Bretagne
| Bretagne Breizh (br) / Bertègn (fr-gallo) | |
Blason de la Bretagne. |
Drapeau de la Bretagne. |
Localisation en Europe de la Bretagne. | |
| Administration | |
|---|---|
| Pays | |
| Statut | Entité géographique et culturelle |
| Territoires actuels | Région Bretagne Loire-Atlantique |
| Villes principales | Brest Lorient Nantes Quimper Rennes Saint-Brieuc Saint-Malo Saint-Nazaire Vannes |
| ISO 3166-2 | FR-BREFR-44
|
| Démographie | |
| Gentilé | Breton |
| Population | 4 829 968 hab. (2021) |
| Densité | 142 hab./km2 |
| - Région Bretagne | 3 371 200 hab. (2021) |
| - Loire-Atlantique | 1 458 768 hab. (2021) |
| Géographie | |
| Coordonnées | 48° nord, 3° ouest |
| Superficie | 34 023 km2 |
| - Région Bretagne | 27 208 km2 |
| - Loire-Atlantique | 6 815 km2 |
| Divers | |
| Devise (de facto) | « Potius mori quam fœdari » (la) « Kentoc'h mervel eget bezañ saotret » (br)(« Plutôt la mort que la souillure ») |
| Hymne | Bro gozh ma zadoù |
| Langues | français, breton, gallo |
| Domaine internet | .bzh[n. 1] |
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La Bretagne (/bʁətaɲ/[1] ⓘ ; en breton : Breizh /ˈbrɛjs/[2] ; en gallo : Bertègn), dérivé du latin Britannia, est une région historique et culturelle du Nord-Ouest de la France, et une des six nations dites celtiques. La péninsule qu'elle occupe est située entre la Manche au nord, la mer Celtique et la mer d'Iroise à l'ouest et le golfe de Gascogne au sud. Elle forme ainsi le sommet Nord-Ouest de la France hexagonale.
À la fin de l'Empire romain, elle connaît un afflux de population dû à une immigration[3],[4] de Bretons insulaires dans une partie de l'ancienne Armorique, qui vont influencer durablement sa culture. Ceux-ci fondent un royaume[5] éphémère au IXe siècle, qui devient ensuite le duché de Bretagne[6] dépendant du royaume de France. Réunie à la couronne de France en 1532, elle intègre le domaine royal et devient une province française, jusqu'à sa partition administrative en 1790 en cinq départements : Côtes-du-Nord, Finistère, Ille-et-Vilaine, Loire-Inférieure et Morbihan.
Ses habitants sont les Bretons, qu'ils désignent soit ceux de la région historique, soit ceux de la région administrative actuelle, nom dérivé du latin Britones. Son nom breton, Breizh (sans article ; prononcer [brɛjs] en breton unifié KLT, [brɛχ] en breton vannetais), est orthographié avec un « ZH » pour rassembler l'ancienne écriture existant pour le Nord et l'Ouest (Breiz) avec celle du Sud (Breih). Le mot « Bretagne », depuis le mot breton « Breizh », est ainsi couramment abrégé en « BZH ». En gallo, l'autre langue romane de Bretagne (outre le français et le poitevin), son nom est Bertègn (graphie ABCD et Aneit), Bertaèyn (graphie ELG) ou B·rtingn (graphie dominante en Ille-et-Vilaine de la graphie MOGA)[7].
Le nom « région Bretagne » a été donné à la région administrative composée des quatre départements des Côtes-d'Armor, du Finistère, d'Ille-et-Vilaine et du Morbihan.
Le département de la Loire-Atlantique fait partie de la région Pays de la Loire ; la question de son rattachement à la région Bretagne fait l'objet de débats[8].
Étymologie
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Le nom de Bretagne est issu du latin Brittania (parfois écrit Britannia)[9]. Ce mot est utilisé dès le Ier siècle par les Romains pour désigner la Bretagne insulaire (Grande-Bretagne) et, plus précisément, la province romaine de Bretagne. Les îles Britanniques sont connues des peuples méditerranéens plusieurs siècles avant la conquête romaine, sous les noms d'Hierne (l'Irlande) et d'Albion (La Grande-Bretagne). À la fin du VIe siècle av. J.-C., l'explorateur carthaginois Himilcon atteint leurs côtes. Deux siècles plus tard, Pythéas navigue à son tour dans les eaux britanniques[10]. Il désigne les îles Britanniques[11] comme « îles Prétaniques »[12] (αἱ Βρεττανίαι soit ai Brettaníai et Pretannike (en). Les peuples de ces îles sont désignés comme Πρεττανοί (Prettanoí), Priteni, Pritani ou Pretani, peut-être transmis à Pythéas par les gaulois[13] et peut-être de même étymologie que πρυτανεία (prytania : « élite », qui est aussi l'une des significations possibles du mot « celtes »[14]). Ces noms deviennent « îles Britanniques » chez Strabon[15], Ératosthène, Polybe[16].
Les habitants de Prittanike étaient appelés Πρεττανοι, Pritteni ou Prettani[17]. L'étymologie du radical Prittan- (Brittan-) est obscure ; cependant, elle est probablement celtique. C'était peut-être celle utilisée par les Gaulois pour désigner les habitants des îles[18].
Après la chute de l'Empire romain d'Occident et au fur et à mesure que des Bretons s'installèrent sur le continent en Armorique occidentale, à savoir l'Ouest de l'ancienne province romaine de Lyonnaise troisième, le nom de la terre britannique originelle des Bretons se substitua aux anciennes dénominations, sans toutefois remplacer totalement celui d'Armorique. Il s'imposa définitivement vers la fin du VIe siècle et peut-être même dès la fin du Ve siècle[19]. Grégoire de Tours est le premier à parler de Bretagne (ou des Bretagnes) pour désigner la Bretagne continentale lors de la rédaction de ses Histoires entre 573 et 594[20]. Par la suite, on parle de Britannia Minor[21] ou de Britannia pour désigner le territoire sous le contrôle des Bretons.
Breizh, le nom breton de la Bretagne, vient, lui, d'un ancien Brittia[22].
Le terme Armorique est encore utilisé pour désigner la Bretagne, même s'il désignait à l'origine un ensemble beaucoup plus vaste. Il est probablement issu du gaulois aremorica qui signifie sans doute « proche de la mer »[23]. L'analogie avec le breton ar mor (« mer ») est anachronique, mais est justifiée partiellement sur le plan étymologique, le terme désignant la mer, mor(i), étant identique en gaulois et en brittonique. Une troisième dénomination, Letauia (en français Létavie, en breton moderne Ledav, Ledaw), a été utilisée jusqu'aux XIe et XIIe siècles. Il procéderait d'une racine celtique signifiant « large et plat », « s'étendre », « déployer » et se perpétue dans le gallois Llydaw qui se réfère toujours à la Bretagne continentale[24].
Histoire
[modifier | modifier le code]Préhistoire
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Les plus anciennes traces d'occupation ont été retrouvées dans la moyenne vallée de la Vilaine, identifiées sous la forme de galets aménagés dans une carrière située à Saint-Malo-de-Phily[25].
La Bretagne est peuplée par l'Homme dès le Paléolithique inférieur avec une population néandertalienne qui ne se distingue pas de celle du reste de l'Europe occidentale, et qui est sans doute peu nombreuse. Sa seule spécificité est l'existence d'un faciès particulier, le Colombanien[26], centré sur Carnac. C'est l'un des plus anciens foyers connus au monde, datant d'environ 450 000 ans, qui a été découvert à Menez Dregan à Plouhinec[27].
Les premiers homo sapiens arrivent en Bretagne vers 54 000 ans[28].
Le Paléolithique supérieur est marqué par l'occupation dont la plus ancienne reconnue actuellement est celle d’Enez-Amon-ar-Ross (Kerlouan), qui pourrait être attribuée au Châtelperronien[29].
Au Mésolithique récent s'amorce une tendance à la sédentarisation, notamment dans les sites de Téviec et d'Hœdic[30].
L'agriculture arrive en Bretagne au VIe millénaire av. J.-C.[31].
Cela se traduit par l'apparition d'une architecture mégalithique, tels que le Grand menhir brisé d'Er Grah[32].
Protohistoire celtique
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- Osismes
- Vénètes
- Coriosolites
- Riedones
- Namnètes
Au Ve siècle av. J.-C., la Bretagne est touchée par la seconde vague d'expansion celtique (civilisation de La Tène). Les Celtes imposent leur langue et leurs coutumes. Ils font découvrir le fer aux populations locales tandis que l'agriculture se développe. Le territoire breton est occupé par cinq peuples principaux[33],[34] :
- les Coriosolites, dont le territoire se situe dans l'Est de l'actuel département des Côtes-d'Armor, l'Ouest de l'Ille-et-Vilaine et le Nord-Est du Morbihan et qui ont donné leur nom à la ville de Corseul ;
- les Namnètes, qui résident dans l'actuel département de la Loire-Atlantique, au nord de la Loire, dans la région des Pays de la Loire. Ils ont donné leur nom à la ville de Nantes ;
- les Osismes, qui sont localisés dans l'actuel département du Finistère et la partie ouest des Côtes-d'Armor et du Morbihan ;
- les Riedones, qui résident dans l'Est de l'actuel département d'Ille-et-Vilaine. Ils ont donné leur nom à la ville de Rennes ;
- les Vénètes, qui se situaient dans l'actuel Morbihan, apparentés au peuple du Gwynedd. Ils ont donné leur nom à la ville de Vannes (Gwened en breton).
