Chocard à bec jaune
Systématique
- OrdrePassériformes
- FamilleCorvidés
- GenrePyrrhocorax
- Espèce graculus
Statut de conservation
LCPréoccupation mineureDescription de la famille
Les Corvidés sont des passereaux de taille moyenne à grande. C'est dans cette famille que se trouvent les plus grandes espèces (L max. 69 cm). Le bec est fort et les pattes robustes.
Une majorité d'entre eux ont un plumage sobre, noir, gris ou blanc et noir, souvent avec des reflets. Mais des... lire la suite
Noms étrangers
- Alpine Chough,
- Chova piquigualda,
- gralha-de-bico-amarelo,
- Alpendohle,
- havasi csóka,
- Alpenkauw,
- Gracchio alpino,
- alpkaja,
- Alpekaie,
- čavka žltozobá,
- kavče žlutozobé,
- Alpeallike,
- alppinaakka,
- gralla de bec groc,
- Fjallkorpungur,
- wieszczek,
- Alpu kovārnis,
- planinska kavka,
- Альпийская галка,
- キバシガラス,
- 黄嘴山鸦,
- alpkaja,
- 黃嘴山鴉,
Nomenclature
Le nom scientifique Pyrrhocorax graculus a été décrit par Linnaeus en 1766. Sur Oiseaux.net, le nom français retenu pour cette espèce est « Chocard à bec jaune ».
La nomenclature française s'appuie sur la liste de la CAF (2025).
Genre grammatical du nom français : masculin.
Sous-espèces (3) :
Identification
Les chocards ont un bec court et fin, légèrement recourbé. Les vibrisses nasales sont très courtes, à peine visibles. La queue est relativement longue, un peu arrondie à son extrémité. L'ensemble du plumage est noir, avec un lustre vert bleuâtre sur les ailes et sur la queue. Le bec est jaune ou jaune-orange avec une tache verdâtre à la base. Les pattes et les pieds sont rouges. L'iris est brun sombre. Les deux sexes sont semblables. Les juvéniles présentent un plumage noir terne, non lustré, avec un bec couleur corne qui vire assez précocement au jaune. Les pattes sont brun mat ou noires mais deviennent rouges dès le premier printemps. Les jeunes de première année conservent souvent un plumage plus terne que les adultes. De près, le bec jaune constitue un critère de différenciation indiscutable. Cependant, lorsqu'il est à une distance plus éloignée, le chocard peut être facilement confondu avec un Crave à bec rouge avec lequel il partage habitat, pattes rouges et mœurs grégaires. Pourtant, le chocard présente une silhouette légèrement différente, un bec plus court, une queue plus longue dont la pointe dépasse largement l'extrémité des ailes (alors que chez le crave, la longueur des ailes et de la queue coïncident). Si on se place parfaitement en-dessous, on peut noter d'autre différences de formes en vol : le chocard a des ailes moins "carrées" en raison de l'étagement des primaires et du bord de fuite plus incurvé. Les primaires sont nettement moins digitées et la queue a un bord moins rectiligne.
Confusion possible
Distribution
Données complémentaires
| Migration | non migrateur | Partially migratory | Bird et al. 2020, Tobias et al. 2021 |
|---|---|---|
| Domaine biogéographique | Paléarctique | Pigot et al. 2020 |
| Aire | 3556954.7 km² | Bird et al. 2020, Tobias et al. 2021 |
| Latitudes de reproduction | 27,2 à 52,8 ° | Tobias et al. 2021 |
| Aire restreinte | N | Birdlife's Worldbird Database |
Voix chant et cris
Leurs cris ne ressemblent pas à ceux émis généralement par les corbeaux. On peut entendre un doux "preeep" en cascade et un subtile sifflement descendant "weeeooo", les deux cris variant quelque peu en hauteur et en intensité, le dernier sonnant comme une version grinçante de celui du Crave à bec rouge. Un "churr' roulant est utilisé comme cri d'alarme. Les oiseaux qui se nourrissent paisiblement ou se reposent au calme dans les dortoirs communs émettent une série de gazouillements et de notes bavardes.
