Assoc, vol. 199, no 8, , p. 968.
  2. 1 2 (en) Barbara E. Kitchell, « Feline Vaccine-Associated Sarcomas », Proceedings of the 30th World Congress of the World Small Animal Veterinary Association, (consulté le ).
  3. (en) « The 2006 American Association of Feline Practitioners Feline Vaccine Advisory Panel report », J Am Vet Med Assoc, vol. 229, no 9, , p. 1405–41 (DOI 10.2460/javma.229.9.1405).
  4. (en) « Histology and immunohistochemistry of seven ferret vaccination-site fibrosarcomas », Vet Pathol, vol. 40, no 3, , p. 288–93 (DOI 10.1354/vp.40-3-288).
  5. (en) « Fibrosarcomas at presumed sites of injection in dogs: characteristics and comparison with non-vaccination site fibrosarcomas and feline post-vaccinal fibrosarcomas », J Vet Med a Physiol Pathol Clin Med, vol. 50, no 6, , p. 286–91 (DOI 10.1046/j.1439-0442.2003.00544.x).
  6. 1 2 3 4 Le Point Vétérinaire.fr, « Questions/réponses sur le fibrosarcome félin - Le Point Vétérinaire n° 306 du 01/06/2010 », sur Le Point Vétérinaire.fr (consulté le )
  7. 1 2 3 4 5 6 7 8 (en) Nadia Laissaou et Daniela Simon Betz, « Common tumors in cats: A comprehensive review of epidemiological and clinicopathological aspects », Veterinary Integrative Sciences, vol. 23, no 2, (DOI 10.12982/VIS.2025.049, lire en ligne, consulté le )
  8. « Fibrosarcomes sur des sites d'injection chez le chat: mise à jour | VetCompendium », sur www.vetcompendium.be (consulté le )
  9. 1 2 (en) « Vaccine-Associated Feline Sarcoma Task Force: Roundtable Discussion », Journal of the American Veterinary Medical Association, vol. 226, no 11, (lire en ligne, consulté le ).
  10. Marion Mendella, « Enquête sur les pratiques vétérinaires en 2015 pour la prévention du complexe fibrosarcome chez le chat », Université Claude Bernard (Lyon) / VetAgro Sup., .
  11. (en) « Multicenter case-control study of risk factors associated with development of vaccine-associated sarcomas in cats », J Am Vet Med Assoc, vol. 223, no 9, , p. 1283–92 (DOI 10.2460/javma.2003.223.1283).
  12. (en) « Feline vaccine-associated fibrosarcoma: morphologic distinctions », Vet Pathol, vol. 39, no 1, , p. 33–41 (DOI 10.1354/vp.39-1-33).
  13. Marie-Odile Semin, « Les lésions du complexe fibrosarcome félin : étude histopathologique et immunohistochimique », sur oatao.univ-toulouse.fr, École nationale vétérinaire de Toulouse, (consulté le ).
  14. (en) O'Rourke, Kate, « Researchers probe vaccine-associated feline sarcoma », Journal of the American Veterinary Medical Association, vol. 225, no 6, (lire en ligne, consulté le ).
  15. 1 2 (en) « Prognosis for presumed feline vaccine-associated sarcoma after excision: 61 cases (1986-1996) », J Am Vet Med Assoc, vol. 216, no 1, , p. 58–61 (DOI 10.2460/javma.2000.216.58).
  16. (en) « Feline injection-site sarcoma: past, present and future perspectives », Veterinary Journal, vol. 188, no 2, , p. 136–41 (DOI 10.1016/j.tvjl.2010.04.025).
  17. 1 2 (en) Martin M, « Vaccine-associated fibrosarcoma in a cat », Can Vet J, vol. 44, no 8, , p. 660–3.
  18. (en) « Aberrant p53 expression in feline vaccine-associated sarcomas and correlation with prognosis  », Vet Pathol, vol. 42, no 6, , p. 805–11 (DOI 10.1354/vp.42-6-805).
  19. (en) « Canine and Feline Vaccination Guidelines », UC Davis School of Veterinary Medicine (consulté le ).
  20. (en) Diane R. Eigner, « Feline Vaccine Guidelines », The Winn Feline Foundation (consulté le ).
  21. Le vaccin FVRCP est un vaccin combiné qui protège contre plusieurs maladies : la rhinotrachéite infectieuse féline, le calicivirus félin et la panleucopénie
  22. (en) « VAFSTF Vaccine Site Recommendations », Vaccine-Associated Feline Sarcoma Task Force of the American Association of Feline Practitioners (AAFP), American Animal Hospital Association (AAHA), American Veterinary Medical Association (AVMA), and Veterinary Cancer Society (VCS) (consulté le ).

Articles connexes

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Liens externes

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