kwarkito
Un blog écrit en français, avec des photos des collages des dessins, des créations digitales, des récits de rêves, des chroniques des microfictions et encore bien d'autres bizarreries... A blog written in french with photos, collages, drawings, digital paintings, dream stories, chronicles, microfictions and a few other oddities.
jeudi 23 novembre 2023
J'appelle
Voilà
Qu’est-ce que je fais ?
J'appelle
J'appelle
J'appelle
Je ne sais qui j'appelle.
Qui j'appelle ne sait pas.
J'appelle quelqu'un de faible,
quelqu'un de brisé
quelqu'un de fier que rien n'a pu briser.
J'appelle.
J'appelle quelqu'un de là-bas,
quelqu'un au loin perd
quelqu'un d'un autre monde
(C'était donc tout mensonge ma solidité ?)
J'appelle.
Devant cet instrument si clair,
ce n'est pas comme ce serait avec ma voix sourde.
Devant cet instrument chantant qui ne me juge pas,
qui ne m'observe pas,
perdant toute honte, j'appelle,
j'appelle
j'appelle du fond de la tombe de mon enfance,
qui boude et se contracte encore,
du fond de mon désert présent
j'appelle
j'appelle.
L'appel m'étonne moi même.
Quoique ce soit tard, j'appelle.
Pour crever mon plafond sans doute surtout
j'appelle.
(Henri Michaux "Passages") shared with friday face off
première publication 25/01/2018 à 00:05
mercredi 22 novembre 2023
Dépaysement
Voilà,
cet endroit m'a toujours fasciné par sa puissance de dépaysement. C'est une sorte de Suisse fantasmée qui ressemble à ces paysages de trains électriques miniatures, alors qu'on est à Paris, dans le parc Montsouris, juste au dessus de la voie ferrée de la ligne de Sceaux.
Je crois avoir pris ce paysage des dizaines et des dizaines de fois. J'ai même, sur ce blog déjà publié une photo quasiment du même endroit il y a longtemps.
Sinon, en ce qui concerne le noir et blanc, mon inclination première me porte vers des contrastes denses plutôt que des images éthérées comme celle que j'ai tentée la semaine dernière.
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lundi 20 novembre 2023
samedi 18 novembre 2023
Directeur de théâtre
Voilà,
"un
directeur de théâtre qui doit tout créer lui même de fond en comble, il
doit même commencer par procréer les acteurs. Un visiteur qui se
présente n'est pas introduit, le directeur est pris par d'importants
travaux. Que fait il ? il change les langes d'un futur acteur".
Franz Kafka in Journal (18 février 1920)
*
C'est précisément en me rendant vendredi soir, au théâtre dans la ville de Saint-Denis en travaux, (sans doute à cause des jeux olympiques, puisque le stade de France se trouve dans cette municipalité), que m'est apparue cette vision d'une palissade en mirolège, qui m'a laissé un instant déconcerté.
Je n'ai pas immédiatement compris ce que je voyais et j'ai été saisi d'une légère angoisse, comme si j'étais l'objet d'une hallucination.
*
Quelques mètres plus loin, j'ai aperçu cette fresque que j'ai photographiée à travers les grilles d'une porte d'entrée. Elle a été réalisée par le collectif AAAAA composé de femmes colombiennes âgées de 34 à 43 ans. Trois d'entre elles sont plasticiennes ayant en commun d'avoir suivi une formation d'architecte. Les deux autres sont danseuse et réalisatrice. Elles ont signé des fresques sur le territoires du grand Paris et réalisé une installation à la biennale d'architecture de Venise. Quand elles ne travaillent pas ensemble chacune mène sa propre trajectoire artistique. (Informations glanées sur le site de la ville de Nanterre)
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vendredi 17 novembre 2023
Vers le blanc
Voilà,
c’était
avant, il n’y a pas si longtemps au printemps dernier je crois,
désormais si loin dans ma mémoire, depuis qu'un certain événement a pris toute
la place. Je me promenais dans le parc à la recherche d’un cerisier en fleurs. Ces moments s’effacent peu à peu. Il n'y a plus que ce présent étrange et lourd, dédié à une autre vie que la mienne.
