Matthieu Pigasse
| Président Eurockéennes de Belfort | |
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| depuis | |
| Président Combat Media | |
| Président du conseil d'administration Les Inrockuptibles |
| Naissance | |
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Institut d'études politiques de Paris (jusqu'en ) École nationale d'administration (jusqu'en ) |
| Activités | |
| Père |
Jean-Daniel Pigasse (d) |
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Jean-Paul Pigasse (oncle paternel) Albert Pigasse (grand-oncle) Jules Pigasse (d) (grand-père paternel) Sylvain Augier (cousin germain) Christian Jeanpierre (cousin germain) |
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| Distinction |
Matthieu Pigasse, né le à Clichy, est un homme d'affaires, banquier d'affaires et ancien haut-fonctionnaire français.
À sa sortie de l'École nationale d'administration, il est nommé administrateur civil à la direction générale du Trésor. Par la suite, il rejoint en 1997 le cabinet ministériel de Dominique Strauss-Kahn, alors ministre de l'Économie, des Finances et de l'Industrie, en tant que conseiller technique avant d'être nommé directeur adjoint du cabinet en 2000 de Laurent Fabius ; ministre successeur de même titre.
À partir de 2002, il travaille pour Lazard Frères en tant qu'associé gérant à Paris, en fusions-acquisitions et en conseil aux gouvernements. Alors qu'il en est le président-directeur général, il remet sa démission effective fin 2019 pour rejoindre en 2020 le bureau parisien de la banque d'investissement américaine Centerview qu'il dirige.
Il est membre du conseil d'administration des groupes Lucien Barrière, Deezer et Derichebourg.
Proche de la gauche, il détient via sa holding Combat Media plusieurs médias comme Les Inrockuptibles et Radio Nova, et possède à titre personnel des participations dans d'autres groupes de presse ou de production audiovisuelle comme le groupe Le Monde et Mediawan. Il est aussi actionnaire de plusieurs festivals de musique.
Au cours des années 2020, Matthieu Pigasse affirme vouloir mener, à travers ses activités médiatiques, un « combat » culturel et politique contre l’extrême-droite. Plusieurs médias décrivent parallèlement une évolution de son positionnement public, initialement associé à la gauche sociale-libérale, vers des positions plus radicales à gauche. Cette orientation est notamment perçue dans certains médias de son groupe, comme Radio Nova, dont l’évolution éditoriale vers des contenus plus militants, transgressifs ou polarisants a suscité plusieurs polémiques, dont des accusations d'antisémitisme.
Biographie
[modifier | modifier le code]Jeunesse et études
[modifier | modifier le code]Pigasse naît dans une famille liée au monde de la presse et de l'édition. Son père est Jean-Daniel Pigasse, secrétaire de rédaction à La Manche libre. Son oncle, Jean-Paul Pigasse, a été directeur de la rédaction de L'Express[1]. Son grand-oncle, Albert Pigasse, fut le fondateur de la collection « Le Masque ». Matthieu Pigasse grandit dans une famille « aisée »[2]. Il a un frère, Nicolas Pigasse, qui est cofondateur du magazine Public dont il est également le directeur de rédaction[3]. Sa sœur aînée, Virginie Pigasse, a travaillé au magazine Globe[1] ; sa cadette, Sophie Pigasse-Magnaud, est autrice[4]. Parmi ses cousins germains figurent les journalistes Sylvain Augier et Christian Jeanpierre[5].
Il grandit dans le 7e puis dans le 15e arrondissement de Paris et enfin à Regnéville-sur-Mer (Manche)[6]. Il effectue ses études secondaires au collège de Coutances, puis au lycée Camille-Sée dans le 15e arrondissement de Paris[6], où il a Christian Jambet comme enseignant de philosophie[7]. Il obtient un baccalauréat série A (littéraire)[8].