On peut rajouter à ces peuples les Ambilatres, qui résident dans le Sud de la Loire-Atlantique et le Nord de la Vendée, mais leur localisation n'est pas certaine[35].
Ces peuples ont de fortes relations économiques avec les Celtes de l'île de Bretagne, notamment pour le commerce de l'étain. Selon Jules César, ces peuples armoricains comprennent « les Coriosolites, les Riedones, les Ambibarii, les Calètes, les Osismes, les Lémovices et les Unelles »[36]. L'emploi du terme Lémovices résulte sans doute d'une erreur pour Lexoviens. Ces peuples recouvrent un territoire bien plus large que la Bretagne actuelle allant de l'estuaire de la Loire à celui de la Seine, bien que les Calètes se situent directement au nord de l'estuaire de ce fleuve. Une vaste portion de côte entre les Lexoviens et les Unelles est occupée par le peuple armoricain des Bajocasses que César ne mentionne pas.
Antiquité gallo-romaine
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Le territoire de la future Bretagne, comme toute l'Armorique, est conquis par les Romains lors de la guerre des Gaules au Ier siècle de notre ère. Les peuples de la péninsule armoricaine forment désormais cinq cités, toutes dotées d'un chef-lieu créé par le nouveau pouvoir : Carhaix pour les Osismes ; Vannes pour les Vénètes ; Corseul pour les Coriosolites ; Nantes pour les Namnètes ; Rennes pour les Riédons. Parcourue par un réseau routier et desservie par les voies maritimes, la région s'insère dans les circuits commerciaux de l'Empire. La péninsule bénéficie de la paix romaine. La romanisation est partielle puisque la langue gauloise et les anciennes traditions religieuses sont en partie conservées. Les divinités celtiques sont intégrées au panthéon romain[37].
La romanisation de l'Armorique s'étala sur trois siècles, avec le développement des routes, villae, ainsi que de la séduction des notables et élites[38]. Cette romanisation amènera aussi la religion romaine non sans difficultés,[pas clair] c'est donc un syncrétisme religieux qui se produisit, les dieux Jupiter et Mercure sont assimilés aux divinités locales, Taranis pour Jupiter par exemple[38].
Migration bretonne et fondation de la Bretagne continentale
[modifier | modifier le code]À la fin du Ve siècle, les Bretons de l'île de Bretagne (Grande-Bretagne actuelle) migrent en Armorique occidentale avec leurs coutumes, leur langue et leur religion via notamment une christianisation des populations[39].
Leur présence étant organisée antérieurement pour la défense de l'Empire romain face aux migrations germaniques[pas clair].
La thèse selon laquelle cette migration aurait eu pour cause la pression des envahisseurs anglo-saxons a pour origine le De excidio de Gildas. On sait aujourd'hui que ces causes sont multiples car ancrées dans le contexte de l'époque, comme le notent André Chédeville et Hubert Guillotel[40] : « Finalement, les causes de l'émigration sont complexes. À côté de l'émigration organisée, à caractère militaire, peu nombreuse, mais qui ouvrit la voie aux autres, il faut tenir compte de celle qui fut engendrée par l'insécurité, due pendant longtemps aux Irlandais, puis, plus tard, aux Saxons. Il ne faut pas négliger non plus l'impact des guerres civiles qui déchiraient les Bretons, dont Gildas s'est fait l'écho et dont il faudrait savoir si leur origine était purement politique. »
Moyen Âge
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Ainsi, la légende des Sept saints fondateurs s'avère procéder d'une construction littéraire et hagiographique tardive, forgée à partir du XIe siècle, par des moines et ermites venus du Pays de Galles et de Cornouailles vers les Ve siècle et VIe siècle, à l'époque de l'émigration bretonne en Armorique. Cette littérature hagiographique procède de la volonté de donner une origine chrétienne à des éléments païens[41]
D'après l'hagiographie bretonne, la Bretagne du haut Moyen Âge était divisée en deux, puis trois royaumes[42] — la Domnonée, la Cornouaille et le Broërec (initialement appelé Bro Waroch) — qui furent réunis sous l'autorité de rois puis des ducs de Bretagne[43] au IXe siècle.
Nominoë, souverain de Bretagne de 845 à 851, est à l'origine de la naissance d'une Bretagne unifiée et indépendante, d'où le qualificatif de père de la Patrie (Tad ar Vro en breton) qu'Arthur de La Borderie lui attribue en 1898[44].
Cette Bretagne s'érige au IXe siècle sous le roi Erispoë, fils de Nominoë en un royaume unifié[43] : le royaume de Bretagne. Le traité d'Angers, en , en définit les limites. Le traité d'Angers vole en éclats sous le roi Salomon qui repart en guerre contre Charles II le Chauve aux prises avec les Vikings. Grâce aux conquêtes du roi Salomon, au traité d'Entrammes (863) et à celui de Compiègne (867), la Bretagne atteint alors son extension maximale et comprend l'Avranchin, le Cotentin, les îles Anglo-Normandes, une bonne partie du Maine et de l'Anjou. Après l'assassinat de Salomon, par Gurwant et Pascweten, en 874, la monarchie bretonne connait une crise ; ces derniers se partagent le Royaume et font appel à des mercenaires vikings.
Le royaume est déstabilisé par les occupations et les incursions vikings au début du IXe et Xe siècles[45],[46].
La Bretagne perd ses dernières conquêtes sur l'Anjou, le comté du Maine et la Neustrie. En 909, à la suite de la mort d'Alain Ier le Grand, roi de Bretagne, Foulque Ier d'Anjou reçoit le comté de Nantes (comté qui avait définitivement acquis le pays de Retz sur le Poitou). Ce dernier est repris aux Vikings par le duc Alain II de Bretagne en 937[47].
Dès la fin du XIIIe siècle (et bien avant l'union du duché de Bretagne au royaume de France), l'administration ducale abandonne le latin au profit du français, sans passer par le breton. Jusqu'au XIIIe siècle, les actes administratifs et juridiques sont rédigés en latin, puis le français concurrence le latin dans les actes de la chancellerie[48],[49].
À l’initiative de l’abbé Jean de Landévennec, avec l’aide d’une troupe de Bretons exilés et d’Anglais[50], le duc Alain II de Bretagne, dit Barbetorte, débarque en 936 en Bretagne près de Dol-de-Bretagne, puis attaque un camp viking qui pourrait être le camp de Péran[51],[52]. Il combat les Normands à Plourivo avant de se replier , et marcher sur la Loire et Nantes et de les en chasser en 937[53],[54]. Cependant, aucun texte d'époque ni aucune trace archéologique ne mentionne l'existence d'une telle bataille à Plourivo[55]. Il est reconnu comme « Brittonum dux » en 938[56], mais, pour Jean-Christophe Cassard, Alain Barbetorte et ses successeurs continueront à être considérés comme des rois par leur peuple[57].
En Bretagne, les ducs continuent d'exercer les prérogatives royales de leurs prédécesseurs[58] et maintiennent des alliances, tant avec la famille royale française qu'avec la famille royale anglaise, par des mariages le plus souvent avec des princesses de noblesses respectives. La Bretagne constitue un fief, ou un arrière-fief, du royaume de France ou du royaume d'Angleterre — hommage rendu au roi de France (942), puis aux comtes d'Anjou ou de Blois, aux rois d'Angleterre et ducs de Normandie (de 1030 à 1200), de nouveau au roi de France à partir de 1203 (avec Guy de Thouars), puis aux rois d'Angleterre de 1341 à 1396[59],[60].
Fils aîné de Richard d'Étampes et petit-fils du duc Jean IV, François II de Bretagne devint duc à la mort de son oncle Arthur III (le connétable de Richemont), le 26 décembre 1458. Il était aussi le gendre du duc François Ier, mort en 1450. Cherchant à obtenir l'indépendance de son duché, il s'arroge certains attributs de la souveraineté et chercha à constituer une alliance offensive avec l'Angleterre et la Bourgogne. L'alliance est aussi fragile que la Ligue du bien public dirigée contre Louis XI, à laquelle, en 1465, François II n'avait apporté qu'un concours insuffisant et tardif. François II est abandonné de ses alliés en 1468. Il doit, par le traité d'Ancenis, abandonner au roi ses droits en Normandie. En 1481, François II conclut à nouveau un traité d'alliance avec l'Angleterre, traité qui stipule le mariage de sa fille Anne avec un prince anglais. Cette politique ne parvient qu'à diviser les Bretons, parmi lesquels un fort parti français est animé par quelques-uns des principaux barons du duché. Sachant que sa fille Anne hériterait la Bretagne, le duc tente de marier rapidement la princesse ; il songe notamment à un mariage avec Maximilien de Habsbourg. Louis XI puis Charles VIII contrecarrent ce dessein avec deux expéditions royales, en 1487 et 1488. La victoire française à Saint-Aubin-du-Cormier, le , contrait François II à s'engager à ne pas marier Anne sans le consentement du roi (traité de Sablé dit « traité du Verger », ). Le duc moureut peu après[61].
