Souss-Massa
| Souss-Massa (ar) سوس-ماسة (zgh) ⵙⵓⵙ-ⵎⴰⵙⵙⴰ | |
Héraldique |
|
| Administration | |
|---|---|
| Pays | |
| Provinces | Agadir Ida-Outanane Chtouka-Aït Baha Inezgane-Aït Melloul Taroudant Tata Tiznit |
| Chef-lieu | Agadir |
| Conseil régional | Conseil régional de Souss-Massa |
| Président Mandat |
Karim Achengli (RNI) 2021-2027 |
| Wali(s) | Saaïd Amzazi |
| Démographie | |
| Population | 3 020 431 hab. (2024 [1]) |
| Densité | 56 hab./km2 |
| Population urbaine | 1 816 102 hab. (2024) |
| Population rurale | 1 204 329 hab. (2024) |
| Géographie | |
| Superficie | 5 378 900 ha = 53 789 km2 |
| modifier |
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La région de Souss-Massa (en amazighe : ⵙⵓⵙ-ⵎⴰⵙⵙⴰ ; en arabe : سوس-ماسة) est l'une des douze régions du Maroc, instituée en 2015. Située au centre du pays, elle comprend notamment les villes de Agadir, Tiznit, Aït Melloul, Tata, Aït Amira et Taroudant.
Depuis , le président du conseil régional est Karim Achengli. Le wali de la région est Saaïd Amzazi.
Géographie
[modifier | modifier le code]Localisation
[modifier | modifier le code]La région est située au centre-ouest du Maroc. Elle est bordée à l’ouest par l’océan Atlantique, au nord par la région de Marrakech-Safi, à l’est par la région de Drâa-Tafilalet, au sud-est par l’Algérie et au sud-ouest par la région de Guelmim-Oued Noun. Son chef-lieu est Agadir.
Elle est encadrée au nord par les reliefs du Haut Atlas occidental et au sud par l’Anti-Atlas. Elle est traversée par la vallée de l’oued Souss et l’oued Massa, et bordée au sud par le bassin du Drâa.
Au recensement de 2024, la population régionale s’élève à 3 020 431 habitants.
Climat
[modifier | modifier le code]Le climat de la région est de type semi-aride à aride, sous l’influence du relief, de l’océan Atlantique et du Sahara.
La partie nord, dominée par les reliefs de l’Atlas, présente un climat relativement humide à semi-aride. La plaine du Souss et les bassins des oueds Souss et Massa connaissent un climat aride, malgré leur ouverture sur l’Atlantique. Enfin, les zones méridionales et sud-orientales, en bordure du Sahara, sont caractérisées par un climat désertique.
Les précipitations annuelles moyennes atteignent environ 250 mm dans la plaine du Souss[2], et entre 350 et 400 mm sur les reliefs[3]. Les zones méridionales sont nettement plus sèches, bien que certaines années aient connu des épisodes pluvieux importants[4].
Géologie et paléontologie
[modifier | modifier le code]Un écosystème daté d’environ 515 millions d’années a été découvert en 2024 dans des niveaux de cendres volcaniques à Aït Youb. Cette découverte comprend notamment deux nouvelles espèces de trilobites, présentant des détails anatomiques particulièrement bien conservés[5],[6].
Administration et politique
[modifier | modifier le code]Administration déconcentrée
[modifier | modifier le code]Dans le cadre de l’administration territoriale déconcentrée, la région correspond à la wilaya de Souss-Massa.
- d’ à , le wali est Zineb El Adaoui ;
- de à , le wali est Ahmed Hajji ;
- depuis le , le wali est Saaïd Amzazi.
Subdivisions administratives
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La région comprend deux préfectures et quatre provinces :
Infrastructures
[modifier | modifier le code]Barrages
[modifier | modifier le code]| Barrages | Oued | En service | Capacité en mm³ | Usages |
|---|---|---|---|---|
| Youssef Ben Tachfin | Massa | 1972 | 304 | Irrigation + eau potable |
| Abdelmoumen | Issen | 1981 | 214 | Irrigation + eau potable |
| Dkhila | Issen | 1986 | 0,7 | Régulation |
| Aoulouz | Souss | 1991 | 294 | Recharge de la nappe |
| Imi El Kheng | Talkjunt | 1993 | 11 | Irrigation + recharge de la nappe |
| Moulay Abdellah | Tamri | 2003 | 110 | Eau potable |
| Ahle Souss | Aït Baha | 2004 | 2,2 | Irrigation + eau potable |
| Mokhtar Soussi | Aouzioua | 2002 | 50 | Irrigation |
Démographie
[modifier | modifier le code]Au recensement de 2014, la population de la région s’établit à 2 676 847 habitants, soit environ 7,9 % de la population nationale. Elle a connu une croissance de 352 700 habitants entre 2004 et 2014, correspondant à un taux d’accroissement annuel moyen de 1,4 %.