En 1990, il est diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris (section Service Public)[9]. Il est admis à l'École nationale d'administration (ENA) et effectue sa scolarité au sein de la promotion Antoine de Saint-Exupéry (1992-1994), où il a Nicolas Théry comme enseignant. Il effectue son stage préfectoral à la préfecture de l'Yonne, et son stage en entreprise au sein de l'antenne new-yorkaise du Crédit lyonnais[7]. Il a comme enseignant Pierre Vimont[7]. Il sort de l'ENA en 1994, classé 16e[7], puis assure quelques enseignements à Sciences Po entre 1995 et 1997[7].
Parcours professionnel dans le secteur public
[modifier | modifier le code]Matthieu Pigasse commence sa carrière en tant qu'administrateur civil au ministère de l'Économie et des Finances, au sein de la direction générale du Trésor. Il est affecté à la sous-direction chargée de la gestion de la dette et de la trésorerie de l'État[10], bureau alors géré par François Villeroy de Galhau[7].
En 1998, il devient conseiller technique au cabinet du ministre de l'Économie et des Finances Dominique Strauss-Kahn puis, un an plus tard, directeur adjoint du cabinet de son successeur, Laurent Fabius, ministre de l'Économie, des Finances et de l'Industrie, chargé des questions industrielles et financières[11].
Parcours professionnel dans le secteur privé
[modifier | modifier le code]La victoire de la droite aux élections présidentielle et législatives de 2002 le pousse à rejoindre le secteur privé ; il demande conseil à Alain Minc[6] qui le recommande à Bruno Roger de la banque Lazard, où il est recruté la même année[11],[12] comme associé-gérant. Il prend la tête de l'activité « conseil aux gouvernements » en 2003, devient en 2005 directeur du marketing et vice-président de Lazard Europe, puis codirecteur général délégué de Lazard France (en ). En , il est nommé seul dirigeant de Lazard en France et responsable mondial des activités de fusions et acquisitions en [13]. Il fait partie des banquiers d’affaires les plus actifs en Europe en 2015[14].

Il intervient régulièrement dans le conseil aux gouvernements, et participe à la restructuration des dettes de l'Argentine, du Venezuela, de l'Équateur[6], mais aussi des dettes grecque et ukrainienne[15], de la dette irakienne, ou encore la nationalisation du gaz bolivien[16]. Il conserve cette activité lorsqu'il rejoint Centerview Partners en 2020[17], et obtient notamment dans ce cadre en 2026 la restructuration de la dette du Venezuela[18]. Il participe aussi à des missions de conseil auprès des autorités vénézuéliennes, notamment sous la présidence de Hugo Chávez puis de Nicolás Maduro, dans le cadre d’activités liées à la restructuration financière du pays. Cette implication s’inscrit dans une période de coopération entre des conseillers français et le gouvernement vénézuélien[19].
Il intervient en tant que conseiller sur de nombreux dossiers en fusions-acquisitions, comme la vente du PSG par Canal+, la fusion Suez-Gaz de France, la vente par Accor de sa participation dans le Club Med, la vente d'AB Groupe à TF1, la vente de l'activité « transmission et distribution » (T&D) d'Areva, la fusion de la Caisse d'épargne et de la Banque populaire, la création de Natixis puis sur son augmentation de capital et le sauvetage de son ancien réhausseur de crédit CIFG[20], le rachat de ses actions par L'Oréal à Nestlé, l'acquisition de Darty par la Fnac[21].
Il démissionne de Lazard en , alors qu'il en est le président-directeur général, avec effet à la fin décembre, pour « s'engager dans un projet personnel de nature entrepreneuriale » (peut-être poussé par les critiques émises au sein du groupe sur son mode de gestion et sur son activité dans les médias[22],[23]). Son associé, Jean-Louis Girodolle, lui succède. Il co-dirige à partir d' le bureau parisien de la banque d'investissement Centerview Partners avec Nicolas Constant, un autre ancien de Lazard[24],[25]. Il y introduit une activité de conseil aux gouvernements[17].