L'historien américain Eugen Weber pointe en ces termes les conséquences de la défaite de Saint-Aubin-du-Cormier : « Après l’union forcée avec la France, les villes bretonnes furent envahies par des Français qui écrasèrent ou même remplacèrent les commerçants locaux, francisèrent les gens qu’ils employaient ou touchaient d'une autre façon. Les ports du roi comme Lorient ou Brest étaient des villes de garnison en territoire étranger et le terme de colonie était fréquemment employé pour les décrire[62] ».
La guerre reprend pour une durée de trois ans sur le prétexte du non-respect des clauses du traité lors du premier mariage d'Anne de Bretagne[n. 2], jusqu'à ce qu'en , Charles VIII épouse Anne de Bretagne. Le roi de France affermit son autorité sur la Bretagne.
La Bretagne est divisée en sept comtés : Rennes, Nantes, Vannes, Cornouaille, Léon, Guingamp et Penthièvre[63].
Époque moderne
[modifier | modifier le code]En 1532, l'union perpétuelle entre le Duché et le Royaume est reconnue par les états de Bretagne convoqués à Vannes[64].
Les projets de départementalisation
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Durant la Révolution française, les privilèges des provinces sont abrogés dans la nuit du 4 août 1789[65].
La Révolution française amène la disparition d'une unité politique en Bretagne. Le parlement de Bretagne est dissout le , les États de Bretagne le sont deux jours plus tard[66], et d'autres institutions comme la chambre des comptes de Bretagne suivent les années suivantes. La province laisse place à partir de 1790 à cinq départements qui recoupent les divisions existantes de la province : Côtes-du-Nord, Finistère, Ille-et-Vilaine, Loire-Inférieure et Morbihan. L'idée d'un sixième département formé autour de Saint-Malo est un temps envisagée[67], mais est finalement délaissée[68].
C'est sur un exemplaire d'une carte de Bretagne, dessinée par le géographe Jean-Baptiste Ogée, en 1771, que les députés bretons délimitent et approuvent la création des cinq nouveaux départements[69].
La partition administrative de la Bretagne
[modifier | modifier le code]Un décret du d'Étienne Clémentel, ministre du Commerce et de l'Industrie de Georges Clemenceau, instaure 15 groupements d'intérêts régionaux autour des principales chambres de commerce. Dans ce découpage, les villes de Rennes et Nantes ont toutes les deux leur propre groupement, ce qui entraine la partition administrative de la Bretagne[70].
Sous le gouvernement de Vichy, le découpage de la France en « provinces », défini par le Conseil national en , établit une province de Bretagne en cinq départements, dont les limites suscitent un arbitrage du maréchal Pétain, mais qui n'a guère d'existence effective[71]. Ces découpages sont abolis à la Libération : les préfets régionaux disparaissent en [72].
En 2018, la ville s'engage à créer une instance demandant à l'État l'organisation d'une consultation citoyenne sur la réunification. En , le conseil municipal de Nantes a adopté un vœu demandant à l'État d'organiser une consultation citoyenne sur le rattachement de la Loire-Atlantique à la Région Bretagne. Au total, une trentaine de collectivités ligériennes et bretonnes ont adopté des vœux similaires[73].
En 2024, un rapport co-commandé par la région Bretagne et le département de Loire-Atlantique confirme qu’un rattachement n'impacterait pas le fonctionnement du département puisque ses compétences et son périmètre d'action n'évolueraient pas, à la différence de la région Bretagne[74].
Plusieurs associations militent pour le retour à la Bretagne de la Loire-Atlantique. Il y a B5, Comité pour l’unité administrative de la Bretagne[75],[76], « Bretagne-Europe »[77], « Breizh 5/5 »[78], « À la Bretonne ! »[79],[80],[81].
Le CELIB (Comité d'étude et de liaison des intérêts bretons), créé en 1950 sous la houlette du journaliste Joseph Martray, influe sur la création d'une reconnaissance des régions dans un cadre européen. Sous le gouvernement d'Edgar Faure en 1956, la création des « régions de programme » fait alors renaître la région Bretagne. Basé sur des considérations techniques, économiques et politiques, mais en rien historiques, ce redécoupage crée une région administrative appelée Bretagne avec seulement quatre départements, la Loire-Inférieure étant rattachée à la région des Pays de la Loire. La loi de régionalisation de 1972 prévoit qu'avant le , les conseils généraux peuvent saisir le gouvernement de propositions tendant à la modification des limites ou du nom des régions. Toutefois l'unanimité des conseils généraux est nécessaire. Or, pour conserver une bonne centralité à la ville de Nantes, le conseil général de la Loire-Atlantique demande, en 1973, que les régions de la Loire-Atlantique et de Bretagne soient unifiées. Tenant le même raisonnement pour Rennes, le conseil général d'Ille-et-Vilaine demande l'intégration de la Loire-Atlantique et de la Mayenne. Le conseil général de la Vendée opte pour le statu quo ; celui de la Sarthe veut son rattachement à la région Centre ; celui du conseil général de Maine-et-Loire réclame la création d'une région Val-de-Loire, alors que les départements des Côtes-du-Nord et du Finistère, demandent une région correspondant à la Bretagne historique[82].
Géographie
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La Bretagne possède 2 700 km de linéaire côtier (soit 30% du linéaire français métropolitain)[83],[84].
Climat
[modifier | modifier le code]Le climat océanique est extrêmement doux, spécialement le long des côtes, avec des différences de températures entre l'été et l'hiver d'environ 15 °C. Cependant ces différences de températures varient en fonction de la proximité du littoral. Le vent de nord-ouest (noroît en français, gwalarn en breton) domine dans le Nord. En dépit des préjugés, le climat breton n'est pas mauvais. Si les jours de précipitations sont un peu plus fréquents que dans la moyenne française, les cumuls eux (bien que variables notamment selon que la région soit côtière ou non) sont similaires au niveau national. Les monts d'Arrée, malgré un relief peu marqué, sont à distinguer puisque les précipitations augmentent sensiblement. Sur le littoral sud, de Lorient à Pornic, l'ensoleillement annuel est supérieur à deux mille heures par an[85]. En comparaison, à l'Ouest de la région, Brest se classe régulièrement parmi les grandes villes les moins ensoleillées de France[86], avec à peine plus de mille cinq cent heures par an[87].
Paysage
[modifier | modifier le code]Il existe quatre types de paysage dominant en Bretagne :
- le bocage : les zones de bocage constituent le « fonds du paysage[88] » de l'Ouest de la France, avec un parcellaire délimité par des haies bocagères pluristratifiées[89] à talus[90]. Bien qu'elle ait perdu 12 % de linéaire bocager entre 1996 et 2008, la Bretagne est encore dominée aux deux tiers par des paysages bocagers en 2015 (15,5 % de bocage dense et prairies sur collines, 11,4 % de bocage à maille élargie, 12,7 % de plateaux avec paysages ouverts et bocage résiduel, 8, 4 % de plateaux avec talus ou haies basses, 22,4 % de plaines avec bocage à ragosse déstructuré)[91]. 40 % de la Bretagne est constituée d'un bocage au maillage serré[92] (sols granitiques à l’ouest de la région et au nord de l’Ille-et-Vilaine), 30 % de maillage intermédiaire[93] (zones schisteuses au sol plus fertile), 30 % de maillage lâche[94] (quart sud-est de la région)[95].
- les landes (formant avec les friches 2,6 % des paysages bretons)[96] : environ 30 000 ha au début du XXIe siècle[97].
- les forêts sont en recul depuis l'âge du fer, les espaces forestiers étant réduits à la portion congrue depuis longtemps[98]. Les forêts à dominante de feuillus ne représentant que 1,4 % des paysages bretons et les forêts à dominante de résineux 2 %[96].
- les marais : la Brière, le marais breton, le marais de Goulaine, lac de Grand-Lieu, marais de Muzillac.
L’urbanisation progresse constamment, sauf au centre de la région, mais « La meilleure façon de vivre en Bretagne est de se figurer le réseau des villes comme les différents quartiers d’une même agglomération, tout juste séparés par de splendides espaces verts. »[99].
À l'intérieur des terres, l'Argoat (« les bois »), landes, tourbières, bocages et forêts dessinent des paysages variés[100].
- Pointe du Raz (29).
- Roc'h Trevezel (29).
- Plage de Pénestin (56).
Démographie
[modifier | modifier le code]Au , la région Bretagne compte 3 476 000 d'habitants[101].
En 2019, les personnes âgées de 65 ans ou plus représentent 22,4 % de la population[102].
De fortes disparités existent entre les départements. Par exemple, la part des 65 ans ou plus varie de 18,0 % en Ille-et-Vilaine à 26,3 % dans les Côtes- d’Armor[103].
D’autre part, le nombre de personnes de 50 ans ou moins diminue. Le recul concerne en premier lieu les 25 à 34 ans, leur part étant passée de 13,6 % à 10,4 %[103].
