Doris Stevens
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Doris Stevens, née le et morte le , est une suffragette et une féministe américaine.
Elle est condamnée à 60 jours de prison en 1917 avec d'autres Silent Sentinels pour avoir tenté de présenter une pétition au président Wilson en faveur de l'obtention du droit de vote aux femmes ; elle est l'autrice de Jailed for Freedom (1920).
Biographie
[modifier | modifier le code]Jeunesse
[modifier | modifier le code]Doris Stevens naît en 1888 à Omaha, Nebraska, d'Henry Henderbourck Stevens et de Caroline D. (née Koopman), immigrée originaire des Pays-Bas. Son père est pasteur de l'Église réformée néerlandaise pendant quarante ans. Doris Stevens est l'une des quatre enfants du couple. En 1905, elle est diplômée de l'Omaha High School, puis de l'Oberlin College in 1911[1].
Suffrage
[modifier | modifier le code]Après avoir été enseignante et travailleuse sociale[2], elle s'engage dans la lutte pour le droit de vote des femmes et pour leurs droits juridiques. Après avoir obtenu son diplôme, elle s'installe à Washington, D.C., et rejoint la National American Woman Suffrage Association (NAWSA) en tant qu'organisatrice régionale[3]. Elle travaille dans cette organisation, qui devient le National Woman's Party jusqu'en 1920[1].
Militantisme
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En 1913, Alice Paul convainc Stevens de prendre part au piquet de grève de juillet devant le Sénat à Washington. Elle est recrutée par la NAWSA et affectée comme secrétaire exécutive à la nouvelle organisation créée par Alice Paul, la Congressional Union for Woman Suffrage (CUWS) de Washington D.C[4],[5]. Puis Stevens devient la responsable nationale chargée de mobiliser les femmes des États où elles ont le droit de voter, pour leur demander de s'opposer à tout candidat opposé au droit de vote des femmes au Congrès. Stevens se rend au Colorado, New York City, Newport, Rhode Island[2].
À San Francisco, Charlotte Anita Whitney et Stevens préparent le congrès de la CUWS organisé dans le cadre de l'Exposition Panama-Pacifique de 1915[2]. Au siège de la CUWS, Stevens évoque la stratégie consistant à utiliser un « sourire qui vaut un million de voix », affirmant : « Souriez aux hommes et ils vous donneront leur voix. Ayez l'air sévère et ils ne le feront pas », a-t-elle déclaré[6].
Au début de l'année 1916, Stevens annonce que la CUWS s'est implantée dans vingt-deux États et qu'elle prévoit de recruter des déléguées pour chacune des 435 circonscriptions de la Chambre des représentants. L'objectif qui leur est fixé est de former des comités qui vont faire pression sur les élus pour qu'ils soutiennent le droit de vote et de leur faire prendre conscience que leurs électeurs sont favorables au droit de vote aux femmes.
Le , la CUWS devint le National Woman's Party (NWP), dont le seul objectif est d'obtenir un amendement constitutionnel en faveur du suffrage universel féminin[3]. Après s'être rendue à Chicago, puis dans le Colorado. En octobre, Stevens organise et dirige la campagne électorale du NWP en Californie en octobre.
Arrestation et prison
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En janvier, une délégation de membres de la NWP rencontre le président Woodrow Wilson. L'entretien ne fait pas progresser la cause du suffrage. La NWP décide alors que des suffragettes vont manifester chaque jour devant la Maison-Blanche, en organisant des piquets de grève à la manière de Silent Sentinels jusqu'à ce que Wilson reconnaisse l'importance de leur cause[7]. Ces femmes tiennent leur poste pendant plus d’un an, bravant les intempéries et la menace d’une arrestation[8]. Stevens fait partie des manifestantes. Elle est arrêtée avec quinze autres femmes pour avoir manifesté devant la Maison-Blanche le jour de la fête nationale française, en juillet 1917. Elles sont accusées d’entraver la circulation sur le trottoir. Elles purgent trois jours de leur peine de 60 jours à la maison de correction d'Occoquan avant d'obtenir une grâce du président Wilson[2]. Les femmes sont placées parmi la population carcérale, sans aucun accessoire d'hygiène.
Jailed for Freedom
[modifier | modifier le code]En 1920, Stevens publie Jailed for Freedom, le récit vécu de son emprisonnement, celui des militantes du NWP et leurs conditions de détention très difficiles[9],[10]. L'ouvrage ré-édité en 1995 a également été publié en édition du centenaire en 2020.
Vie privée
[modifier | modifier le code]Stevens rencontre son premier mari Dudley Field Malone (en), un avocat qui la défend au sujet des manifestations devant la Maison-Blanche. Ils se marient en 1921. Ils divorcent en 1929. Elle épouse le journaliste Jonathan Mitchell en 1935. Stevens conserve son nom de naissance lors de chaque union.
Stevens meurt le à New York City, deux semaines après avoir subi un AVC.
Publication
[modifier | modifier le code]- (en-US) Jailed for freedom, New York, Boni and Liveright, (lire en ligne).

Références
[modifier | modifier le code]- 1 2 Gotwals 2007.
- 1 2 3 4 (en-US) « Turning Point Suffragist Memorial » Doris Stevens (1888 [1892?] – 1963) » (consulté le )
- 1 2 Simkin 1997.
- ↑ Adams et Keene 2014, p. 16.
- ↑ Adams et Keene 2014, p. 16.
- ↑ (en-US) « Woman's Smile Is Getting Her the Vote », Fort Wayne Sentinel, , p. 8
- ↑ Stillion Southard 2007, p. 399-400.
- ↑ Stillion Southard 2007, p. 407.
- ↑ (en-US) Louise Bernikow, « Night of Terror Leads to Women's Vote in 1917 », sur Women's eNews, (consulté le )
- ↑ (en-US) « History », sur Workhouse Arts Center (consulté le )
Bibliographie
[modifier | modifier le code]- (en-US) Candice Lewis Bredbenner, A nationality of her own : women, marriage, and the law of citizenship, University of California Press, , 294 p. (ISBN 978-0-520-20650-2 et 0520206509, lire en ligne)..
- (en-US) Jenny Gotwals, « Stevens, Doris, 1888-1963. Papers of Doris Stevens, 1884-1983 (inclusive), 1920-1960 (bulk) : A Finding Aid », Papiers et documents de Doris Stevens en anglais, espagnol, français et portugais, sur Radcliffe Institute for Advanced Study, Harvard University, (consulté le ).
- (en-US) Katherine H. Adams et Michael L. Keene, After the Vote Was Won : The Later Achievements of Fifteen Suffragists, McFarland, , 208 p. (ISBN 0786456477 et 9780786456475, lire en ligne).
- (en-US) John Simkin, « Doris Stevens », sur Spartacus Educational, (consulté le ).
- (en-US) Belinda A. Stillion Southard, « Militancy, Power, and Identity : The Silent Sentinels as Women Fighting for Political Voice », Rhetoric & Public Affairs, Michigan State University Press, vol. 10, no 3, , p. 399-417 (lire en ligne).