Il est par ailleurs membre du conseil d'administration des groupes BSkyB, Lucien Barrière et Derichebourg et anciennement de l'agence Relaxnews. Il est également vice-président du théâtre du Châtelet[26].
Parcours politique
[modifier | modifier le code]Matthieu Pigasse est connu pour son soutien au Parti socialiste français[18]. Depuis son passage dans les cabinets ministériels, il est resté proche de Dominique Strauss-Kahn[27],[28].
En , il souhaite se présenter aux élections, mais François Hollande lui refuse une investiture socialiste aux législatives[29].
En 2007, il a fait partie des Gracques[11],[30]. La même année, le « banquier de gauche » conseille Ségolène Royal et certains lui prêtent des ambitions concernant un ministère en cas de victoire de la candidate socialiste à l'élection présidentielle[31],[12]. Nicolas Sarkozy lui propose de devenir secrétaire d'État, ce qu'il décline[12].
En 2012, il soutient le projet de François Hollande de taxer à hauteur de 75 % les revenus supérieurs à 1 million d'euros[32], ce que Philippe Villin lui reproche, avançant qu'il « ne paraît guère payer d'impôt en France »[27], information que Matthieu Pigasse dément affirmant que « la très large majorité de [ses] revenus est imposée en France »[33].
En , il publie Éloge de l’anormalité, dans lequel il critique l’incapacité des élites politiques et économiques à sortir de la crise que traverse l’Europe autrement que par des mesures d’austérité ; et, globalement, celle de François Hollande à réformer la France[34]. En avril de la même année, Manuel Valls[35] le consulte dès sa nomination à Matignon[36].
Après avoir initialement moqué le parti grec de gauche radicale SYRIZA, — qui, selon lui, promettait de « raser gratis » , — il le défend après la victoire du parti aux élections législatives de 2015, lorsqu'Aléxis Tsípras devient Premier ministre. Dans la presse, il critique la politique d'austérité préconisée par l'Union européenne, parlant de « barbarie à visage humain ». Cependant, d'aucuns rappellent que la banque Lazard conseille la Grèce depuis 2010 et a gagné 25 millions d'honoraires dans ce dossier[6].
Il songe un moment à se lancer en politique, réunissant pour cela plusieurs proches (d'anciens strauss-kahniens), afin de lancer un mouvement qui serait baptisé « Premier jour », partant de constats similaires à Emmanuel Macron — mais avec qui les relations sont tendues depuis plusieurs années — sur l'état de la classe politique française. Finalement, il se ravise, et plusieurs de ses proches lanceront En Marche pour soutenir Emmanuel Macron dans son aventure élyséenne[6].
À l'élection présidentielle de 2017, il confie à Vanity Fair qu'il a voté pour Jean-Luc Mélenchon au premier tour avant de s'abstenir au second. Il était proche de l'équipe de campagne d'Arnaud Montebourg, avant que celui-ci ne soit éliminé aux primaires de la gauche[6].
Pour les élections législatives anticipées de 2024, il appelle à voter pour l'alliance de gauche, le Nouveau Front populaire[37],[38].
Plusieurs médias relèvent une évolution du positionnement politique et médiatique de Matthieu Pigasse. Longtemps associé à une gauche sociale-libérale et pro-européenne, proche notamment de Dominique Strauss-Kahn[27] puis de Raphaël Glucksmann[39], il est ensuite décrit comme se rapprochant de positions plus radicales à gauche, notamment à travers la ligne éditoriale de certains médias de son groupe et le soutien accordé à des personnalités engagées contre Israël ou proches de la La France insoumise [40],[19],[41]. Cette évolution est également présentée dans la presse comme ayant contribué à des tensions avec une partie de son ancien réseau social-démocrate, dont Raphaël Glucksmann [39],[42].
Activités
[modifier | modifier le code]Investissements entrepreneuriaux notables
[modifier | modifier le code]En 2022, avec Xavier Niel et Moez-Alexandre Zouari, Matthieu Pigasse associe 2MX Organic avec InVivo Retail, la branche distribution du groupe InViVo pour créer Teract[43],[44], un Special purpose acquisition company (SPAC), leader en « distribution alternative, durable et responsable » et détenant des marques telles que Jardiland, Gamm vert ou Delbard.
