Post-conceptualisme
| Post-conceptualisme | |
| Influences | Art conceptuel, Fluxus, Art minimal |
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Le post-conceptualisme (ou art post-conceptuel) est une théorie de l'art qui s'appuie sur l'héritage de l'art conceptuel dans l'art contemporain. Dans cette approche, les concepts ou les idées priment sur les préoccupations esthétiques et matérielles traditionnelles, tout en acceptant la persistance de l'objet ou de l'image comme vecteur de l'idée[1].
Origines
[modifier | modifier le code]Le terme est apparu dans le milieu des écoles d'art au début des années 1970, notamment sous l'influence de John Baldessari au California Institute of the Arts (CalArts). L'œuvre de Baldessari, Throwing four balls in the air to get a square (best of 36 tries) (1973), est souvent citée comme un exemple précurseur : l'artiste y tente une action protocolaire, en photographie les résultats et sélectionne le "meilleur" essai sur un rouleau de 36 poses, le chiffre étant déterminé par le standard administratif de la pellicule 35 mm[2].
Le post-conceptualisme comme pratique
[modifier | modifier le code]Le post-conceptualisme est lié à des pratiques explorant la malléabilité de l'objet artistique à l'ère numérique et générative. Il se distingue de l'art conceptuel strict par son refus de la dématérialisation totale.
L'historien de l'art Robert C. Morgan l'associe à des installations comme Turkish Bath (1976), où l'expérience physique est réintroduite au sein d'un cadre conceptuel. Cette tendance inclut des artistes tels que Robert Smithson, Mel Bochner, François Morellet, Mary Kelly ou Joseph Nechvatal. Elle est également liée au concept d'intermédia théorisé par l'artiste Fluxus Dick Higgins.
La condition post-conceptuelle
[modifier | modifier le code]Selon le philosophe Peter Osborne, le post-conceptualisme n'est pas tant un mouvement qu'une « condition historique et ontologique de la production de l'art contemporain en général »[3].
Dans cette perspective, toute œuvre d'art contemporaine est « post-conceptuelle » dans la mesure où elle doit naviguer entre l'idée (l'unité de l'œuvre) et sa manifestation matérielle. Cela inclut des pratiques comme la peinture de Gerhard Richter ou la photographie d'Andreas Gursky, où l'image est traitée comme un concept stabilisé.
Évolutions contemporaines : le tournant ontique
[modifier | modifier le code]Au XXIe siècle, le post-conceptualisme évolue vers des formes de certification administrative et métrologique. Si l'art conceptuel visait la dématérialisation, les développements récents, parfois qualifiés d'Art protocolaire, cherchent à « lester » le concept par la preuve d'existence physique ou temporelle. Cette approche réintroduit la notion d'effort biologique et de responsabilité de l'exécutant. La valeur de l'œuvre ne réside plus seulement dans l'idée, mais dans la précision de la certification documentant l'acte (ce que l'on peut décrire comme une « Aura Metrologique »).
Artistes représentatifs
[modifier | modifier le code]Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ (en) Peter Osborne, Conceptual art, Londres, Phaidon, (ISBN 0-7148-3930-2), p. 28
- ↑ (en) Eldritch Priest, Boring formless nonsense : experimental music and the aesthetics of failure, New York, (ISBN 978-1-4411-2408-1), p. 5
- ↑ (en) Peter Osborne, Anywhere or not at all: Philosophy of Contemporary Art, Verso Books,