Il y a ces photos que j'avais programmées pour plus tard. Ces publications aussi, qui parfois font un étrange écho. Il y a aussi ce que je pensais pouvoir publier et qui n'a plus lieu d'être.
J'ai toutefois gardé quelques notes, plus techniques. Concernant les photos. Des constats, des questions. peut-être ne sont elle plus tout à fait d'actualité elles non plus. Voilà ce qui me traversait il y a encore quelques mois : Difficile d'essayer de voir les choses d'un œil différent. De transcrire le réalité dans un langage visuel autre que celui pratiqué ordinairement. Pas un autre langage, non, mais un autre accent, d'autres nuances. Une approche différente du sujet. Cela ne va pas de soi. Je m'y suis pourtant déjà essayé à travailler sur le blanc, l'à-peine-visible. Mais ça résiste, bien que cela procède d'une véritable envie. Ce n'est pas que cela soit une idée particulièrement originale — bien des photographes sont coutumiers de cette façon de procéder. C'est toutefois un truc qui me trotte dans la tête depuis un moment. Pas toujours, mais de temps à autre.
jeudi 16 novembre 2023
Taquiner le cochonnet
Voilà
en cet automne qui commence à fraîchir, les boulistes du jardin du Luxembourg profitent
du moindre rayon de soleil du moindre carré de ciel bleu pour aller taquiner le cochonnet
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mardi 14 novembre 2023
Désormais
Voilà,
qu'y puis-je si, en quelque lieu que ce soit,
il n’est de moment désormais qui n'ait un arrière-goût de sanglot
dimanche 12 novembre 2023
Plus-values et aliénés
Voilà
un moment que je traîne cette idée. J'aime aller dans les musées — c'est même une des raisons qui me retient dans cette ville —, et assez souvent dans les musées d'art contemporain. On y voit certes beaucoup de daubes, et nombre des soi-disant "œuvres" qu'on y trouve relèvent de l'imposture. Mais malgré tout, ça me délasse. Mon esprit y vagabonde allègrement. Je m'y promène comme dans une galerie commerciale. D'ailleurs une Fondation d'Art contemporain n'est souvent qu'une galerie de luxe qui témoigne de la jouissance du collectionneur à produire de la plus-value. Parfois bien sûr, quelque chose attire l'œil, suscite attention et réflexion, et il arrive que l'on tombe sur une œuvre qui se distingue pour autre chose que sa valeur marchande. Mais la plupart du temps, ce que j'y trouve, ici ou là de plus intéressant ce sont les gardiens.
Parmi des œuvres qui sont le plus souvent des objets de spéculations et constituent en quelque sorte une esthétique du fétichisme de la marchandise, les gardiens figurent l'image de l'exploité, prêtant sa force de travail, dont la pénibilité tient au fait qu'elle doit se traduire en force d'inertie et en présence permanente, parfois avec l'interdiction de s'asseoir comme à la Pinault Collection. Ils contribuent, malgré eux à une esthétique de l'aliénation dans la mesure où sans le savoir, ils performent — la performance étant un must de l'art contemporain — leur exploitation.
de même que dans le stand d'une galerie lors d'une foire d'art contemporain, le travail d'une secrétaire peut lui aussi faire partie de "l'œuvre".
Sinon, il y a l'art populaire qu'offre la ville et qui n'est l'objet d'aucune spéculation. Je suis retombé il y a peu dans le quatrième arrondissement, sur cet arbre et cette fontaine réalisés en mosaïque au 2 rue de la Verrerie. Je n'en connais pas l'auteur
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mercredi 8 novembre 2023
Ombre et lumière
Voilà
malgré tout, accorder un intérêt particulier à des choses que la plupart des gens ne font qu'apercevoir ou peut-être même ne voient pas. Le merveilleux apparaît parfois dans la morne banalité d'une salle d'attente. Il y a quelque chose qui relève parfois du miracle dans ce qui advient du jeu des ombres et de la lumière. Tout à coup la beauté se tient là, pure, énigmatique et complexe. Et c'est bon prendre.