La même année, il fusionne le SPAC I2PO dédié au divertissement (créé avec la famille Pinault et Iris Knobloch) avec la société de streaming française Deezer[45] qui avait fait son entrée à Euronext Paris en 2021[46].
Médias
[modifier | modifier le code]Prises de participations nombreuses (2000-2020)
[modifier | modifier le code]Il participe dès le milieu des années 2000 aux opérations capitalistiques dans le domaine des média. Il organise la vente de Libération à Édouard de Rothschild en 2005[3], et la vente de Newsweb à Arnaud Lagardère. Il conseille Rupert Murdoch sur Eurosport, puis soutient financièrement le site d'information Rue89[31].
Il s'intéresse au groupe Le Monde dès la fin des années 2000. Avec Alain Minc, il tente sans succès d'accéder à la présidence du conseil de surveillance du Monde en 2007[47]. Il prend le contrôle du quotidien en en s'associant avec Pierre Bergé et Xavier Niel[48],[49]. Le même trio, via la holding Le Monde Libre (LML), acquiert, en 2014, 65 % du Nouvel Observateur pour 13,4 millions d'euros[50]. En 2014 et 2015, le trio manifeste son intérêt pour les chaînes de télévision privées LCI[51] et I-Télé[52]. Matthieu Pigasse revend 49 % de ses parts de la société Le Nouveau Monde le à l'industriel tchèque Daniel Křetínský[53], puis cède en 2022 à Xavier Niel de nouveau 49 % de ses parts originelles, pour ne conserver que 2 % de sa participation originelle[54].
Il prend par ailleurs diverses participations dans d'autres organes liés aux média, comme le groupe média Melty en [55], Vice France (filiale française de Vice Media) pour soutenir notamment le lancement de la chaîne TV Viceland en [56],[57]. Il s'associe avec aussi avec le milliardaire Xavier Niel et le producteur Pierre-Antoine Capton pour lancer Mediawan, un SPAC de 250 millions d'euros destiné à investir dans des médias européens en [58].
Il contracte d'importantes dettes à l'occasion de ses prises de participations. Il contracte un prêt d'environ 25 millions d'euros auprès de la Banque Palatine (groupe BPCE) pour financer l'acquisition du Nouvel Observateur en 2014[59]. Selon Libération, la cession de ses parts dans Le Monde en 2018 à l'industriel tchèque Daniel Křetínský s'explique par de grandes difficultés financières de Mathieu Pigasse[59]. Mediapart indique en 2019 que les acquisitions du magazine Les Inrockuptibles, du groupe Nova ou encore de festival Rock en Seine ont entraîné l'accumulation d' « une dette considérable… »[60].
Constitution d'un groupe de média positionnés à gauche (depuis les années 2010 )
[modifier | modifier le code]Matthieu Pigasse fait l'acquisition de l'hebdomadaire culturel et politique Les Inrockuptibles en 2009. Il procède au lancement d'une nouvelle formule, ce qui est vu au sein de la rédaction comme une volonté d'écarter les fondateurs du magazine[61]. Le magazine rencontre des difficultés, et des chutes d'audiences entrainent plusieurs vagues de réductions d'effectifs[62]. La Lettre A relève en que les effectifs de la rédaction des Inrockuptibles se sont « réduits comme peau de chagrin », le journal comptant à cette date moins d'une dizaine de journalistes salariés[63]. La ligne éditoriale a progressivement abandonné le traitement des questions de politique et de société, alors que l'externalisation des services et la course au clic se sont développés. Une soixantaine de salariés ont été licenciés en 2014 et 2021[64].
