Musalla
Le musalla (arabe : مُصَلَّى, muṣallā) est un espace destiné à effectuer la prière chez les musulmans. Le terme vient du mot arabe صلى (ṣallā) qui signifier « prier ». Cet espace est aussi appelé namâzgâh (en persan : نمازگاه), « lieu de prière », ou encore (surtout dans le sous-continent indien) de 'îdgâh (en persan : عیدگاه), littéralement « lieu de l'aïd ».
Espace ouvert
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Si dans son sens premier, le musalla désigne un lieu où l'on peut prier, dans les faits, il en est venu à s'appliquer à un vaste espace ouvert, à l'extérieur des villes, pour prier. Sa première fonction est de fournir un espace supplémentaire pour la prière lors d'occasion comme les prières du Ramadan. En Iran, en Inde et dans la Turquie ottomane, il est appelé namazgah (en persan : نمازگاه), c'est-à-dire « lieu de prière »[1]. Dans son sens original, le musalla est donc un grand espace à ciel ouvert, généralement à l'extérieur de la ville, où toute la population se rassemble pour les prières de l'aïd al-Fitr et de l'aïd al-Adha[2], ainsi que pour la prière de la pluie (ar) (ṣalāt al-istisqā)[3], et qui n'est pas utilisé pour prier le reste de l'année.
Il arrive que le musalla soit un espace simplement délimité par une ligne qui indique la direction de la Mecque, bien que le plus souvent, il s'agit d'un long mur sur le côté de la qibla, mur qui peut inclure un mihrab. Traditionnellement, le musalla se trouve hors des portes de la ville. Mais il peut aussi être à l'intérieur des murs, comme dans le cas de la Samarra de la période abasside[1].
Le musalla peut aussi être un oratoire rattaché à un cimetière. Dans ce cas, le sol de l'édifice n'est pas recouvert par des tapis, car la prière pour les morts se fait debout, sans prosternation[4].
Îdgâh
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Dans le sous-continent indien, le musalla est en général appelé Îdgâh (« lieu de l'aïd »). Il s'agit d'une mosquée réduite à l'essentiel : un grand espace de prière ouvert avec simplement un mur qibla et un mihrab[5] (ce qui ramène la mosquée à sa structure essentielle : un terrain délimité sur un des côtés par un mur qibla (auquel on ajoute un mihrab et éventuellement un minbar[6]). Dans un tel lieu, l'ensemble de la population peut se rassembler lors des deux grandes fêtes musulmanes de l'Aïd al-fitr (marquant la fin du Ramadan) et l'Aïd al-Adha (moment culminant du hajj)[5]. Ce type de lieu de prière se trouve souvent aux abords des villes ; la coutume de célébrer les deux aïd dans ce type d'espace remonte au temps de Mahomet[7].
La prière dans l'islam connaît quatre niveaux, auxquels correspond chaque fois un type d'espace : les cinq prières quotidiennes (qui peuvent être pratiquées individuellement ou en groupe) ; la prière du vendredi à midi (en groupe) ; la prière lors des deux aïd ; les rites du pèlerinage à la Mecque (hajj). La première se fait chez soi ou dans une mosquée appelée en principe masjid ; la deuxième, dans une jâmi' ; la troisième dans un musalla ou un 'îdgâh ; la quatrième dans les environ de la Mecque, au mont Arafat[8].
Espace clos
[modifier | modifier le code]Le musalla peut aussi être une pièce annexe de la grande salle de prière dans une mosquée, utilisée par un petit nombre de personnes, pour les cinq prières quotidiennes, en dehors de la prière du vendredi. Ce peut être, plus généralement, tout espace aménagé pour effectuer ces cinq prières. Ainsi, dans de nombreux pays, en particulier ceux dont la population est essentiellement musulmane, des musallas sont installés dans les lieux publics comme les aéroports ou les centres commerciaux.
Galerie
[modifier | modifier le code]Notes et références
[modifier | modifier le code]- 1 2 (en) Andrew Petersen, Dictionary of Islamic Architecture, London - New York, Routledge, , 342 p. (ISBN 978-0-415-21332-5), p. 208
- ↑ « Petit glossaire spécifique à l’architecture de la mosquée », CLARA, no 2, , p. 17–18 (DOI 10.3917/clara.002.0017).
- ↑ (en) Linda G. Jones, The Power of Oratory in the Medieval Muslim World, Cambridge University Press, coll. « Cambridge Studies in Islamic Civilization », (ISBN 978-1-107-02305-5), p. 67.
- ↑ James Dikie in Michell 1991, p. 44
- 1 2 James Dikie in Michell 1991, p. 18-19
- ↑ James Dikie in Michell 1991, p. 33
- ↑ Guy T. Petherbridge in Michell 1991, p. 208
- ↑ James Dikie in Michell 1991, p. 35
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- (en) George Michell (Ed.), Architecture of the Islamic World. Its History and Social Meaning, London, Thames and Hudson, (1re éd. 1978), 288 p. (ISBN 978-0-500-34076-9)
- (en) A. J. Wensick et Robert Hillenbrand, « Musalla », dans Encyclopaedia of Islam, vol. 7, Leiden, Brill, , p. 658–660