*
Il y a quatorze ans, avec un article que j'avais rédigé la veille, je me suis décidé à ouvrir ce blog. Le jour des huit ans de ma fille. Il y était question d'ombres de confusion et de vague malaise. C'était un dimanche et nous avions passé une agréable journée au champ de courses avec sa mère dont j’étais depuis peu séparé et des amies. C'était la première fois que nous nous y rendions. Nous n’y sommes jamais retournés.
Aujourd'hui cet anniversaire à une densité particulière et j'ai la gorge nouée.
Mais bon j'entends son rire dans la cuisine et sa joyeuse conversation avec une de ses amies.
lundi 6 novembre 2023
D'une image l'autre
Voilà,
je n’ai rien écrit au sujet des atroces événements qui accablent l’état d’Israël et les territoires occupés de la Palestine. Non que j’en pense rien, mais tant de gens semblent avoir à en dire quelque chose. Je vois déjà passer tant de mots et d’images à ce propos. En quoi mon avis serait-il d’un quelconque intérêt ? En d’autres temps, pas si lointains, j’aurais peut-être eu la prétention de croire utile d’ajouter du commentaire aux commentaires. Je regrette d'ailleurs de l’avoir si souvent fait sur tant de sujets différents. C’est le problème avec ces supports qui brouillent la frontière entre l’intime et l’extime. On se prête à des réflexions qu’on essaie de rendre claires et cohérentes pour soi-même. On en vient à livrer des opinions des interrogations sur le monde à des gens qu’on ne connaît pas, alors qu’au fond tout ça n’a pas grand sens ni de particulière utilité pour eux. C’est comme si on faisait sa toilette en public. Ou qu'on tenait absolument à affirmer son appartenance à la grande tribu des raseurs pontifiants.
Depuis le 6 octobre mon existence est bouleversée pour des raisons qui n’ont rien à voir avec les convulsions de ce monde. Je commence péniblement à prendre la mesure de ce qui m’arrive. J’écris encore sur ce blog et je ne sais plus pourquoi. La force de l’habitude sans doute. Je ne sais plus ce que je dois faire avec cette activité qui a pris tant de place au fur et à mesure que je la pratiquais. Qui a peut-être constitué une soupape de sécurité tout au long de ces années.
A présent, je me demande ce qu'il m'est possible d'écrire qui n'engagerait que moi, et aussi que faire de cet espace.
Mais, comme souvent je m’égare.
Je voulais juste parler d’une photo saisissante qu’une amie a publiée sur sa page facebook. Elle est supposée se rapporter au massacre provoqués par les bombardements de Gaza. Je n’en connais pas l’auteur. J’ai cherché je n’ai pas encore trouvé. J'ai un doute. Trop beau pour être vrai
Je n’aime pas trop publier des photos des autres dans ces pages. Surtout quand je n’en connais pas l’origine. Lorsque j’ai vu celle-ci, j’ai pensé à une installation d’art contemporain. À cause du ballon rouge. Aussitôt, comme il n’est nulle mention d’auteur, j’ai supposé que ça pouvait être aussi bien une photo de tremblement de terre en Turquie ou ailleurs. Ou une image créée par intelligence artificielle.
Quand j’ai commencé ce blog, la règle que je m’étais imposée était "un texte écrit par moi, associé à une image de ma facture". Pour les images je m'y suis tenu — à deux ou trois exceptions près. Pour les textes c'est une autre affaire.
Aujourd’hui, si je crois toujours au pouvoir de fascination des images, je mets de plus en plus en doute leur authenticité, et leur faculté à témoigner du réel. Je pense d'ailleurs qu’elles ont moins à voir avec ce dernier qu’avec l’imaginaire.
En ce moment, plutôt que des photos, j'ai envie de montrer des dessins, des collages... Celui-ci en haut de cette page continue de bien me plaire. Je ne sais plus à quelle époque je l'ai conçu. Il y a cinq ou six ans je pense.