Il fait l'acquisition de la station musicale Radio Nova en [65],[66] et annonce des projets transversaux avec Les Inrockuptibles au sein des Nouvelles Éditions Indépendantes (LNEI, renommé par la suite en Combat)[67]. En 2024, il transfère la régie publicitaire de son entreprise Radio Nova chez Lagardère, au sein de l'empire médiatique de Vincent Bolloré[68] et organise le retour de Guillaume Meurice et Pierre-Emmanuel Barré à l'antenne[69]. En 2025, l'audience fait un bond de 882 %, pour atteindre 540 000 auditeurs sur la tranche dominicale et la radio réintègre le classement Médiamétrie — dont elle avait disparu en 2015 — en dépassant à nouveau le 1 % d’audience cumulée[70]. Il s'implique dans la ligne éditoriale de Radio Nova, et l'oriente vers des contenus plus engagés et transgressifs[71]
Au travers de ses différents média réunis au sein du groupe Combat, il développe une stratégie d'influence politico-médiatique à partir des années 2020. Il revendique explicitement l’usage de ces supports dans un but de combat politique et culturel, notamment contre l'extrême droite[72]. Selon Marianne en 2025, Matthieu Pigasse se rêve alors en « Bolloré de gauche »[73], et il affirme vouloir utiliser ses médias pour « peser le plus possible sur la présidentielle de 2027 » [74]. Ce qualificatif sera repris par le magazine Franc-Tireur en 2026, où Thierry Keller estime qu'il sert « l’extrême gauche, souvent mélenchonienne et parfois antisémite »[75].
Sa gestion du groupe Combat fait l’objet de critiques relayées par le journal Libération, notamment concernant des tensions internes et des accusations de management jugé autoritaire au sein de certaines entités du groupe, que l’intéressé relativise en les attribuant à des « tensions » liées au succès[76],[77],[78].
Culture
[modifier | modifier le code]Il fait l'acquisition de plusieurs festivals musicaux, dont Rock en Seine en 2017 (racheté avec AEG)[79] et We Love Green en 2025[80],[81], et est nommé président des Eurockéennes de Belfort en 2015[82]. Il lance le festival de rap Golden Coast à Dijon en 2024[83]. Il est actionnaire du label Rough Trade depuis 2017[84].
Il dénonce l'interdiction préfectorale du concert du rappeur Freeze Corleone, régulièrement accusé d'antisémitisme et d'homophobie, lorsque celui-ci doit se produire aux Eurockéennes de Belfort en [85].
Rivalité avec Emmanuel Macron
[modifier | modifier le code]Décrit comme « son meilleur ennemi »[6], Emmanuel Macron a de nombreux points communs avec Matthieu Pigasse : passé par Sciences Po et l'ENA, banquier d'affaires, proche du Parti socialiste. Leur rivalité apparaît en 2010, lors de la reprise du quotidien du Monde ; Emmanuel Macron, conseiller de la Société des rédacteurs (SDR), doit s'incliner face au trio Bergé-Niel-Pigasse[86]. Cependant, en 2012, lors de la bataille Nestlé (conseillé par Rothschild) contre Danone (conseillé par Lazard) pour le rachat de la division nutrition de Pfizer, c'est Macron qui remporte une transaction estimée à 9 milliards d'euros[6].
Selon Marianne et Vanity Fair, Emmanuel Macron a effectué le saut en politique que Matthieu Pigasse aurait toujours rêvé de faire mais n'a jamais réussi à réaliser[73]. Banquier séducteur, soucieux de son image, Matthieu Pigasse serait jaloux de Macron, selon les journalistes Fabrice Lhomme et Gérard Davet[87].
Vie privée
[modifier | modifier le code]Matthieu Pigasse est amateur de musique punk rock[88], qu'il a découverte à 12 ans en écoutant le groupe The Clash : « Le punk a été ma première rencontre avec le politique. Il y avait chez les Clash une espèce de rage contre l'ordre établi qui m'a séduit »[11].