Environnement
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La Bretagne fait partie des premières régions de France à s'intéresser aux paysages en tant qu'entité patrimoniale à reconnaître, ce qui lui vaut de bénéficier du classement du premier site français au titre du paysage : le , la commission départementale des Côtes-du-Nord (actuellement les Côtes d'Armor) classe l'île de Bréhat parmi les « sites et monuments naturels de caractère artistique » à préserver[104].
Faune
[modifier | modifier le code]La Bretagne présente une importante richesse ornithologique. Quatre grands sites permettent d'observer des colonies d'oiseaux.
La réserve de Falguérec, dans le golfe du Morbihan, est une zone protégée pour les oiseaux migrateurs, nicheurs ou endémiques. À l'automne, bernaches et spatules y font une halte sur le chemin de l'Afrique. De mars à septembre, les échassiers viennent s'y reproduire avant de partir pour le Sénégal. Aigrettes, hérons, cormorans vivent là toute l'année.
Guillemots et pingouins se rassemblent quant à eux, sur les falaises de la réserve ornithologique du cap Sizun, près de la pointe du Raz (ouverte de mai à la Toussaint).
Fragile et touchée à plusieurs reprises par les marées noires, la réserve des Sept-Îles, au large de Perros-Guirec, est désormais interdite au public. Mais un système de transmission vidéo permet d'observer les six mille fous de Bassan, huîtriers pie et autres fulmars depuis la station de l'île-Grande.
Ouessant est un site privilégié pour observer les nombreux oiseaux qui utilisent les côtes pour se guider au cours de leurs migrations. En effet à la pointe de Bretagne leur route effectue un virage très marqué que beaucoup ratent en raison des conditions météorologiques. Ouessant fonctionne alors comme une sorte de radeau de sauvetage qui leur donne une deuxième chance.
Flore
[modifier | modifier le code]Depuis 1990, le conservatoire botanique national de Brest a la charge de l'inventaire du patrimoine végétal de la région en vue de la préservation de la diversité biologique[105].
Géologie et sismicité
[modifier | modifier le code]Du point de vue géologique la Bretagne correspond à la partie occidentale du massif Armoricain, connu pour ses granites, pour les monolithes qui en ont été extraits et pour les paysages côtiers découpés que l'érosion marine y a sculpté. La géomorphologie actuelle de l'ancienne orogenèse varisque est due au morcellement et à l'érosion qui, le long des cassures et des failles, a creusé des vallées et séparé deux bombements de roches dures[106] : au nord les monts d'Arrée et au sud les montagnes Noires[107],[108].
La Bretagne est la troisième région la plus sismique de France[109] après la région Auvergne-Rhône-Alpes et l'Occitanie[110] : elle est régulièrement secouée par des séismes intraplaques de faible intensité, ne dépassant généralement pas une magnitude de 2 à 3. Plus de 500 séismes ont été recensés entre 2000 et 2014[111].
Les cartes de localisation des tremblements de terre indiquent l'existence d'une ceinture a forte densité de séismes, large d'environ 100 km et orientée NO-SE sur une distance de 600 km. Son activité apparaît concentrée sur ses bordures, qui délimitent un couloir central faiblement sismique et qui correspondent à une zone de forte production de chaleur crustale traduisant les épisodes successifs d'enrichissement de la croûte en éléments radiogéniques, liés à l'orogenèse cadomienne et à son érosion, puis aux derniers épisodes magmatiques de l'orogenèse hercynienne. Sa bordure orientale longe la faille de Quessoy-Nort-sur-Erdre (d'âge post-hercynien) jusqu'à la vallée de la Loire où elle présente une virgation vers l'Est. Sa bordure occidentale correspond à une zone comprise entre la ligne de côte et la branche sud du cisaillement sud-armoricain d'âge tardi-hercynien. Les failles hercyniennes ou post-hercyniennes les plus sismogènes sont localisées en bordure de domaines à forts contrastes rhéologiques déterminés par ces zones à forte production de chaleur crustale et qui guident la déformation de la croûte[112].
La définition de la profondeur de la zone sismogène comme marquant la limite au-dessus de laquelle se produisent 80 % des séismes indique que celle-ci est de l'ordre de 15 à 16 km dans le Massif armoricain, ce qui correspond à la zone de transition fragile-ductile définie par le début de la plasticité du quartz (300 °C, 15 km)[112].
Ces zones de transition sont associées à des failles réactivées par un flambage lithosphérique de grande longueur d'onde issue de l'orogenèse pyrénéenne et alpine (compression, en direction du Nord de l'Europe, de ces deux chaînes qui continuent de s'élever, d'environ 1 mm/an) et par la dorsale médio-atlantique (vitesse d'expansion de 2-3 cm/an) qui repousse la Bretagne et l'Europe vers l'est. Ces deux poussées font bouger le Massif armoricain vers le nord-est[113].
Transports
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Le port de Brest enregistre en 2023, un trafic de marchandises équivalent à 2,64 millions de tonnes, pour un chiffre d’affaires de 22 millions d’euros[114].
La mise en place, durant les années 1970, du plan routier breton (PRB)[115], impulsé par le général de Gaulle, allait considérablement désenclaver la région grâce à 10 045 millions de francs d'investissement sur 25 ans[116]. Plus de 1 000 km de voies à deux couloirs de circulation dans chaque sens ont été réalisés ou sont en cours de réalisation, multipliant par quatre le trafic routier breton ; ces voies sont exemptes de péage[117],[118].
Le réseau ferroviaire de la Bretagne est électrifié en 25 000 V alternatif à partir de 1987 (Rennes‑Saint‑Brieuc), Saint‑Brieuc‑Brest en 1989, Rennes‑Redon en 1991, Redon-Quimper en 1992, puis Plouaret-Lannion en 2000 et Rennes‑Saint‑Malo en 2005. En 2017, la ligne à grande vitesse Bretagne-Pays de la Loire est prolongée jusqu’à Rennes, mettant cette ville à seulement 1 h 25 de Paris[119].
Économie
[modifier | modifier le code]Pêche
[modifier | modifier le code]La Bretagne est la première région de la pêche française: pêche et industries connexes(entreprises de mareyage, entreprises de transformation). Elle dispose de plus d’une centaine de ports et 14 criées (sur 37 en France). Selon Franceagrimer 2020, elle représente 235 M€ de pêche fraîche débarquée: 41,4 % valeur totale de la pêche française[120]
Au début du XXIe siècle, la Bretagne représente la première région de pêche de France, totalisant 51 % de la production nationale en volume et près du tiers des premières ventes (29 % en 2008) de la pêche française selon les chiffres de l'Ifremer[121]. Une flotte de 1 448 bateaux embarquant près de 3 500 marins-pêcheur assure la moitié de la prise de poissons en France et les deux tiers de la production française de crustacés et de coquillages[122], ce qui représente un chiffre d'affaires de 317 millions d'euros en 2008[121]. La région compte douze quartiers maritimes et treize halles à marée[123].
Agriculture
[modifier | modifier le code]La Bretagne dédie l'essentiel de son territoire à l'agriculture et contribue à hauteur de 12 % à la production agricole française, ce qui la place au deuxième rang national après la Nouvelle-Aquitaine. Elle se consacre surtout à l'élevage et à la production de légumes. Près de 84 % des exploitations bretonnes font de l’élevage, notamment pour la production laitière. La Bretagne fournit également 58 % du tonnage national de viande porcine et 43 % du volume d’œufs. Ces productions sont directement liées aux « grandes cultures » (céréales et maïs, pour le bétail notamment) qui couvrent la plus grande part la surface agricole utile (SAU), c’est-à-dire l'ensemble des terres arables, des surfaces toujours en herbe et des cultures permanentes. Les surfaces en céréales et maïs diminuent légèrement depuis 2014 au profit des oléagineux (colza, lin) et protéagineux (pois, féveroles) qui malgré une très forte progression - probablement en raison des incitations à améliorer l'autonomie alimentaire des élevages - ne représentent encore que 0,5 % de la SAU[124].
Industrie
[modifier | modifier le code]L’industrie manufacturière représente 13 % de l’économie de la Bretagne. En 2023, la Bretagne a connu 15 ouvertures nettes de sites industriels. 126 sièges de start-up industrielles, soit 5 % des sièges des 2523 start-up industrielles françaises sont implantés dans la région[125].
Tourisme
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La région effectue "un travail remarquable pour désengorger les littoraux en communiquant sur le Cœur de Bretagne: ses lacs, ses villages, ses forêts", selon l'agence de communication numérique Nouvelle Lune[126], en s'inspirant des aspirations au tourisme durable de nombreux pays, selon Amélie Deloche, cofondatrice du collectif "Paye ton Influence"[126]. Une étude du Comité régional de tourisme de la Bretagne sur les nouvelles aspirations touristiques des Français a révélé que 4 vacanciers sur 5 prêtent une attention particulière à la préservation des sites qu’ils fréquentent[127]. et veulent consommer des produits locaux[127]. Dans cette région, beaucoup de responsables de petites communes veulent « élargir la fréquentation sur l'année », comme Léonie Ollivier, chargée de mission tourisme durable à la mairie de Bréhat[128].