Sinon, j'ai découvert la symphonie des psaumes de Stravinsky, et ça me plaît.
dimanche 5 novembre 2023
Mélanges
Voilà,
le 10 Août dernier, sortant du musée Carnavalet, je suis passé par la rue de Turenne, où j'ai aperçu ce mural réalisé par un artiste du nom de Hopare. C'était un jour maussade, il ne faisait pas très beau sur Paris. Je me traînais avec une douleur au genou et une grande déception au cœur. Comme ces jours me semblent pourtant légers au regard de ce que je traverse à présent.
*
Pour faire face j'essaie de renouer avec des pratiques anciennes, cherchant dans la réalisation d’images abstraites aux couleurs saturées un peu d'apaisement. Mais ce qui fonctionnait autrefois, n'est pas à la mesure de l'événement auquel je dois faire face. Les nuits sont parfois terribles.
*
Subsiste au
matin l'empreinte fantôme de ces rêves effrayants dont on ne se
souvient pas vraiment. Ne reste qu'une impression confuse et résiduelle d’où nul
récit n’est possible. Persistent seulement les idées sombres qu’ils
suggèrent. Tristement hagard, on demeure en proie à un murmure
inarticulé mais obsédant qui continue de ramper parmi les pensées et
vous laisse épuisé pour la journée à venir.
Ainsi vont les choses dans le meilleur des mondes.
vendredi 3 novembre 2023
Cerné par les ordures
Voilà
en février 2023 dernier, le procès de Clément Baur, Mahiedine Merabet et dix autres hommes ayant participé à un un attentat déjoué à Marseille, à l’aube de l’élection présidentielle de 2017, a été renvoyé «à une session ultérieure». Cela faisait pourtant deux semaines qu’ils étaient jugés devant la cour d’assises spécialement composée de Paris. L'absence d’une de ses assesseures, «pas en capacité au vu des avis médicaux de nous rejoindre avant plusieurs semaines», et l'impossibilité de trouver un remplaçant désigné en amont de l’audience, la présidente, Corinne Goetzmann a été contrainte au renvoi. La cour compétente en matière de terrorisme ne peut délibérer si elle n’est pas formée de cinq magistrats professionnels ayant suivi l’intégralité des débats. Aucun assesseur supplémentaire n’avait, comme il est pourtant d’usage pour de telles audiences, été désigné lors de ce procès prévu pour durer quatre semaines. Il se tient à nouveau depuis le 30 Octobre et doit se poursuivre jusqu’au 1er Décembre.
Ce naufrage s’ajoute à celui de l’Éducation nationale, et de notre système de santé. Quand les gens comprendront-ils que les grandes fraudeurs fiscaux nous volent l’argent des communs et qu'ils sont les responsables à punir le plus sévèrement possible ? Mais évidemment vu les moyens de la justice, et l'absence de volonté de nos gouvernants à la botte du patronat, tout est fait pour que cela ne puisse se produire. La France est le pays d'Europe où les crédits alloués à la justice sont parmi les plus bas.
En outre, l'année passée, en France, la fortune des milliardaires a augmenté de 200 milliards et la fréquentation des restaus du cœur de 12% en 6 mois.
La France ressemble à cette photo prise en mars dernier à Paris, lors de la grève des éboueurs. Si on regarde le ciel, c'est joli, mais à hauteur d'homme on est cerné par les ordures.
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jeudi 2 novembre 2023
Cauchemar
Voilà,
c'est
sur les conseils du prêcheur évangélique Bill Graham, que Dwight
Eishenhower, en 1957 proposa qu'on apposât la mention "in god we trust"
sur les billets de la monnaie américaine. Celle-ci fit peu à peu son
apparition et se généralisa à partir de 1963. A noter que le slogan
"Gott mit uns" fut longtemps une devise militaire allemande. Depuis 1701, celle de la Maison royale de Prusse (Maison de Hohenzollern), puis à partir de 1871 du Kaiser. Elle aura été utilisée après la fin de la monarchie par la Reichswehr, puis par la Wehrmacht ainsi que par la Bundeswehr
jusqu’en 1962. S’il ne faut y voir aucune relation de cause à effet, la
coïncidence toutefois est amusante. Reste maintenant à trouver si une
institution ou église américaine aurait par hasard adopté la devise «
my honour is faithfulness ».