En juin 2009, la presse people fait état d'une liaison avec la journaliste Marie Drucker[89],[90], qu'il était sur le point d'épouser avant d'annuler au dernier moment. C'est finalement la journaliste et autrice Alix Étournaud qu'il épouse en 2010[91],[92],[93], avec laquelle il a trois enfants. Celle-ci revient sur cet épisode dans le livre Mieux vaut en rire (2011)[6],[29],[94].
En 2011, sa fortune est estimée à plusieurs dizaines de millions d'euros[95]. Il possède une maison à Boulogne-Billancourt et une autre dans les Yvelines aux Mesnuls[6].
En 2026, Mathieu Pigasse est en couple avec Wassila Meddas[76], qu’il a nommée directrice des marques de la holding Combat Media en [96], où elle occupait auparavant un poste de chargée des relations externes. Matthieu Pigasse envoie plusieurs SMS à la direction de Libération pour se plaindre d'un article sur sa conjointe[97].
Écrits
[modifier | modifier le code]- Le Monde d'après, une crise sans précédent, Plon, (avec Gilles Finchelstein)
- Révolutions, Plon,
- Éloge de l’anormalité, Plon, 2014.
- Participation à l'ouvrage collectif Qu'est-ce que la gauche ?, Fayard, 2017
- La lumière du chaos, Éditions de l'Observatoire, 2023.
Notes et références
[modifier | modifier le code]- 1 2 Odile Benyahia-Kouider, « Matthieu Pigasse rachète les Inrockuptibles », Le Nouvel Observateur, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ Ju.M, « Qui est Mathieu Pigasse, le banquier d’affaires qui a permis le retour de Guillaume Meurice sur radio Nova ? », sur La Voix du Nord, (consulté le ) : « Mathieu Pigasse (56 ans) vient des Hauts-de-Seine. Il est né le 25 mai 1968 à Clichy. Pour commencer, il vient d’une famille aisée. Il est le petit-neveu d’Albert Pigasse, fondateur de la Librairie des Champs-Élysées qui avait lancé en 1927 la collection « Le Masque » spécialisée dans le roman policier. Son père est secrétaire de rédaction à La Manche libre, son grand-père fut directeur de la rédaction de l’Express. Bref, il vient d’une famille de journalistes. ».
- 1 2 « Matthieu Pigasse, le banquier candidat à la reprise du Monde », sur L'Obs (consulté le ).
- ↑ « Pluriel Spécial Livres : Emission du 5 décembre 2023 », voir à 25' 52", sur Radio Rennes, (consulté le ).
- ↑ Marie-Pierre Subtil, « Matthieu Pigasse », pages « Actionnaires du Monde », Le Monde, 7 novembre 2010 (paru le 6), p. 19.
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 Sophie des Déserts, « Les deux visages de Matthieu Pigasse, Dr Money & Mr Cool », Vanity Fair n°50, septembre 2017, p. 94-103.
- 1 2 3 4 5 6 Marie-Laure Delorme, Les allées du pouvoir, Éd. du Seuil, (ISBN 978-2-02-100121-1)
- ↑ « Matthieu Pigasse, un punk dans la finance », leparisien.fr, 2017-05-01cest10:43:06+02:00 (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ « l'Association des Sciences-Po - Fiche profil », sur sciences-po.asso.fr (consulté le ).
- ↑ « Matthieu Pigasse : « Il y a urgence à partager les richesses, et je paierais volontiers la taxe Zucman » », sur Alternatives Economiques, (consulté le )
- 1 2 3 4 Grégoire Biseau, « Argent double », Libération, (lire en ligne).
- 1 2 3 Laurent Mauduit, « Médias: quand Macron était l’agent double de Minc dans la bataille du «Monde» », sur Mediapart, (consulté le ).
- ↑ Anne Drif, « Matthieu Pigasse prend la tête du M&A de Lazard dans le monde », Les Échos, (lire en ligne).
- ↑ Anne Drif, « M&A : les banquiers français conquièrent le classement européen », Les Échos, (lire en ligne).
- ↑ David Wighton, « The Lazard Banker Shaping Greece’s and Ukraine’s Financial Fate », Wall Street Journal, (lire en ligne).