Communes les plus peuplées
[modifier | modifier le code]| Nom | Provinces/Préfectures | Population |
|---|---|---|
| Agadir (chef-lieu) | Préfecture Agadir Ida-Outanane | 504,768(2024) |
| Aït Melloul | Préfecture d'Inezgane-Aït Melloul | 210,870 (2024) |
| Tiznit | Province de Tiznit | 198,542 (2024) |
| Inezgane | Préfecture d'Inezgane-Aït Melloul | 137,512 (2024) |
| Ait Amira | Province de Chtouka-Ait Baha | 113,236 (2024) |
| Dcheira El Jihadia | Préfecture d'Inezgane-Aït Melloul | 113,041 (2024) |
| Drarga | Préfecture Agadir Ida-Outanane | 107,621 (2024) |
| Lqliâa | Préfecture d'Inezgane-Aït Melloul | 107,133 (2024) |
| Oulad Teïma | Province de Taroudant | 100,284 (2024) |
Économie
[modifier | modifier le code]Tourisme
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Le tourisme constitue un secteur important de l’économie régionale, notamment autour d’Agadir, principal pôle touristique, et du littoral atlantique.
La région attire des visiteurs pour ses plages, ses stations balnéaires et ses infrastructures hôtelières, en particulier à Agadir et dans les communes voisines comme Taghazout, connue pour ses spots de surf. Le littoral, qui s’étend sur plusieurs centaines de kilomètres, offre également des sites naturels et des zones protégées.
Le tourisme naturel et écologique occupe également une place notable, notamment dans le parc national de Souss-Massa, qui abrite une biodiversité importante, ainsi que dans les zones rurales et montagneuses de l’Anti-Atlas. Ces espaces attirent des visiteurs intéressés par les paysages, la randonnée et les activités de plein air.
Par ailleurs, la région dispose d’un patrimoine culturel et artisanal, avec des médinas, des souks et des traditions locales, notamment à Tiznit et Taroudant, contribuant à la diversification de l’offre touristique.
Le développement du tourisme s’inscrit dans une dynamique nationale visant à renforcer l’attractivité des destinations régionales, tout en faisant face à des enjeux liés à la gestion des ressources naturelles et à la préservation des écosystèmes.
Agriculture
[modifier | modifier le code]Pour le bassin du Souss-Massa en particulier[2], l'exploitation de la nappe phréatique et les grandes infrastructures hydrauliques (près de 190 000 ha de terres irriguées) a permis le développement de l'arboriculture (13 % de la superficie cultivée en plantations fruitières au niveau national) notamment les agrumes pour lesquels la région a alloué, pendant la campagne agricole 2005-2006, 33 000 hectares soit 40 % de la superficie nationale consacrée à ces cultures.
L'activité agricole se concentre essentiellement dans les bassins du Souss et du Massa et du Drâa alors que les plaines intérieures de la région font face de plus en plus à la désertification des sols et la sécheresse rendant, ainsi, difficile d’entretenir une agriculture rentable et prospère. Par ailleurs, l'intensification des fourrages et l'utilisation intensive de l'irrigation diminuent le potentiel en eaux souterraines et rend cette denrée plus onéreuse à l'extraction, ce qui se répercute sur le coût des exploitations agricoles notamment les primeurs. Dans ce sens, il y a lieu de s'engager davantage auprès des agriculteurs afin de mettre à profit les nouvelles techniques en matière de gestion d'eau et de recharge de la nappe phréatique.
Élevage
[modifier | modifier le code]L'élevage constitue l'une des principales activités agricoles de la région notamment dans la zone du Drâa[2]. Ainsi, en 2006, la région a compté un cheptel de 2,7 millions de têtes soit 11,3 % du cheptel national. Ce cheptel se compose respectivement de 277 milliers de bovins, 1,2 million d'ovins et 1,2 million de caprins soit des contributions parmi les plus notables dans le cheptel national avec respectivement 10,4 %, 7,5 % et 23,2 %. Cependant, le cheptel dans la région a connu une baisse remarquable entre 1990 et 2006 qui s'est soldée par une régression annuelle moyenne de 0,6 %, 1,5 %, 1,6 % et 1,5 % respectivement pour les bovins, les ovins, les caprins et l'effectif total.
En dépit de cette tendance baissière par rapport à 1990, ces parts restent importantes au niveau national et reviennent aux étendues pastorales dont disposent cette région et au caractère substitutionnel de l’élevage par rapport à l’agriculture dans les zones non agricoles de la région. Par conséquent, l'élevage joue un rôle de subsistance et de substitution à la production des cultures ainsi qu’une assurance contre les années à faible rendement des cultures. Ceci est d’autant plus remarquable pour les populations rurales vivant dans les zones peu cultivables pour lesquelles la production animale représente la grande part dans la formation du revenu monétaire et dans l’épargne.
