Barbet Schroeder
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Gian-Reto Barbet Schroeder |
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César du meilleur film documentaire (L'Avocat de la terreur) () Swiss Film Award/Honorary Award (d) () |
| Films notables |
Barbet Schroeder [baʁbɛ ʃʁødœʁ][1] est un réalisateur et producteur de cinéma franco-suisse, né le à Téhéran (Iran).
Il commence sa carrière comme assistant d'Éric Rohmer aux Cahiers du cinéma et sur ses tournages. En 1962, il fonde la société Les Films du losange.
Biographie
[modifier | modifier le code]Origines
[modifier | modifier le code]Enfant, Gian-Reto Barbet Schroeder de son vrai nom [2], suit son père, le géologue Willy J. Schroeder, en Colombie. Après un divorce, sa mère (fille de Hans Prinzhorn) choisit la France pour lui faire mener ses études, jusqu'au baccalauréat au lycée Condorcet, lycée Henri-IV et lycée Jacques-Decour puis à la Sorbonne (où il s'inscrit en philosophie mais ne suit que peu les cours).
Carrière
[modifier | modifier le code]Durant ses études, il collabore à la revue les Cahiers du cinéma en tant qu'assistant d'Éric Rohmer, qui est en train de lancer la Nouvelle Vague[réf. nécessaire]. Il réalise deux courts-métrages et Jean-Luc Godard le prend comme assistant stagiaire pour Les Carabiniers, qui sort en 1963.
À 22 ans, convaincu de sa voie, Barbet Schroeder fonde seul la société Les Films du losange en vendant un tableau d'Emil Nolde appartenant a son grand père, Hans Prinzhorn. Il fait cadeau de la moitié des parts à des amis avec lesquels il a envie de travailler, Eric Rohmer en tête, suivi de Jean Douchet, Pierre Cottrell et d'autres. Il inscrit la société au registre du commerce le . Les quatre premières années, le siège de la société est sa chambre d'adolescent dans l'appartement où vit sa mère, rue de Bourgogne à Paris. Le capital de la société équivaut à ce que coûterait le financement d'un court-métrage.
Sa première « production-manifeste » est Paris vu par..., film à sketches en 16 mm. Composé de six courts-métrages de Jean-Luc Godard, Éric Rohmer, Claude Chabrol, Jean Rouch, Jean-Daniel Pollet et Jean Douchet, le film devait être suivi de six longs-métrages tournés aussi en 16 mm par les mêmes réalisateurs. Mais Barbet Schroeder doit abandonner ce projet pour terminer le doublage et le gonflage en 35 mm des deux premiers contes moraux d'Éric Rohmer, La Boulangère de Monceau et La Carrière de Suzanne, sortis en 1963. De même, la projection directement en 16 mm de Paris vu par... se révélant impossible, le film est gonflé en 35 mm pour une sortie en 1965.
Le succès des deux premiers contes d'Éric Rohmer permet de financer la production en 35 mm couleur du troisième, La Collectionneuse, sorti en 1967. Pour ce film, Barbet Schroeder est à la fois directeur de production, électricien, comptable et premier assistant.
Il commence ensuite à travailler en secret à son premier film, le drame psychologique More, qui sortira en 1969 avec une bande originale du même nom signée par Pink Floyd. Son assistant Pierre Cottrell le remplace alors à la tête des Films du losange qui produisent principalement des films d'Éric Rohmer. Barbet Schroeder coproduit également à cette époque des films de Jacques Rivette, Jean Eustache, Rainer W. Fassbinder et Wim Wenders.

En 1972, Barbet Schroeder réalise le film d'aventures La Vallée qui, comme More, a une bande originale composée et jouée par Pink Floyd, sortie un mois plus tôt sous le titre Obscured by Clouds.
Il réalise ensuite un documentaire sur le dictateur Idi Amin Dada, Général Idi Amin Dada : Autoportrait, sorti en 1974. Premier documentaire de sa Trilogie du mal, il sera suivi en 2007 par L'Avocat de la terreur sur Jacques Vergès et en 2016 par Le Vénérable W. sur un moine bouddhiste génocidaire.