J’ai visionné, il y a quelques mois, un documentaire de trois heures sur les
Évangéliques, et il semblerait qu’on n’ait pas le cul sorti des ronces.
Surtout les américains. Frank Zappa avait eu une très juste intuition lors de cette interview
lorsque qu'il parlait de Pat Robertson. Finalement l'air de rien on y
est presque. Trois évangéliques à la Cour Suprême, des insurgés
trumpiens après l'assaut du capitole, faisant une prière à la chambre
des représentants. Et maintenant l'alt right qui prend de plus en plus
de pouvoir dans les institutions américaines. Le cauchemar continue ou
recommence c'est selon. J'ai pu le lire sur le blog Carnival Selah, le 15 septembre dernier "Trump est le Joker. Ils ne pourront jamais l'enfermer. À ce stade, je ne vois pas comment il ne sera pas président en 2024. C'est le favori de Vladimir et de Kim, des correspondants et tout le reste". J'espère qu'il se trompe. Cela dit par chez nous, il existe quelques spécimens qui ne valent guère mieux. C’est peut-être être de cela que meurent les démocraties. De ne plus offrir d’autres choix que des crétins pour parler au nom du peuple ou de la nation.
mercredi 1 novembre 2023
Il y a peu de morts entières
Voilà
Il y a peu de morts entières.
Les cimetières sont pleins de fraudes.
les rues sont pleines de fantômes.
Il y a peu de morts entières.
Mais l'oiseau sait sur quelle ultime branche il se pose
et l'arbre sait où prend enfin l'oiseau.
Il y a peu de morts entières.
La mort est chaque fois plus incertaine.
La mort est une expérience de la vie.
Et l'on a besoin parfois de deux vies
pour pouvoir compléter une mort.
Il y a peu de morts entières.
Les cloches sonnent toujours de même.
Mais la réalité n'offre plus de garantie
et il ne suffit pas de vivre pour mourir.
(Roberto Juarroz)
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dimanche 29 octobre 2023
Mélanges et considérations éparses
Voilà,
une de mes histoires juives préférées qui résonne de façon étrange ces derniers temps.
"des
journalistes partent faire un reportage à Jérusalem. Ils filment un peu
partout et arrivent au Mur des Lamentations. Après avoir interrogé les
gens alentour, ils se dirigent vers un vieil homme qui a prié
longuement...
- Bonsoir Monsieur, vous venez souvent prier au Mur des Lamentations ?
- Oui Messieurs, je viens ici tous les soirs depuis plus de 40 ans.
- Et pour quoi priez-vous ?
- Je prie pour tout : pour la fin de la guerre dans le monde, pour que la famine cesse, pour endiguer les maladies, la misère, la malnutrition...
- Vous priez vraiment pour tout cela ?
- Et bien plus encore... je prie pour la préservation de la planète, je prie pour ma famille, je prie pour mes amis, je prie pour l'humanité, je prie pour qu'on trouve une solution aux problèmes humains, à la pollution, aux maladies...
- Et qu'est-ce que cette prière vous apporte ?
- Peu de choses... j'ai l'impression de parler à un mur !"
- Je prie pour tout : pour la fin de la guerre dans le monde, pour que la famine cesse, pour endiguer les maladies, la misère, la malnutrition...
- Vous priez vraiment pour tout cela ?
- Et bien plus encore... je prie pour la préservation de la planète, je prie pour ma famille, je prie pour mes amis, je prie pour l'humanité, je prie pour qu'on trouve une solution aux problèmes humains, à la pollution, aux maladies...
- Et qu'est-ce que cette prière vous apporte ?
- Peu de choses... j'ai l'impression de parler à un mur !"
A Paris, à l'église Notre-Dame des Victoires, les murs sont tapissés d'ex-voto en remerciement des prières exaucées.
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*
Sinon, la coupe du monde de rugby s'est terminée. Aucune de mes équipes préférées n'a gagné. Hier en passant du côté de la rue Princesse, j'ai pris cette photo. Au moins au rugby les supporters se respectent. Ils boivent des coups ensemble avant et après les matches. Ils se photographient. Je repense aussi à ce tableau peint en 1912 par Eugène Pascau que j'ai photographié au musée des arts décoratifs représentant Fernand Forgues, capitaine de l'aviron bayonnais.
