L’AUTOREPRESENTATION DANS LA TRAJECTOIRE DES GARIMPEIROS
Márcia DE MELO MARTINS KUYUMJIAN*
1 - L’imaginaire et la représentation
Représenter quelque chose ne signifie pas simplement le conceptualiser. La représentation c’est la façon par laquelle la pensée se manifeste, c’est la conséquence de la création imaginaire. Ce sont les figures, les formes et les images à partir desquelles il est possible de parler de quelque chose. L’imaginaire crée des images qui sont traduites sous forme de représentations, qui sont inscrites dans le social et ont un contenu historique. Cela signifie que les représentations racontent l’histoire de l’homme lui-même, la façon dont il pense et construit le social.
Les représentations, qui sont des conséquences de l’imaginaire créatif, prennent forme à mesure que l’homme parle et fait le social, ce que Castoriadis (1982) nomme “imaginaire radical”. Dans ce processus, toutefois, la création n’est pas seulement une conséquence de la conduite consciente. Comme le remarque Durkheim (1974), les habitudes auxquelles nous nous accoutumons, les préjugés, les tendances qui nous motivent et que nous ne percevons pas souvent, tout cela constitue notre caractère moral. Nous ne les percevons pas parce qu’il s’agit de mouvements qui ne s’insèrent pas seulement dans le domaine du conscient, comme s’il s’agissait d’une relation de cause à effet automatique. On doit considérer que tout savoir est provisoire et fragmentaire et que toutes les actions ne sont pas réglées par la conscience comme une conséquence du savoir exhaustif de l’homme et de l’histoire. Dans ce sens, la praxis est au confluent des représentations inconscientes du Ça, qui accroît les pulsions et les désirs, et des représentations conscientes de l’Ego, qui englobe la conscience et la volonté. Les actions qui naissent de cette confluence sont ambiguës car elles travaillent comme
Professeur de Sociologie à l’université de Brasilia.
Cahiers du Brésil Contemporian, 1997, n° 31, p. 141-155




