Cependant, la multiplication des parcours et l'intensification de l'élevage, des caprins en particulier, sont à même d'appauvrir le sol de la région et le fragiliser face aux effets dévastateurs de l'érosion et la désertification. Par ailleurs, ce surpâturage contribue au recul de l'arganier dans la région notamment durant les périodes sèches pendant lesquelles la couverture végétale ne permet plus de subvenir aux besoins des éleveurs ce qui risque d'accentuer la dégradation environnementale de la région.
Pêche
[modifier | modifier le code]Riche de ses 360 km de côte atlantique et des deux grands ports d'Agadir et de Sidi Ifni, la région est la quatrième place de débarquement des produits de la pêche côtière au niveau national (3e pour la production en valeur). Ainsi, la production de la pêche côtière a atteint 104,5 milliers de tonnes en 2007 (12,7 % de la production nationale) contre 78,2 milliers de tonnes en 2001 (8 % de la production nationale) soit une hausse annuelle moyenne de 5 % du volume débarqué. Le port d'Agadir est le principal point de débarquement en réalisant 82,2 % de la production en volume de la région contre 16,9 % pour le port de Sidi Ifni durant la période 2001-2007.
Cependant, cette hausse notable en termes de volume ne s'est pas accompagnée par une appréciation en valeur. En effet, la région a vu la valeur de ses débarquements des produits de la pêche côtière chuter de 1,5 % l'an entre 2001 et 2007, passant de 529,5 millions de dirhams (20,8 % de la valeur nationale) à 483,8 millions de dirhams (13,2 % de la valeur nationale) entretemps.
Mines
[modifier | modifier le code]La région de Souss-Massa dispose d’une activité minière importante, notamment dans l’exploitation de minerais métalliques.
Elle constitue le principal pôle de production d’argent au Maroc. En 2006, la production de minerai d’argent brut s’élevait à 166,7 tonnes, soit en moyenne 80,4 % de la production nationale depuis 2001.
Culture
[modifier | modifier le code]La région de Souss-Massa se caractérise par une identité culturelle marquée, issue de traditions amazighes et d’influences arabes, qui se reflètent dans les pratiques artistiques, les modes de vie et le patrimoine local.
La langue amazighe est largement parlée dans la région, notamment le tachelhit, aux côtés de l’arabe marocain. Cette diversité linguistique s’accompagne d’un patrimoine oral riche, comprenant contes, poésie et chants traditionnels.
Les expressions artistiques traditionnelles occupent une place importante, notamment les danses collectives comme l’ahwach et les formes musicales telles que le rwais, qui mêlent poésie, musique et performance scénique. Ces pratiques sont souvent associées aux fêtes locales et aux événements sociaux.
L’artisanat constitue également un élément central de la culture régionale. Il comprend notamment la fabrication de bijoux en argent, le travail du cuir, la poterie, ainsi que le tissage de tapis et de textiles. Certaines villes comme Tiznit et Taroudant sont reconnues pour leurs productions artisanales.
Le patrimoine architectural est représenté par les médinas, les kasbahs et les greniers collectifs (agadirs), qui témoignent des modes d’organisation traditionnels et des techniques de construction adaptées aux conditions locales.
Enfin, plusieurs festivals et manifestations culturelles sont organisés dans la région, contribuant à la valorisation des traditions locales et à leur transmission.
Histoire
[modifier | modifier le code]La région de Souss-Massa est créée dans le cadre du découpage territorial de 2015. Elle correspond en grande partie à l’ancienne région de Souss-Massa-Drâa, à l’exception du Drâa[7] et de la province de Sidi Ifni[8].
La province de Tata était quant à elle rattachée à l’ancienne région de Guelmim-Es Semara avant son intégration à la région de Souss-Massa.
Notes et références
[modifier | modifier le code]- Cet article est partiellement ou en totalité issu de l'article intitulé « Souss-Massa-Drâa » (voir la liste des auteurs).
Notes
[modifier | modifier le code]Références
[modifier | modifier le code]- ↑ Recensement Général de la Population et de l'Habitat de 2024 - HCP
- 1 2 3 HCP, Maroc
- ↑ http://www.abhsm.ma/spip.php?rubrique82
- ↑ http://www.abhsm.ma/spip.php?article63
- ↑ « Découverte d’un « Pompéi » marin datant de 515 millions d’années au Maroc », sur CNRS, (consulté le ).
- ↑ (en) A. El Albani, A. Mazurier, G. D. Edgecombe, A. Azizi et A. El Bakhouch, « Rapid volcanic ash entombment reveals the 3D anatomy of Cambrian trilobites », Science, vol. 384, no 6703, , p. 1429-1435 (DOI 10.1126/science.adl4540).
- ↑ Provinces de Ouarzazate, Zagora et Tinghir, aujourd’hui rattachées à la région de Drâa-Tafilalet.
- ↑ Rattachée aujourd’hui à la région de Guelmim-Oued Noun.