Pôle de compétitivité
[modifier | modifier le code]Les trois grands pôles de compétitivité labellisés par l'État en 2005[129] :
- le pôle Mer Bretagne Atlantique[130] ;
- le pôle Images et Réseaux[131] ;
- le pôle Valorial[132], sur les sciences du vivant et l'agroalimentaire.
Politique
[modifier | modifier le code]La région Bretagne est administrée depuis les élections régionales de 2021 par la liste de Loïg Chesnais-Girard (PS)[133].
Courants régionalistes
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Certaines formations politiques prônent le régionalisme[134] ou le fédéralisme[135].
Il existe des partis nationalistes bretons, comme le Parti breton (PB), centriste[136].
Certains mouvements prônent l'indépendance tels que le mouvement Douar ha Frankiz, une organisation politique indépendantiste et anticapitaliste[137].
La question de la capitale
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À partir de 1651, le Parlement de Bretagne se réunit de manière permanente à Rennes, de facto, capitale de la Bretagne, à la suite de Nantes[138].
Le sentiment d'appartenance
[modifier | modifier le code]Seuls quelques sondages permettent d'avoir une idée du sentiment d'appartenance des Bretons. Selon des sondages réalisés en 2008[139], 2013[140] et 2018[141],[n. 3] voici comment se ventilait le sentiment d'appartenance des Bretons des quatre départements de Bretagne administrative pour le premier et de l'ensemble de la Bretagne historique pour les suivants :
| Seulement français | Plus français que breton | Autant français que breton | Plus breton que français | Seulement breton | Autre | Ne se prononce pas | Notes | |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 2008 | 9,3 % | 15,4 % | 50 % | 22,5 % | 1,5 % | 0,8 % | 0,5 % | Région Bretagne |
| 2013 | 18 % | 22 % | 45 % | 13 % | 0 % | 2 % | - | Région Bretagne et Loire-Atlantique |
| 2018 | 22 % | 17 % | 38 % | 14 % | 4 % | 4 % | 2 % | Région Bretagne et Loire-Atlantique |
Selon ce même sondage de 2018, le sentiment d'appartenance est supérieur pour les locuteurs d'une des langues régionales, à savoir le breton ou le gallo.
| Plus français que breton (dont seulement français) | Autant français que breton | Plus breton que français (dont seulement breton) | Autre | Part des locuteurs dans la population bretonne | |
|---|---|---|---|---|---|
| Bretonnants | 15 % | 51 % | 29 % | 4 % | 8 % |
| Gallésans | 30 % | 39 % | 28 % | 4 % | 6 % |
| Autres locuteurs | 41 % | 37 % | 16 % | 6 % | 86 % |
Selon un sondage organisé en 2014 par l'association Bretagne Culture Diversité, 86 % des personnes interrogées ont déclaré un fort attachement à la Bretagne[142].
Le sentiment des Bretons sur le statut de la Bretagne
[modifier | modifier le code]Selon le sondage réalisé en 2008[139] voici ce que pensaient les Bretons sur les pouvoirs politiques à accorder à la Bretagne :
- la Bretagne devrait avoir plus de pouvoir : 51,9 % ;
- statu quo : 31,1 % ;
- devrait devenir indépendante : 4,6 % ;
- devrait avoir moins de pouvoir : 1,6 % ;
- ne devrait pas avoir de pouvoir du tout : 1,4 % ;
- ne savent pas : 9,4 %.
En 2014, un sondage de l'Institut TMO Régions, 6,5 % sondés se disent attachés à la Bretagne et 86 % des personnes ayant déclaré être bretonnes assurent « qu'être breton est important » pour elles. Le sentiment de double appartenance est aussi élevé : 45 % se sentent autant bretons que français. 81 % considèrent que la Bretagne est une région, 13 % qu'elle est un pays et 4 % une nation[143].
Culture
[modifier | modifier le code]Langues
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La Bretagne est composée historiquement de deux aires linguistiques :
- la Basse-Bretagne ou Breizh Izel dans l'Ouest (correspondant aux départements du Finistère, de la majeure partie du Morbihan, de l'Ouest des Côtes-d'Armor, et dans le Sud, à la presqu'île de Guérande, en particulier l'enclave du Bourg-de-Batz (en Loire-Atlantique) où l'on rencontre une langue d'origine brittonique (apparentée au gallois et au cornique) connue sous le terme de breton ou brezhoneg ;
- la Haute-Bretagne ou Haote-Bertègn dans l'Est (Ille-et-Vilaine, Côtes-d'Armor est, Morbihan est, Loire-Atlantique) où l'on rencontre des dialectes d'oïl : le gallo, également le poitevin[144] dans le pays de Retz et le Vignoble. Le breton est aussi parlé minoritairement en Haute-Bretagne depuis le Moyen Âge[réf. nécessaire].
Le français est parlé en Bretagne par les élites depuis la fin du Moyen Âge ; il est également été adopté par l'administration des ducs de Bretagne depuis le XIIIe siècle[145],[49].
L'office de la langue bretonne compte en 2025 225 000 locuteurs actifs de plus de 2 ans[146].
Bien que le nombre de locuteurs ayant le breton pour langue maternelle diminue, ce dernier est la troisième langue celtique parlée au monde, après le gallois et l'irlandais. Les effectifs pondérés que fournit l'enquête Étude de l'histoire familiale, menée par l'Insee en 1999, sont de 257 000[147] bretonnants (ou « brittophones ») de plus de dix-huit ans sur les cinq départements bretons (et estimé à 290 000 sur l'ensemble de l'Hexagone[148]).
En Bretagne, la signalisation de localisation et de direction est souvent bilingue (français, breton), depuises années 1980. Elle est particulièrement dense dans les départements de la Bretagne occidentale (Finistère, Morbihan et ouest des Côtes-d'Armor)[149]. À l'entrée de centaines de bourgs et de villes, des panneaux d'agglomérations indiquent le nom de la commune dans les deux formes (Par exemple Rennes/Roazhon ou Gwened/Vannes)[150]. En localisation, il existe également des panneaux bilingues, comme à la limite des départements, pour les rivières, les cols, etc. Outre les départements, les communes sont de plus en plus nombreuses à installer elles-mêmes une signalisation bilingue directionnelle ou sur des plaques de rue. Citons par exemple : Lorient, Brest, Carhaix-Plouguer, Pluguffan, Quimper, Pontivy, Vannes, Quimperlé, Lannion, Guingamp, Rennes, Bruz, Redon[151]… La signalisation bilingue français-breton est parfois critiquée en pays gallo[152]. Les Bretons d'où qu'ils soient y sont pourtant très largement favorables : 3 personnes interrogées sur 4, selon un sondage publié en 2009[153].
La Ligue celtique considère la Bretagne comme l'un des six pays celtiques[154], au regard de la linguistique[155].
Au début du XXIe siècle, quelques chercheurs[156] collectent et éditent une série de bretonnismes, calques en français d'expressions bretonnes. On y trouve des mots de vocabulaire (« partir en riboul », « faire du reuz ») ou des expressions grammaticalement incorrectes en français mais correctes en breton (« du café tu auras ? »). L'un de ces ouvrages s'est vendu à plus de cent mille exemplaires.[réf. nécessaire]
Littérature et tradition orale
[modifier | modifier le code]La littérature traditionnelle est dominée par les gwerzioù, illustrant des histoires majoritairement tragiques ou tristes, avec un aspect fantastique[157].
Autre thème récurrent, celui des villes englouties (parfois enfouies) dont celui d'Ys la plus célèbre, qui met en scène Gradlon, roi de Cornouaille, et sa fille Dahud. Le mythe rapporte les conflits entre l'ancienne religion des Celtes et l'instauration du christianisme[158].
Le plus célèbre des collecteurs est Théodore Hersart de la Villemarqué qui au XIXe siècle a édité le fameux Barzaz Breiz[159] qui est une source d'inspiration fréquente des artistes bretons actuels avec la popularité de chants comme An alarc'h (le cygne), Silvestrig, Marv Pontkalleg (la mort de Pontcallec), etc. Parmi les collecteurs, il faut aussi citer François-Marie Luzel, le premier à appliquer une méthode scientifique à la collecte des chansons et des contes[160], ainsi que son disciple, l'écrivain et professeur de lettres Anatole Le Braz[161].
Voir aussi :
Musique, chant et danse
[modifier | modifier le code]La musique bretonne existe à travers différents festivals et festoù-noz[162] (fête de nuit) et fest-deiz (fête de jour)[163].
La danse traditionnelle bretonne est aussi très ancrée dans le paysage culturel breton ; « le fest-noz, rassemblement festif basé sur la pratique collective des danses traditionnelles de Bretagne » est ainsi inscrit, le , à la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'humanité de l'UNESCO[164].
La tradition de musique à danser, particulièrement en couple, comme pour le duo emblématique biniou (cornemuse bretonne) / bombarde[165]. Le kan ha diskan se pratique à plusieurs[166].
Les bagadoù qui, chaque année, participent à un championnat (à l'exception de celui de Lann-Bihoué, qui est une formation de la Marine nationale) et donne lieu à un classement[167].