C’était à la mi-septembre, j'étais un autre homme. Mes soucis étaient d'une nature différente et me semblent bien dérisoires à l'heure qu'il est.
*
J'avais et j'ai encore de nombreuses publications rédigées à l'avance pour ce blog. J'avais programmé celle-ci pour un de ces jours prochains, qui commençait par un rêve qui m'avait traversé il y a longtemps, sans doute à l'époque du confinement.
"Après
m'être couché à minuit, anxieux à cause des symptômes de rhinite ou de
pharyngite que j'ai ressentis, je me réveille deux heures plus tard
parce qu'un gros crétin avec une grande gueule, se fout de deux types
que je lui aurais recommandés. Ils se font passer pour mes frères, enfin
c'est comme ça qu'il me les présente. Il paraît qu'ils commettent, en
mêlée fermée des fautes de débutants, chacun à son poste de pilier. En
voilà une affaire ! Qu'est ce que j'y peux moi si ces deux guignols
poussent de traviole et n'assurent pas leurs appuis. Je ne sais pas d'où
ils sortent. Je ne les connais même pas. D'ailleurs leur gabarit peut
difficilement faire illusion, et en plus ils ont l'air sacrément cons,
et deux trois questions me confirment qu'ils ne sont pas plus rugbymen
que je ne suis épidémiologiste et c'est sans doute ça qui me réveille".
Du
coup ça m'a rappelé à ces deux là, bien dépités et pas très frais, mais
bien sympathiques cependant, que j'avais croisés en Octobre 2011 rue
Princesse au matin, peu après la défaite des français lors la finale de
la coupe du monde de Rugby contre les All Blacks. Ils avaient absolument
tenu à ce que je les photographie.
Il
existe une théorie dite des six degrés de séparation (aussi appelée
théorie des six poignées de main) établie par le Hongrois Frigyes Karinthy
en 1929 qui postule que toute personne sur le globe peut être reliée à
n'importe quelle autre, au travers d'une chaîne de relations
individuelles comprenant au plus six maillons. Avec le développement des technologies de l’information et de la communication, le degré de séparation a été mesuré de 4,74 sur le réseau social Facebook en 2011, 3,5 degrés en 2016, et à 6,6
sur l’échange de plusieurs milliards de messages instantanés étudiés en
2008 par Eric Horvitz et Jure Leskovec, chercheurs chez Microsoft, en
analysant des discussions de Windows Live Messenger.
Donc
si quelqu'un parmi mes lecteurs reconnaît un de ces deux lascars, je
peux lui faire parvenir cette photo, s'il me joint par l'intermédiaire
du formulaire de contact.
*
Différentes temporalités s'enchevêtrent. Il faudrait qu'à nouveau je fabrique des images qui rendent compte de cela. Mais je ne sais plus de quoi je suis encore capable. Tout me semble obscur.
Le terme "Sonder" mérite
aussi d’attirer l’attention. Il permet en effet d’exprimer cette impression
métaphysique désagréable que l’on éprouve lorsque l’on comprend que "chaque personne que l’on croise vit une vie aussi pleine et complexe que la nôtre".
Le sonder est un sentiment qui nous submerge : il exprime le fait
d’admettre qu’il est impossible de se mettre complètement à la place de
l’autre. Et aussi que personne ne peut se mettre à notre place.
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6 Parvis Notre-Dame - Pl. Jean-Paul II, 75004 Paris, France
vendredi 27 octobre 2023
Un lien surprenant
Voilà,
parce qu’au cours d’une de mes insomnies j’ai, par hasard, entendu à la radio un morceau (introduction et variations sur une ronde populaire), d’un compositeur dont j’ignorais jusqu'à l’existence (Gabriel Pierné), de fil en aiguilles, comme on disait autrefois, cherchant à en savoir un peu plus sur ce musicien, j'ai découvert un lien tout à fait surprenant intitulé compositeurs négligés, atelier de reparations qui, non seulement répertorie des compositeurs tirés de l’oubli, mais propose aussi pour chacun d’entre eux, des liens renvoyant à certaines de leurs œuvres.