En 1976, Barbet Schroeder tourne Maîtresse, un drame érotique avec Bulle Ogier et Gérard Depardieu. Cette même année, Margaret Menegoz succède à Pierre Cottrell à la tête des Films du losange.
Barbet Schroeder fait ensuite partie des cinéastes français, tel Jacques Demy, payés par des studios de Hollywood pour écrire et réaliser des films aux États-Unis. Alors que la plupart d'entre eux repartiront sans rien réaliser, Barbet Schroeder s'accroche.
Admirateur de Charles Bukowski, il commande à celui-ci le scénario de Barfly, une comédie dramatique semi-autobiographique avec Mickey Rourke et Faye Dunaway sortie en 1987. Mais sept années auront été nécessaires pour convaincre un studio de financer ce film, une expérience que Bukowski relatera dans le roman Hollywood, publié en 1989. L'amitié de Bukowski lui permet aussi de réaliser un documentaire de 4 heures composé de 50 monologues de 3 min chacun, intitulé The Charles Bukowski Tapes.
Fort de la reconnaissance que lui apporte Barfly, Barbet Schroeder peut réaliser en 1990 Le Mystère von Bülow, un drame tiré d'une histoire vraie avec Jeremy Irons et Glenn Close. Le film est nommé aux Oscars l'année suivante pour sa mise en scène et son scénario adapté, et Jeremy Irons remporte l'Oscar du meilleur acteur pour son interprétation de Claus von Bülow.
Barbet Schroeder réalisera plusieurs autres films aux États-Unis dans les années 1990 et 2000, notamment le thriller psychologique J.F. partagerait appartement, sorti en 1992, avec Bridget Fonda et Jennifer Jason Leigh.
En 2000, il part en Colombie pour réaliser La Vierge des tueurs, d'après le roman autofictionnel du même nom de Fernando Vallejo paru en 1994.
En 2003, le festival international du film Entrevues à Belfort lui consacre une rétrospective.
En 2023, il réalise le documentaire Ricardo et la Peinture sur son ami Ricardo Cavallo.
Vie privée
[modifier | modifier le code]Barbet Schroeder est marié à l'actrice Bulle Ogier.
Filmographie
[modifier | modifier le code]Réalisateur
[modifier | modifier le code]- 1969 : More
- 1971 : 3 repérages ethnographique pour le film La Vallée : Sing-Sing, Maquillages et Le Cochon aux patates douces
- 1972 : La Vallée
- 1974 : Général Idi Amin Dada : Autoportrait (Idi Amin Dada) (documentaire)
- 1976 : Maîtresse
- 1978 : Koko, le gorille qui parle (documentaire)
- 1984 : Tricheurs
- 1985 : The Charles Bukowski Tapes (documentaire 50 fois 5 minutes) (diffusé en 1987 au cinéma)
- 1987 : Barfly
- 1990 : Le Mystère von Bülow (Reversal of Fortune)
- 1992 : JF partagerait appartement (Single White Female)
- 1995 : Kiss of Death
- 1996 : Le Poids du déshonneur (Before and After)
- 1998 : L'Enjeu (Desperate Measures)
- 2000 : La Vierge des tueurs (La virgen de los sicarios)
- 2002 : Calculs meurtriers (Murder by Numbers)
- 2007 : L'Avocat de la terreur (documentaire)
- 2008 : Inju : la Bête dans l'ombre
- 2009 : Mad Men (série télévisée) - saison 3, épisode 12
- 2013 : Ricardo Cavallo à Kerguéhennec, l'exposition filmée en un plan unique de quatorze minutes (court-métrage)
- 2015 : Amnesia
- 2016 : Le Vénérable W. (documentaire)
- 2023 : Ricardo et la Peinture (documentaire)
Producteur / coproducteur