Religion
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Bien avant les Celtes, les populations néolithiques érigent menhirs, cairns et tumuli, dont il nous reste les dolmens et les allées couvertes. Ces derniers ont un usage funéraire et cultuel avéré. La fonction des menhirs reste encore hypothétique, mais on leur attribue désormais un usage de marqueur territorial associé à des fonctions religieuses. La religion druidique se répand avec l'arrivée des Celtes, notamment en Gaule et dans les îles Britanniques. La domination de la péninsule par les Romains amène, comme partout en Gaule, mais avec moins d'emphase, la construction de nouveaux lieux de culte dont certains restent visibles en élévation (temple de Mars, à Corseul) et de statues du panthéon romain (Douarnenez, Corseul), quoique l'invention de plusieurs statues de type celtique indique la permanence des cultes précédents. À la fin de l'époque gallo-romaine, l'émigration bretonne en Armorique accentue l'implantation d'une nouvelle religion, le christianisme celtique, qui se diffuse, non à partir des villes comme c'est en général le cas en Gaule, mais davantage à partir d'abbayes, de prieurés, d'oratoires, etc.[168]. Cette diffusion originale explique que le paganisme côtoie pendant des siècles la religion dominante, plus ou moins paisiblement, créant un monde hanté par le surnaturel, les signes et « intersignes », en particulier à la jonction du tellurique et du céleste (hauteurs, fontaines, multiples croix de pierre). Survivent, surtout dans la population rurale, des pratiques religieuses alternatives au modèle clérical à travers lesquelles s'exprime pendant des siècles une « culture folklorique » superficiellement christianisée. Aujourd'hui encore, nombre de légendes et de traditions locales évoquent des pratiques druidiques[169].
La dispersion de l'habitat, la faible acculturation des campagnes à la culture écrite et la langue, pour la partie occidentale, constituent autant de données qui limitent l'imprégnation du protestantisme en Bretagne (Blain, Vitré…). Après les grands désordres de la Ligue, les pères Le Nobletz, Maunoir et Huby deviennent les figures emblématiques de la Contre-Réforme en Bretagne. Ils sont aussi à l'origine de l'usage d'images peintes de grand format — les tableaux de mission ou taolennoù — pour illustrer leurs prêches au cours d'innombrables missions qui se poursuivent jusqu'en 1957 en terre bretonnante, le Léon formant le pivot de leur succès[170].
Dans le contexte de la Contre-Réforme au XVIe siècle, chaque village cherche à rivaliser avec son voisin pour réaliser le meilleur clocher[171].
Les chrétiens de Bretagne sont très majoritairement catholiques. La sainte patronne de la Bretagne est sainte Anne (surnommée « Mamm gozh ar Vretoned », c'est-à-dire la grand-mère des Bretons), que des textes apocryphes et La Légende dorée de Jacques de Voragine présentent comme la mère de la Vierge Marie et donc la grand-mère de Jésus[172]. Le saint le plus vénéré est saint Yves (Erwan en breton) (1253-1303), prêtre et juriste qui consacra sa vie à défendre et soigner les pauvres (voir Saints bretons). La plupart des saints bretons ne figurent pas sur les listes pontificales parce qu'ils ne sont sanctifiés que par l'onction populaire, antérieurement à la réservation au seul pape du droit de canonisation en 1234, et loin de Rome.
Dans beaucoup de paroisses, une fois par an, les croyants se rendent au « pardon », la fête du saint de la paroisse. Le pardon commence souvent par une procession, suivie ou précédée d'une messe ; cette fête a toujours un côté païen, avec des échoppes proposant nourriture ou souvenirs. Un des plus célèbres pardon est celui dédié à saint Ronan, à Locronan, avec sa procession de 12 km, la « troménie » (du breton tro minic'hi, le tour de l'asile sacré du monastère)[n. 4], avec de nombreuses personnes en costume traditionnel. Le plus grand est celui dédié à sainte Anne (voir déesse celte Ana) à Sainte-Anne-d'Auray dans le Morbihan.
Le Tro Breizh est un pèlerinage qui conduisait les marcheurs en sept étapes au fil des sept cathédrales dédiées aux Saints fondateurs[173] :

- Paul Aurélien (Sant Paol), à Saint-Pol-de-Léon (Leon) ;
- Tugdual ou Tual (Sant Tudwal), à Tréguier (Treger) ;
- Brieuc (Sant Brieg), à Saint-Brieuc ;
- Malo (Sant Maloù), à Saint-Malo ;
- Samson (Sant Samzun), à Dol-de-Bretagne ;
- Paterne (Sant Padern), à Vannes (Gwened) ;
- Corentin (Sant Kaourintin), à Quimper (Kemper).
L'emprise massive de l'Église, avec un clergé en surnombre, se manifeste jusqu'au début du XXe siècle, comme l'atteste le vieux dicton « Ar Feiz hag ar yez a zo breur ha c'hoar e Breiz» (« la foi et la langue sont frère et sœur en Bretagne») que l'abbé Perrot, un des acteurs de premier plan du mouvement de revivalisme de la tradition bretonne, aime à répéter[174]. Les patronages et les associations sportives catholiques connaissent un essor spectaculaire à partir de l'entre-deux-guerres, témoignant d'une civilisation paroissiale englobante[175].
Comme ailleurs en France, la pratique religieuse dans ce « bastion de chrétienté » décline fortement à partir des années 1965 (fin du Concile de Vatican II), les vocations deviennent rares et les églises se vident, sauf les dimanches et jours de fête[176]. Deux tiers des Bretons se reconnaissent comme catholiques mais moins de 3 % (contre 20 % en 1960) disent fréquenter une église chaque dimanche. La Bretagne reste cependant une région fortement attachée à la religion à travers de nombreux pèlerinages et traditions bretonnes que l'Église contribue localement à perpétuer. La présence chrétienne continue de susciter la présence d'un patrimoine religieux important : cathédrales, enclos paroissiaux, chapelles, églises… Le journaliste Pierre-Yves Le Priol envisage la Bretagne du XXIe siècle comme un laboratoire de l'avenir du christianisme en France, avec des communautés chrétiennes ferventes dans les grandes villes (Vannes, Brest, Rennes…) et une résurgence de la culture folklorique, notamment à travers des pardons encore bien suivis mais principalement par des personnes plutôt âgées, et des expériences comme la Vallée des Saints[177].
Toponymie
[modifier | modifier le code]Sur le territoire breton, la toponymie mélange les origines est d'origine gallo-romaine[178], normande[179] et bretonne[180].
Costumes
[modifier | modifier le code]Il existe une grande diversité entre les vêtements portés par les hommes et ceux portés par les femmes[181].
Le Costume breton, et en particulier la Coiffe bigoudène, est souvent utilisé comme élément graphique, notamment par les publicitaires ou les caricaturistes, pour représenter les bretons bien que son usage soit tombé en désuétude[182].
Gastronomie
[modifier | modifier le code]Les principales recettes de la cuisine bretonnes sont le kouign amann[183], far breton[184], le Vitréais[185], le kig-ha-farz[186], le farz buan[187], le kouign[188], le quatre-quarts[189], le palet[190], la cotriade[191] et la galette-saucisse[192].
Les produits de la mer sont une part importante de la cuisine bretonne[193].
Boissons
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La Bretagne est une région cidricole[194].
C'est aussi une région viticole ancienne, aujourd'hui essentiellement concentrée sur la région nantaise, où le vignoble le plus connu est le Muscadet). Elle produit également un hydromel appelé chamillard en gallo et chouchen en breton. Depuis quelques années la production de bières locales est en plein essor, avec, en 2016, 80 brasseries professionnelles[195] qui proposent des bières classiques ou originales : cervoises, bières au sarrasin, au malt de whisky, à l'eau de mer. Enfin, quelques producteurs proposent des whiskies faits en Bretagne, dont certains médaillés lors de foires internationales[196].
Quelques brasseurs confectionnent des colas, tels le Breizh Cola[197] et le Britt Cola[198].
Sports et jeux
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Le football est le sport qui compte le plus de licenciés en Bretagne, avec environ 147000 licences délivrées par la Fédération française de football (FFF) en 2022[199].
La Bretagne comporte par ailleurs plusieurs sports régionaux comme le gouren[200].
Le cyclisme en Bretagne est marqué par des personnalités qui ont remporté plusieurs compétitions majeures. Quatre Bretons ont remporté le Tour de France, dont Bernard Hinault, Louison Bobet, Jean Robic et Lucien Petit-Breton[201]. La région compte aussi Julie Bresset, championne olympique de VTT lors des Jeux olympiques de Londres[202], ainsi que des cadres dirigeants comme David Lappartient, président de l'Union cycliste internationale[203], Cyrille Guimard vainqueur du Tour de France cycliste comme directeur sportif à 7 reprises[204].
Le rugby à XV reste un sport mineur en Bretagne. L'unique titre majeur d'un club breton est la victoire du Stade nantais UC lors de la Coupe de l'Espérance en 1915. Le Rugby club vannetais a évolué depuis 2016 jusqu'à la saison 2023-2024 en Pro D2. Le Rugby club vannetais est devenu à l'issue de la saison 2023-2024, le premier club de rugby breton à se hisser en Top 14.