En fait, ce site tenu par André Hautot est un exemple d'érudition généreusement partagée. J'ai commencé à musarder dedans et je le trouve vraiment exceptionnel. En cette période troublée où mes nuits sont si confuses — comme cette image — j'ai trouvé un peu de joie à satisfaire ma curiosité autant qu'à la perspective de susciter la vôtre.
jeudi 26 octobre 2023
Entre le regard et le monde
Voilà,
un fait constaté depuis longtemps : la mélancolie est toujours plus ou moins à l'œuvre en photographie. Elle compose en partie (en partie seulement) avec ce qui de toute façon est voué à disparaître ou à s'oublier. Elle tente de donner forme et sens à ce "presque-rien" ou ce "je-ne-sais-quoi" qui affleure soudain entre le regard et le monde. Elle substitue une image au récit qui manque et qui de toute façon ne pourrait s'élaborer dans l'instant. Elle figure ce qui dans l'immédiat échappe aux mots, à la trop laborieuse construction d'une narration.
La photo s'apparente au "quoi-qu'il-en-soit".
J'ai été là, un trouble m'a saisi. J'ai cadré plus ou moins vite. J'ai appuyé sur le déclencheur. On ne sait pas ce qu'il en adviendra, mais, sauf erreur de manipulation, maladresse à la prise de vue, l'image est "quoi qu'il en soit" dans le boîtier. ("Pourvu qu'elle ne soit pas abîmée ou annulée au tirage" espérait-on avant l'apparition du numérique). Elle sera un jour tirée, et deviendra un objet réel ayant la forme d'un souvenir.
Celle de cette grange à l’abandon a été prise il y a bien des années. Son négatif est demeuré longtemps entre deux fines couches de papier cristal, soigneusement rangé dans un classeur, lui même bien en place sur une étagère. Je ne me souviens pas du moment précis où je l'ai prise. Je peux la situer dans le temps grâce à la "planche contact" qui elle, par contre, permet de construire une vague narration du fait de l'agencement chronologique des images.
Pourquoi ai-je éprouvé le besoin de la ressortir ?
Je lui ai soudain trouvé une certaine beauté. Et puis la neige. Peut-être n'avais-je encore jamais vu la neige sur ce paysage avec lequel j'entretiens une relation ambigüe et où je n'ai plus guère l'occasion de retourner.
mercredi 25 octobre 2023
En écoutant la radio
Voilà,
dans l"Innommable", Beckett écrivait : "Il
faut continuer, je ne peux pas continuer, il faut continuer, je vais
donc continuer, il faut dire des mots, tant qu’il y en a, il faut les
dire, (…) il faut continuer, je ne peux pas continuer, je vais
continuer".
Avec les images aussi.
Dehors il pleut. L’automne semble enfin arrivé pour de bon. Je n’ai pas beaucoup d’énergie.
Je suis toujours plus ou moins dans un état de sidération.Je bidouille des images, sans grande conviction. Je me souviens des années d'enfance. J'essaie de retrouver le graphisme qui avait cours à l'époque. Sans succès. Rien ne me satisfait. L'inspiration ne vient pas. Alors je donne du lisse à des photos énigmatiques.
Je fais ça en écoutant la radio.
c'est comme ça que je découvre à midi après une salade d’endives préparée sur le pouce, la déconcertante musique du compositeur américain Ned Rorem disparu en Novembre 2022. C'est une rediffusion sur France Musique d’un entretien enregistré par Mildred Clary en 1984. Je n’en avais jamais entendu parler, alors que c’est une figure majeure de la musique américaine. Très bien intégré à la vie musicale française de l’immédiate après-guerre, il passa cinq ans à Paris où certaines de ses œuvre furent même créées.