Vol - déplacement
Comportement traits de caractère
Les chocards sont très sociables. Ils se déplacent en groupes pouvant compter plus d'une centaine d'individus. Ces regroupements fournis planent et fondent sur les crêtes, rasant les flancs des montagnes et se dispersant en petits groupes pour se nourrir sur les versants. Pendant leur quête sur les pentes, les sous-groupes ainsi constitués se déplacent en voltigeant, en marchant rapidement et même parfois en courant ou en sautillant avec excitation. Dans certaines régions, aux endroits les plus favorables, ils s'associent occasionnellement avec des bandes de Craves à bec rouge. Les couples et les groupes s'adonnent à des cris tapageurs et à des parades énergiques, particulièrement en hiver et au début du printemps. Ils se baignent assez librement et raffolent prendre des bains de soleil. Ils descendent à de plus basses altitudes en hiver, atteignant le fond des vallées, encore qu'ils n'aillent guère en-dessous de la ligne des arbres. Ils passent la plus grande partie de la mauvaise saison dans les stations en activité. Très curieux et étonnamment confiants s'ils ne sont pas dérangés, ils suivent les promeneurs de la montagne et les bucherons, viennent jusque sous les fenêtres pour quémander de la nourriture. Ces merveilleux voleurs, experts dans l'art d'utiliser les courants, glissent et dégringolent avec aisance au-dessus des falaises et des crêtes. Ils se reposent dans des cavités et dans des crevasses, les non-nicheurs formant d'importants dortoirs communs.
Habitat
Données complémentaires
| Habitat | rocky slopes, steppe, cliffs ; mountains | Rock | Sibley 1996, Tobias et al. 2021 |
|---|---|---|
| Densité | milieux ouverts | Tobias et al. 2021 |
| Mode de vie | diurne | terrestre | Bird et al. 2020 |
| Altitude | 1260 à 5000 m |
Les Chocards à bec jaune fréquentent les pâtures de haute montagne, avec des façades de falaises et des ravins rocheux. En été, on les trouve au-dessus de la ligne des arbres, mais en hiver, ils redescendent un peu plus bas, dans les hautes vallées. Localement, ils s'installent près des villages alpins et des stations de ski. En Europe, ils vivent entre 1 260 et 2 880 mètres, bien que dans les Balkans, ils puissent nicher aussi bas que 600 mètres. En Afrique du Nord, leur répartition s'échelonne de 2 880 à 3 900 m, dans l'Himalaya de 3 500 à 5 000 mètres. Cet oiseau est endémique des zones montagneuses du vieux continent. En Europe méridionale et centrale, il est présent de l'Espagne (Sierra Nevada, monts Cantabriques) à la France (Pyrénées, Alpes), à l'Italie (chaîne des Abruzzes) et aux montagnes de la péninsule balkanique. Des populations isolées vivent dans le Rif, l'Atlas, la Corse et la Crête. En Asie, tous les principaux massifs sont visités : centre et est de la Turquie, Caucase, monts Zagros dans l'ouest de l'Iran, massif de l'Elbrouz. Son aire se poursuit vers l'est, dans l'Altaï, l'ouest des monts Sayan, la région himalayenne, le sud du Tibet et les massifs du sud-ouest de la Chine, dans les provinces du Sinkiang et du Sichuan. Son statut en Syrie, au Liban et en Israël est à préciser. Dans ces régions, il s'agit peut être uniquement d'un visiteur d'hiver.
Alimentation - mode et régime
Les ressources naturelles sont constituées principalement d'invertébrés, en particulier des coléoptères et des petits escargots qu'il déterre du sol ou qu'il déloge d'une crevasse. Le chocard rode aux alentours des habitations, cherchant par tous les moyens à chaparder un morceau. Il est particulièrement friand de raisin et il se saisit volontiers de charognes comme les petites souris mortes. Il consomme également des baies et d'autres fruits en se perchant maladroitement dans les branches avec de grands bruits d'ailes. La constitution de réserves n'est pas rare. Il pousse les petits fragments qu'il a réussi à soustraire près des maisons dans des fissures de roches et s'empresse de les enfouir avec un mouvement rapide du bec.