Le sport traditionnel le plus connu est le gouren, nom breton de la lutte bretonne. Le football gaélique est présent au travers d'une dizaine de clubs dans la région. Parmi les jeux traditionnels, on peut citer la boule bretonne (boules en bois ou en terre cuite) et le jeu de palets ou galoche, surtout présent à l'est de la Bretagne.
Avec ses nombreux ports de plaisance, la Bretagne a également contribué au développement du nautisme. On peut citer par exemple Brest, La Trinité-sur-Mer dans le Morbihan, Lorient qui regroupe les principales écuries de course au large, ou bien encore Concarneau et l'archipel des Glénan, situé à vingt kilomètres au large de Concarneau, site de la base nautique historique de la célèbre école de voile Les Glénans qui forme en croisière et en voile légère depuis l'après-guerre. Le marin breton le plus célèbre en la matière est Éric Tabarly, et le vainqueur du Vendée Globe 2016, Armel Le Cléac'h (également 2e des 2 précédentes éditions) est né à Saint-Pol-de-Léon.
Emblèmes et symboles
[modifier | modifier le code]Le drapeau de la Bretagne
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Le drapeau de la Bretagne, dans sa version moderne (1923), est le Gwenn ha Du (en français : « Blanc et Noir »).
Le quart supérieur gauche reprend les armoiries de Bretagne : un semé de moucheture d'hermine. En héraldique, on dit « franc-quartier d'hermine plain », c'est-à-dire sans nombre précis. Habituellement, le drapeau en compte onze. Les bandes blanches et noires, selon l'explication la plus populaire, représentent les pays ou neuf évêchés de Bretagne : quatre pour les pays de langue bretonne et cinq pour les pays de langue gallo. Ces bandes sont dues à la volonté de créer un nouvel emblème pour rompre avec le vieux drapeau d'hermine, trop marqué par le mouvement régionaliste aristocratique, et que certains confondaient avec des fleurs de lys ; cette création s'inspire de la façon de construire les pavillons de marine au Royaume-Uni, aux États-Unis[205] et en Grèce.
À l'origine, il s'agit de doter le mouvement Unvaniez yaounkiz Vreiz (Union de la jeunesse de Bretagne) d'un emblème ; une souscription est lancée, relayée par le journal Breiz Atao et, à sa sortie, il s'impose « comme l'emblème incontournable du Mouvement breton »[206]. Le Gwenn ha du est créé par Morvan Marchal, architecte, militant anticlérical et nationaliste breton, et exposé pour la première fois en 1925, au pavillon de la Bretagne de l'exposition des arts déco, à Paris[207].
Aujourd'hui, ce drapeau flotte au fronton de nombreuses mairies et de certains bâtiments publics de Bretagne (par exemple le conseil départemental de la Loire-Atlantique). Quelques communes utilisent toujours l'ancien drapeau d'hermine[réf. nécessaire], que le succès du Gwenn ha Du a marginalisé de même que le Kroaz du, le drapeau à croix noire sur fond blanc ou d'hermine.
Autres drapeaux historiques
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Parmi les emblèmes utilisés en Bretagne et permettant d'illustrer la naissance du Gwenn ha Du, la première référence évoque un « vert étendard aux sept saints de Bretagne » qui aurait été arboré à la fin du haut Moyen Âge d'après une version de la Chanson de Roland du XIe siècle[208].
Les emblèmes attestés sont les suivants :
- Les souverains bretons auraient peut-être utilisé un drapeau blanc traversé d'une bande rouge, simplification des bannières à dragon rouge[209] ;
- [Quand ?]À partir de Pierre Mauclerc, les ducs de Bretagne utilisent la bannière échiquetée au franc-quartier d'hermine ;
- En 1316, le duc Jean III modifie cette dernière au profit de la bannière d'hermine, que conserveront tous ses successeurs et qui restera par la suite le drapeau de la Bretagne jusqu'à son éviction par le Gwenn-ha-Du au XXe siècle. Durant la période ducale, les queues d'hermine de cet emblème ne sont en général pas coupées aux bords du tissu ou de l'écu, contrairement à l'« hermine plain » de l'héraldique française ;
- D'autres drapeaux, bannières ou étendards sont également utilisées pendant le Moyen Âge, notamment lors de la guerre de succession de Bretagne (1341-1364), les deux prétendants utilisent des flammes différentes, reprenant les couleurs aujourd'hui utilisées par le drapeau breton ;
- Une croix noire sur fond blanc est attestée par plusieurs sources aux XVe et XVIe siècles sur divers supports : étendard, pavillon, bouclier, vêtement… Ce drapeau est nommé Kroaz du, ce qui signifie « croix noire » en breton ;
- Du XVIe au XVIIIe siècle, l'amirauté de Bretagne conserve le pavillon de la flotte bretonne, le Kroaz du, une croix noire avec quatre puis un seul quartier d'hermine.
L'écu d'hermine
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L'écu d'hermine forme les armoiries de la Bretagne depuis son adoption à la fin de l'année 1316. Il remplace un échiqueté au franc-quartier d'hermine : le duc baillistre de Bretagne, d'origine capétienne, Pierre de Dreux dit Mauclerc, étant cadet, a brisé les armes des Dreux (échiqueté d'or et d'azur) par un franc-quartier d'hermine. Ces armes, introduites en Bretagne en 1213, sont conservées par ses successeurs jusqu'à Jean III qui, en , adopte le semé d'hermine plain[210]. Ces dernières deviennent le symbole héraldique du duché puis de la province de Bretagne jusqu'à la Révolution.
Plusieurs explications peuvent être avancées pour justifier ces modifications. La première est la perte de valeur de l'azur et de l'or. Au départ, avoir des armoiries d'azur et d'or est un symbole de puissance ; il est difficile est onéreux d'obtenir ces couleurs. Or, au début du XIVe siècle, les armoiries arborant l'azur et l'or sont courantes. Ensuite, l'échiqueté est "passé de mode" alors que les armoiries pleines, comme en France ou en Angleterre, sont symbole de puissance. En n'ayant plus des armoiries brisées, il y a l'idée d'une dynastie propre pour un État propre. Enfin, il est nécessaire de tenir compte des sentiments du duc Jean III à l'égard de sa belle-mère, Yolande de Dreux. Rompre avec ces armes historiques, c'est aussi rompre avec elle, qu'il ne porte pas dans son cœur[210].
Malgré la disparition de la Bretagne comme entité politique en 1790, l'écu d'hermine reste en usage jusqu'à aujourd'hui. Le conseil régional de la région administrative de Bretagne l'utilise parfois, sur les trains par exemple, après l'avoir intégré à son nouveau logo officielle, en remplacement d'un ancien à bande bleues et vertes[211].
Cet écu d'hermine est la source de toute l'emblématique bretonne : la bannière herminée donne le drapeau traditionnel, puis le franc-quartier du Gwenn-ha-Du ; Jean IV y puise sa devise personnelle, son ordre de chevalerie, sa livrée et le nom du château de sa capitale (Vannes/Gwened)[réf. nécessaire] ; ses couleurs sont reprises au XVe siècle par la croix noire. La moucheture d'hermine est déclinée sur toutes sortes de support…
L'hermine héraldique
[modifier | modifier le code]L'hermine héraldique, dont le motif répété est appelé « queue d'hermine », ou (plus héraldiquement) « moucheture d'hermine » apparait dans les armes de Bretagne avec l'arrivée de Pierre Mauclerc et des ducs capétiens[212]. Dès le XVIe siècle, elle colonise les médailles, les papiers timbrés, les documents officiels et privés, les ex-libris, les façades et les cursives de nombreux bâtiments. En 1925, Morvan Marchal conserve les hermines heraldiques dans la conception de son drapeau, le Gwen ha Du[212].
Contrairement aux armoiries qui représentent la Bretagne elle-même, l'hermine est la marque de ce qui est breton. C'est ce qui la rend si populaire, au point que le président du conseil régional de la région Bretagne l'a choisie comme logo en . Citons également l'ordre de l'Hermine.
L'hermine naturelle
[modifier | modifier le code]L'hermine naturelle est l'animal proprement dit, revêtu, pour marquer la Bretagne, de la fourrure blanche qu'il arbore l'hiver dans les pays froids. Le duc Jean IV, à son retour d'Angleterre, à la fin du XIVe siècle, est le premier à en faire sa devise (ou badge).
Ensuite, elle apparaît sur les sceaux des ducs, puis des États de Bretagne, à la cathédrale Saint-Corentin de Quimper, sur les sablières d'églises, sur les châteaux des Montfort et un peu partout en support d'armoiries. Réactualisée en une bestiole sympathique, elle fait un retour en force ces dernières années[Quand ?], entre autres sur des maillots de football[Lesquels ?] ou des panneaux urbains.