J’ai bien évidemment fait quelques recherches et découvert qu’il fut en outre un diariste opiniâtre puisque la publication de son journal intime s’étale sur plus de cinquante années de sa vie de 1950 à 2005
Dans un entretien il notait à ce sujet "Un journal intime n’a de portée que par l’accumulation d’observations illimitées (dont beaucoup sont obsessionnelles et récurrentes), et jamais à travers le développement de thèmes (car alors, ce ne serait plus un journal). Les œuvres d’art doivent avoir un plan, un commencement, une fin. Par nature, un journal n’a pas de forme au-delà de celle, accidentelle, de l’improvisation ; c’est pourquoi, même s’il ne peut être une œuvre d’art (l’improvisation l’exclut), il peut être un chef-d’œuvre."
C'était un homme très sûr de lui, de son art, de son pouvoir de séduction et de conviction.
Je regarde aussi des documentaires à la télévision sur Philip Guston, Mark Rothko...
Je me sens très seul.
Il existe un mot turc — Bingildamak — qui signifie trembler comme de la gelée.
Je voudrais que quelqu'un me serre dans ses bras.
J'avais une âme sœur autrefois, il y a longtemps, très longtemps.
mardi 24 octobre 2023
Taniyama
Voilà,
cette histoire m'a toujours troublé. Il y a donc eu, à un moment de l'histoire de la pensée humaine, l’apparition de la conjecture de Shimura-Taniyama. Devenue le théorème de la
modularité elle atteste que pour chaque forme modulaire dotée de bonnes propriétés (en
particulier de poids 2 et à coefficients rationnels) il existe une courbe
elliptique adéquate.
Je n'ai jamais très bien su ce que cela signifiait, mais j'ai trouvé la formule assez poétique et l'ai quelquefois utilisée pour exprimer la sensation d'inadéquation vis-à-vis de ma propre existence.
C'est en travaillant plus particulièrement sur un point précis de la conjecture (le cas des courbes elliptiques semi-stables), que Wiles révéla l'exactitude du dernier théorème de Fermat. Lisant un livre sur la résolution de ce dernier, j'avais été particulièrement troublé par le destin de Yutaka Taniyama, une sorte de Maïakovski des mathématiques, qui se suicida à 31 ans, et surtout par cette note laissée à l'intention de ses collègues : "Jusqu'à hier, je n'avais aucune intention de me tuer. Mais
quelques-uns ont dû remarquer que ces derniers temps j'étais fatigué
physiquement et mentalement. Quant à la cause de mon suicide, je ne la
comprends pas moi-même tout à fait, et elle ne résulte pas d'un incident
ou d'une raison particulière. Je peux simplement dire que je suis dans
un état d'esprit où j'ai perdu confiance en mon avenir. Il y aura sans
doute quelqu'un qui sera troublé par mon suicide et pour qui cela sera
un coup dur dans une certaine mesure. J'espère sincèrement que cet
incident ne jettera aucune ombre sur l'avenir de cette personne. En tout
cas, bien que je ne puisse pas nier qu'il s'agit d'une sorte de
trahison, je vous prie de l'excuser et de le considérer comme le dernier
acte d'un homme qui a toujours conduit sa vie comme il l'a entendu."
C'est très élégamment écrit.
Peut-être son acte était-il la meilleure issue pour accorder toutes les courbes elliptiques et les formes modulaires qui frémissaient en lui.
dimanche 22 octobre 2023
A Bacalan
Voilà,
prises dans le quartier Bacalan, en Août 21 à Bordeaux, ces photos me rappellent un agréable séjour chez l'amie Christine. C'est en allant dans un lieu alternatif où se tenait une exposition photo que j'ai aperçu dans la même rue ces deux portraits géants. Je n'en connais hélas pas l'auteur
La vie était bien légère alors et je ne m'en rendais pas compte. A présent tous les murs sont couleur de chagrin.
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Libellés :
La province,
Murs
Pays/territoire :
Bordeaux, France
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Formed in 2009, the Archive Team (not to be confused with the archive.org Archive-It Team) is a rogue archivist collective dedicated to saving copies of rapidly dying or deleted websites for the sake of history and digital heritage. The group is 100% composed of volunteers and interested parties, and has expanded into a large amount of related projects for saving online and digital history.