- ↑ Anne Michel, « Matthieu Pigasse : Le banquier que l'on s'arrache », Le Monde, (lire en ligne).
- 1 2 « Matthieu Pigasse convertit la banque américaine Centerview au conseil aux gouvernements », sur La Lettre, (consulté le ).
- 1 2 (en) Alexander Saeedy, Ben Dummett, et Kejal Vyas, « The Socialist Banker Venezuela Hired to Fix Its Finances and Bring Back Investors », The Wall Street Journal, (lire en ligne, consulté le ).
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- ↑ Matthieu Pechberty, « Matthieu Pigasse aime mieux jouer au banquier qu'au financier », La Tribune, (lire en ligne).
- ↑ Jean-Pierre de la Rocque, « La méthode Pigasse et Roger pour réveiller Lazard Paris », Challenges, (lire en ligne).
- ↑ « Matthieu Pigasse seul aux commandes de Lazard en France », sur La Tribune, (consulté le ).
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, consulté le ). - ↑ Bruna Basini, « Centerview Partners, la banque qui veut secouer la place de Paris »
, sur Journal du Dimanche, (consulté le ). - ↑ « La nouvelle vie de Matthieu Pigasse à la tête de la banque Centerview à Paris », sur Le Figaro, (consulté le ).
- ↑ « Conseil d'administration », sur chatelet-theatre.com (consulté le ).
- 1 2 3 Matthieu Pigasse, un banquier d'influences, marianne.net, 4 octobre 2012
- ↑ « Pigasse, le banquier qui murmure à l'oreille de Tsipras », BFM Business, (lire en ligne).
- 1 2 « Matthieu Pigasse : itinéraire d’un Rastignac devenu «banquier punk» », sur liberation.fr, .
- ↑ Matthieu Pechberty, « L'irrésistible ascension de Matthieu Pigasse, star de la finance et des médias », La Tribune, (lire en ligne).
- 1 2 Odile Benyahia-Kouider, « Le banquier des Inrocks », Le Nouvel Observateur, no 2328, (lire en ligne).
- ↑ Pigasse : «Il faut une action audacieuse sur le pouvoir d’achat», liberation.fr, 8 mai 2012
- ↑ BPI : Pigasse nie tout conflit d'intérêts, lejdd.fr, 27 septembre 2012
- ↑ Hollande et Ayrault se mentent à eux-mêmes, parismatch.com, 21 mars 2014
- ↑ Michel Revol, « Valls s'en va-t-en guerre », Le Point, no 1926, (lire en ligne).
- ↑ Ariane Kujawski et Yann Duvert, « Gouvernement Valls: le jour d'après », sur bfmtv.com, (consulté le ).
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, sur libération.fr, . - ↑ « Le trio Bergé Niel Pigasse manifeste son intérêt pour LCI », Le Monde, (lire en ligne, consulté le ).
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- ↑ Enguérand Renault et Chloé Woitier, « Matthieu Pigasse entre au capital de Vice France »
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- ↑ Enguérand Renault, « Niel, Pigasse et Capton lancent Mediawan, leur société commune dans les médias », sur Le Figaro, (consulté le ).
- 1 2 Jérôme Lefilliâtre, « Matthieu Pigasse trompe-t-il son Monde ? », sur liberation.fr, .
- ↑ Laurent Mauduit, « Matthieu Pigasse en passe d'être évincé de la banque Lazard »
, sur Mediapart, (consulté le ). - ↑ Le Canard enchaîné, numéro 4659 du 10 février 2010.
- ↑ Marie Bordet, « Matthieu Pigasse, plus dure serait la chute »
, sur lepoint.fr, (consulté le ). - ↑ « Les Inrocks : la rédaction réduite comme peau de chagrin », sur La Lettre, .
- ↑ Christophe Nobili, « Pigasse lance le "combat" des Inrocks sans troupes », Le Canard enchainé, no 5239, , p. 4 (lire en ligne).