Elle devient le symbole de la Bretagne car, selon une légende, lors d'une chasse qu'Anne de Bretagne effectue avec sa cour, une hermine parvient à échapper à la mort mais, acculée par un chemin marécageux, elle se laisse tuer plutôt que de se salir. La duchesse Anne, impressionnée par son attitude, recueille l'hermine et défend qu'on y touche. Elle devient l'emblème de la Bretagne pour son courage et donne naissance à la devise « Potius mori quam fœdari » (« Plutôt la mort que la souillure », en breton « Kentoc'h mervel eget bezañ saotret »)[213]. Selon les sources, le personnage cité[Lequel ?] peut aussi bien être Conan Mériadec ou le roi Barbe-Torte.[réf. nécessaire]
Devise
[modifier | modifier le code]Potius mori quam fœdari en latin, Kentoc'h mervel eget bezañ saotret en breton, parfois écourtée en Kentoc'h mervel (plutôt la mort que la souillure), qui fait référence à l'hermine qui préférerait, selon la légende, mourir plutôt que de tacher sa fourrure immaculée (voir supra la partie « hermine naturelle »). Cette devise est régulièrement utilisée par les régiments bretons, historiquement[214] ou actuellement[215], ou par la Résistance[216].
La couleur noire
[modifier | modifier le code]L'Armes Prydein parle des « armées noires » des Bretons d'Armorique et le poème d'Ermold Le Noir évoque leurs boucliers ronds peints en noir. Le noir devient une constante dans l'emblématique bretonne, et c'est une couleur rare. Peut-on en conclure que l'entourage de Jean IV de Montfort ait connu ces textes anciens ou connu cette tradition par d'autres sources lors de leur choix du noir pour leurs troupes ? En tout cas de nos jours l'association de couleurs noir/blanc évoque toujours la Bretagne sur des maillots de sportifs ou des casaques.[réf. nécessaire]
La cordelière
[modifier | modifier le code]Dès le règne du duc François Ier, au XVe siècle, apparaît dans l'emblématique ducale une corde nouée en 8, appelée cordelière, écho de sa dévotion pour St-François d'Assise, son saint patron[n. 5]. La duchesse Anne érige en décoration cette cordelière héritée de son père et en fait un usage constant sur ses armoiries, ses manuscrits, le décor sculpté et le mobilier de ses résidences et de ses fondations religieuses… La reine Claude et le roi François Ier (fils de Louise de Savoie qui porte aussi les fameux « lacs d'amour » des ducs de Savoie) l'utilisent aussi, ainsi que plusieurs seigneurs et quelques villes bretonnes, dont Nantes. Cet emblème est repris par l'ordre de la Cordelière. Il a aussi donné son nom à la Cordelière[212], navire amiral de la flotte ducale.
Le triskell
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On peut également citer le triskel (ou triskell), symbole à trois branches ancien et polysémique (symbolisant probablement des triades bardiques, une roue solaire ou les éléments primaires : l'eau, le feu et la terre) que l'on retrouve dans les cultures celtes comme dans de nombreuses autres cultures à travers les cinq continents. Accepté petit à petit comme emblème panceltique, voire comme breton, il devient très populaire depuis 1972, en Bretagne surtout et, notamment, dans la jeune génération de l'époque. Mais cette popularité s'étend à un certain degré ailleurs (territoire français, Espagne en particulier). De la mode de porter le triskel autour du cou, imitant Alan Stivell, ou brodé sur la manche, il se propage aux marques et au tourisme bretons.
Hymne
[modifier | modifier le code]Dans le cadre des premiers échanges interceltiques, François Jaffrennou s'inspire de l'hymne gallois (Hen WLad fy Nhadau) pour rédiger un hymne à la Bretagne avec des paroles en breton, le Bro gozh ma zadoù, qu'il publie en 1900. Cet hymne est repris par le courant nationaliste breton[212].
Quelques autres emblèmes et symboles
[modifier | modifier le code]Un certain nombre d'autres symboles, aussi importants et tout aussi répandus (sinon plus), identifient la Bretagne et les Bretons. On peut citer le chapeau breton à guides, la crêpe, la carte de la Bretagne avec ses différents pays, le menhir ou le dolmen, la galette de sarrasin, le calvaire, le pêcheur en ciré, la Bigoudène ou la Fouesnantaise en habits et coiffes traditionnels, le bol de cidre ; ils tiennent lieu dans l'imagerie populaire de marque de bretonnitude, sinon de bretonnerie.
Les lettres BZH (voir Breizh dans l'orthographe du breton) apparaissent comme abréviation pour Bretagne pour la première fois en 1967 comme macaron de véhicules automobiles. Ce signe distinctif, comme tous ceux portant confusion avec un signe officiel, est interdit plusieurs fois par arrêté[217], avant d'être complètement banalisé de nos jours. Début 2013, la Bretagne obtient la création d'une extension Internet « .bzh ».
En revanche, le personnage caricatural de Bécassine, créé à une époque coloniale peu respectueuse des minorités, est perçu comme dégradant et insultant par le mouvement breton[218]. Il est mieux accepté de nos jours, où on peut le voir comme le symbole des petites gens quittant leur région pour trouver quelque emploi à Paris et qui sont légion dans la première partie du XXe siècle.
Du reste, dans les années 1970-1980, les Bretons se chargent de donner d'eux-mêmes une image plus juste et plus positive, avec les bandes dessinées Du Termaji chez les Penn-Sardinn, de Kerik (remplis d'expressions populaires de la région de Douarnenez), et Superbigou, de Stephan (en parler bigouden, mélange de français et de breton bigouden)[219].
Depuis les années 2010, nombreux sont les Bretons désirant la création d'un nouvel émoji drapeau breton. Cette revendication est portée principalement par l'association www.bzh (qui s'occupe du nom de domaine .bzh). Grâce à eux a eu lieu une expérimentation de cet emoji du au [220] sur Twitter (avec le hashtag #EmojiBZH).
Notes et références
[modifier | modifier le code]Notes
[modifier | modifier le code]- ↑ Abréviation du breton Breizh, « la Bretagne ».
- ↑ À Rennes, le , Anne – devenue duchesse – épouse en premières noces et par procuration le futur Maximilien Ier, (devenu par la suite empereur romain germanique) qui était alors titré roi des Romains. Ce faisant, elle devient reine, conformément à la politique de son père. Cependant, ce mariage est une grave provocation à l'égard du camp français : il viole le traité du Verger, il réintroduit un ennemi du roi de France en Bretagne, ce que leur politique a toujours tenté d’éviter aux XIVe et XVe siècles.
- ↑ Le sondage s'inscrit dans une étude portant sur la pratique des langues en Bretagne. Pour accéder aux informations concernant les sentiments d'appartenance, voir les pages 82 et suivantes de l'étude.
- ↑ Locronan est située dans la forêt de Nevet (du celtique nemet, qui signifie « sacré » et qui donne le mot gaulois nemeton) qui, dans l’Antiquité celtique, est un sanctuaire dédié au culte organisé par les druides. Voir Gwenc'hlan Le Scouëzec, Le Guide de la Bretagne, Coop Breizh, Spézet, 1997, (ISBN 2-84346-026-3), p. 337-345.
- ↑ Les moines fransiscains étaient appelés « Cordeliers » parce qu'ils portaient à la taille une corde en guise de ceinture.
Références
[modifier | modifier le code]- ↑ Prononciation en français de France retranscrite selon la norme API.
- ↑ Prononciation en breton KLT, retranscrite selon la norme API.
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- ↑ Joël Cornette, op. cit., 2005 (ISBN 2-02-054890-9).
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- ↑ Chronique de Flodoard AD 937 : « Les Bretons revinrent après de longs voyages dans leur pays dévasté [...] ils eurent de fréquents combats avec les Normands [...] ils restèrent vainqueurs et reprirent le pays dévasté ».
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- ↑ Chronique de Flodoard AD 937, p. 76 : « Les Bretons revinrent après de longs voyages dans leur pays dévasté […] ils eurent de fréquents combats avec les Normands […] il restèrent vainqueurs et reprirent le pays dévasté ».
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Voir aussi
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Sujets contemporains
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- Corentin Canevet, Le Modèle agricole breton. Histoire et géographie d'une révolution agroalimentaire, Presses universitaires de Rennes, Rennes, 1992, 397 p..
- Alain Croix (dir.). Bretagne. Images et histoire, Apogée, Presses universitaires de Rennes, Rennes, 1996, 224 p..
- Francis Favereau, Bretagne contemporaine. Langue, culture, identité. Skol Vreizh, Morlaix, 2005 (rééd. 1993).
- M. Humbert (dir.), La Bretagne à l'heure de la mondialisation, Presses universitaires de Rennes, Rennes, 2002, 305 p..
- M. Nicolas, Histoire de la revendication bretonne, Coop Breizh, Spezet, 2007, 391 p..
- Jean Ollivro, Les paradoxes de la Bretagne, Apogée, Rennes, 2005, 176 p..
- Jean Ollivro, Bretagne, 150 ans d'évolution démographique, Presses universitaires de Rennes, Rennes, 2005, 368 p..
Articles connexes
[modifier | modifier le code]Liens externes
[modifier | modifier le code]- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :
- Ressource relative à l'audiovisuel :
- Site du conseil régional de Bretagne.
- Site du comité régional du tourisme de Bretagne.