[modifier | modifier le code]- 1963 : Méditerranée court métrage documentaire de Jean-Daniel Pollet
- 1963 : La Boulangère de Monceau d’Éric Rohmer
- 1963 : La Carrière de Suzanne d’Éric Rohmer
- 1964 : Nadja à Paris court métrage documentaire d’Éric Rohmer
- 1965 : Paris vu par… de Claude Chabrol, Jean Douchet, Jean-Luc Godard, Jean-Daniel Pollet, Éric Rohmer, Jean Rouch
- 1966 : La Collectionneuse d’Éric Rohmer
- 1967 : Fermière à Montfaucon court métrage documentaire d’Éric Rohmer
- 1967 : Tu imagines Robinson de Jean-Daniel Pollet
- 1969 : More de lui-même
- 1969 : Ma nuit chez Maud d’Éric Rohmer
- 1970 : Le Genou de Claire d’Éric Rohmer
- 1971 : Sing Sing repérage ethnographique de lui-même
- 1971 : Maquillages repérage ethnographique de lui-même
- 1971 : Le Cochon aux patates douces repérage ethnographique de lui-même
- 1972 : La Vallée de lui-même
- 1972 : L'Amour l'après-midi d’Éric Rohmer
- 1974 : La Paloma de Daniel Schmid (non crédité)
- 1974 : Céline et Julie vont en bateau de Jacques Rivette
- 1975 : La Marquise d'O d’Éric Rohmer
- 1975 : Roulette chinoise de Rainer Werner Fassbinder
- 1975 : Flocons d'or de Werner Schroeter
- 1977 : Le Passe-montagne de Jean-François Stévenin
- 1978 : Koko, le gorille qui parle documentaire de lui-même
- 1978 : Perceval le Gallois d’Éric Rohmer
- 1979 : Le Navire Night de Marguerite Duras
- 1981 : Le Pont du Nord de Jacques Rivette
- 1984 : Mauvaise Conduite de Nestor Almendros
- 1984 : L'Avenir d'Émilie (Flügel und Fesseln) de Helma Sanders-Brahms
- 1985 : The Charles Bukowski Tapes (documentaire TV) de lui-même
- 1987 : Barfly de lui-même
- 1992 : JF partagerait appartement (Single White Female) de lui-même
- 1995 : Kiss of Death de lui-même
- 1995 : Excès de confiance (Never Talk to Strangers) de Peter Hall
- 1996 : Le Poids du déshonneur (Before and After) de lui-même
- 1998 : L'Enjeu (Desperate Measures) de lui-même
- 1998 : Jessie (Shattered Image) de Raoul Ruiz
- 2000 : La Vierge des tueurs (La virgen de los sicarios) de lui-même
- 2002 : Calculs meurtriers ( Murder by Numbers) de lui-même
- 2011 : Dreaming American (court métrage) de Lee Percy
- 2015 : Amnesia de lui-même
- 2016 : Le Vénérable W. (documentaire) de lui-même
- 2023 : Ricardo et la Peinture (documentaire) de lui-même
Acteur
[modifier | modifier le code]- 1962 : La Boulangère de Monceau d’Éric Rohmer (court-métrage) : le jeune homme, le narrateur
- 1963 : Les Carabiniers de Jean-Luc Godard : le vendeur automobile
- 1965 : Paris vu par..., épisode Gare du Nord de Jean Rouch : Jean-Pierre
- 1968 : Fun and Games for Everyone de Serge Bard : un participant au happening
- 1970 : Out 1 de Jacques Rivette : Gian-Reto
- 1974 : Céline et Julie vont en bateau de Jacques Rivette : Olivier
- 1979 : Roberte de Pierre Zucca : Vittorio
- 1984 : Tricheurs de Barbet Schroeder : un joueur
- 1984 : L'Amour par terre de Jacques Rivette : un spectateur
- 1985 : Cinématon #651 de Gérard Courant : lui-même
- 1990 : The Golden Boat de Raoul Ruiz : le passant méchant
- 1994 : Le Flic de Beverly Hills 3 de John Landis : l'homme en Porsche
- 1994 : La Reine Margot de Patrice Chéreau : un conseiller
- 1996 : Mars Attacks! de Tim Burton : Maurice, le Président français