Données complémentaires
| Niveau trophique | carnivore | Pigot et al. 2020, Tobias et al. 2021 |
|---|---|---|
| Niche trophique | invertivore | Pigot et al. 2020, Tobias et al. 2021 |
| Niche de recherche | invertivore ground | Pigot et al. 2020 |
| Alimentation | omnivore | Bird et al. 2020 |
Reproduction nidification
La saison de reproduction commence à la fin avril ou au début du mois de mai sur la plus grande partie de son aire de distribution. En principe, c'est un nicheur solitaire, bien que de nombreux couples puissent s'installer à proximité les uns des autres. Aucun rapport de nidification en colonies n'a été noté à ce jour. Le nid est une structure massive construite avec des brindilles et des racines et garnie avec des herbes et des radicelles. Il est situé dans une cavité, une cheminée rocheuse, une crevasse ou sous le toit d'un bâtiment. La ponte comprend 3 à 6 œufs (en moyenne 4). La couleur de ces derniers varie du crème au chamois et au verdâtre. Ils sont couverts de grisâtre et tachés de brun. L'incubation, qui dure de 18 à 20 jours, est assurée par la femelle seule. Le mâle la ravitaille au nid. Le séjour au nid dure environ 30 jours. Avant l'envol, les oisillons sont alimentés par leurs deux parents. Dès qu'ils ont quitté le nid et rejoint le groupe, d'autres adultes que leurs parents peuvent remplir cette tâche.
Données complémentaires
| âge première reproduction | 3 ans | Bird et al. 2020 |
|---|---|---|
| Ponte | 4 à 5 oeufs | Bird et al. 2020, Lisleland et al. 2007, Myhrvold et al. 2015 |
| Incubation | 21 jours | Myhrvold et al. 2015 |
| Envol | 31,5 jours | Myhrvold et al. 2015 |
| Tentatives par an | 1 | Myhrvold et al. 2015 |
| Parade | both ground and non acrobatique flight parades | Lisleland et al. 2007 |
| Masse de l’oeuf | 15,5 g | Lisleland et al. 2007, Myhrvold et al. 2015 |
Menaces - protection
Phylogénie
Voici les 6 plus proches parents évolutifs de Pyrrhocorax graculus, d'après l'arbre phylogénétique BirdTree (Jetz et al. 2012). L'âge indiqué (en millions d'années, Ma) correspond à l'époque où les deux lignées se sont séparées d'un ancêtre commun.
Sources des données
- Bird et al. 2020
- Birdlife's Worldbird Database
- IOC 12.1
- Lisleland et al. 2007
- Myhrvold et al. 2015
- Pigot et al. 2020
- S. M. Billerman, B. K. Keeney, P. G. Rodewald, & T. S. Schulenberg (Eds.). (2022). Birds of the World. Cornell Laboratory of Ornithology. https://birdsoftheworld.org/bow/home
- Sibley 1996
- Tobias et al. 2021
- africanbirdclub.org
Autres références utiles
- Birdlife
- IUCN Red List — IUCN Red List of Threatened species, IUCN
- GBIF — GBIF - Global Biodiversity Information Facility, GBIF Secretariat
- Wikidata — Wikidata, la base de connaissances libre, Wikimedia Foundation
- Encyclopedia of Life — Encyclopedia of life, Encyclopedia of Life
- NCBI Taxonomy — NCBI Taxonomy Database, National Center for Biotechnology Information
- eBird — eBird, Cornell Lab of Ornithology et National Audubon Society
- Birds of the World — Birds of the World, The Cornell Lab of Ornithology
- TaxRef (INPN) — Inventaire national du patrimoine naturel (INPN), MNHN - INPN
- Xeno-Canto
Fiche créée le 31/12/2003 par Alexandre Knochel avec la participation de Daniel Le-Dantec
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