- 2004 : Ne fais pas ça ! de Luc Bondy : un client du restaurant
- 2005 : Une aventure de Xavier Giannoli : le docteur Idelman
- 2006 : Paris, je t'aime, segment Porte de Choisy de Christopher Doyle : Monsieur Henny
- 2007 : Ne touchez pas la hache de Jacques Rivette : le Duc de Grandlieu
- 2007 : À bord du Darjeeling Limited de Wes Anderson : le mécanicien
- 2010 : Comme un chien de Benoît Delépine (court-métrage) : le mari trop aimant
- 2011 : L'Avocat de Cédric Anger : Jacques Meco
- 2012 : Le Grand Soir de Benoît Delépine et Gustave Kervern (scènes coupées au montage)
- 2013 : Par exemple, Électre de Jeanne Balibar et Pierre Léon
- 2015 : Le Dos rouge d'Antoine Barraud : le médecin
Distinctions
[modifier | modifier le code]Récompenses
[modifier | modifier le code]- Mostra de Venise 2000 : Médaille d'or du Président du Sénat Italien pour La Vierge des tueurs
- Festival de La Havane 2000 : Coral du meilleur film d'un réalisateur non latino-américain pour La Vierge des tueurs
- Césars 2008 : César du meilleur film documentaire pour L'Avocat de la terreur
- Etoiles d'or 2008 : Etoile d'or du meilleur documentaire pour L'Avocat de la terreur
- Festival de Deauville 2020 : Prix d'honneur
- Festival de Jérusalem 2017 : Mention honorable du Prix Esprit de liberté du meilleur documentaire pour Le Vénérable W..
- Festival de Locarno 2023 : Léopard d'Honneur
Nominations
[modifier | modifier le code]- Mostra de Venise 1972 : en compétition pour le Lion d'or pour La Vallée[3]
- Festival de Chicago 1978 : en compétition pour le Hugo d'or pour Koko, le gorille qui parle
- Festival de Cannes 1987 : en compétition pour la Palme d'or pour Barfly
- Oscars 1991 : nomination à l'Oscar du meilleur réalisateur pour Le Mystère von Bülow
- Golden Globes 1991 : nomination au Golden Globe du meilleur réalisateur pour Le Mystère von Bülow
- Mostra de Venise 2000 : en compétition pour le Lion d'or pour La Vierge des tueurs
- Mostra de Venise 2008 : en compétition pour le Lion d'or pour Inju, la bête dans l'ombre
- Lumières 2018 : nomination au Lumière du meilleur documentaire pour Le Vénérable W..
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ Prononciation en Français de France standardisé retranscrite selon la norme API.
- ↑ Télérama N° 3853, 18 au 24 novembre 2023, Pages 4 à 8
- ↑ « Ouverture du Festival de Venise », Le Monde, (lire en ligne, consulté le ).
Liens externes
[modifier | modifier le code]- Jérôme d'Estais, Barbet Schroeder, Ombres et clarté, LettMotif (ISBN 978-2-36716-184-6)
- [portrait] Bruno Icher, « Barbet Schroeder, cinéaste in(c)lassable », Libération, (lire en ligne, consulté le ).
- (en) Site officiel
- Ressources relatives à l'audiovisuel :
- Ressources relatives à la musique :
- Ressource relative à plusieurs domaines :
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :
- Acteur français du XXe siècle
- Acteur suisse du XXe siècle
- Acteur français du XXIe siècle
- Acteur suisse du XXIe siècle
- Producteur français de cinéma
- Producteur suisse de cinéma
- Réalisateur français
- Réalisateur suisse
- Élève du lycée Condorcet
- Élève du lycée Henri-IV au XXe siècle
- Naissance en août 1941
- Naissance à Téhéran