- ↑ « Matthieu Pigasse rachète Radio Nova », sur Le Figaro, (consulté le ).
- ↑ « Matthieu Pigasse s'offre Radio Nova »
, sur L'Express, (consulté le ). - ↑ Thierry Wojciak, « Matthieu Pigasse affiche les nouvelles ambitions de LNEI », sur CB News, (consulté le ).
- ↑ Johan Weisz, « Radio Nova transfère sa régie publicitaire chez Bolloré »
, sur streetpress.com, . - ↑ Ju.M, « La « Dernière » avec Guillaume Meurice sur Radio Nova, ce qu’en a pensé le banquier Pigasse, après la première émission », sur La Voix du Nord, (consulté le ).
- ↑ « Guillaume Meurice et les humoristes de gauche ressuscitent Radio Nova : récit d’une remontada », sur telerama.fr, (consulté le ).
- ↑ « «En face, ils n’ont pas de limites» : à Radio Nova, une renaissance sous le signe d’un renouveau transgressif », Libération, (lire en ligne [archive du ], consulté le ).
- ↑ « Matthieu Pigasse, propriétaire du « Monde », assume son « combat » contre l’extrême droite », sur Le Point.fr (consulté le ).
- 1 2 Emilien Hertement et Emmanuel Lévy, « "Macron lui a volé son rêve politique" : Matthieu Pigasse, le banquier qui se rêve en Bolloré de gauche », sur marianne.net, (consulté le ).
- ↑ « «Je n’exclus jamais rien» : le patron de presse engagé à gauche Matthieu Pigasse veut «peser» sur la présidentielle 2027 », sur Le Figaro, (consulté le ).
- ↑ « Matthieu Pigasse, le Bolloré de Mélenchon », sur www.franc-tireur.fr, (consulté le )
- 1 2 « «Un climat de pression et d’humiliations verbales» : dans le groupe Combat, tensions autour d’une dirigeante très proche de Matthieu Pigasse », Libération, (lire en ligne [archive du ], consulté le ).
- ↑ puremedias, « "C'est la rançon du succès" : Matthieu Pigasse répond à l'article de "Libération" sur le management jugé "brutal, humiliant et autoritaire" par certains salariés de son groupe Combat », sur www.ozap.com, (consulté le ).
- ↑ « Arrêt sur images », sur www.arretsurimages.net (consulté le ).
- ↑ « L'homme d'affaires Matthieu Pigasse s'offre le festival Rock en Seine », Ouest-France.fr, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ Franck Bouaziz, « Matthieu Pigasse prend les rênes du festival «We Love Green» », sur Libération (consulté le ).
- ↑ « We Love Green : le milliardaire de gauche Matthieu Pigasse rachète le festival pour lutter contre la «droite radicale» », sur lejdd.fr, (consulté le ).
- ↑ « Matthieu Pigasse nommé Président des Eurockéennes de Belfort : je suis tombé amoureux de ce festivalrachète Radio Nova », sur L'Est Républicain (consulté le ).
- ↑ « Combat mise sur le live et lance un Hellfest du rap à Dijon », sur Les Echos, .
- ↑ Gilles Renault, « Matthieu Pigasse met la main sur Rough Trade », sur Libération (consulté le ).
- ↑ « «C’est inacceptable» : Matthieu Pigasse dénonce l'interdiction du concert de Freeze Corleone aux Eurockéennes », sur Le Figaro, (consulté le ).
- ↑ « Emmanuel Macron - Matthieu Pigasse : guerre froide entre les banquiers roses », Capital.fr, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ Gérard Davet, Fabrice l'Homme, Le traître et le néant, Éditions Fayard
- ↑ Elisabeth Chavelet, « Matthieu Pigasse, iconoclaste rock'n roll », Paris Match, (lire en ligne).
- ↑ Ève Roger, « Les dessous de la planète people », Le Nouvel Observateur, no 2336, (lire en ligne).
- ↑ Airy Routier, « Double je : Patron de Lazard, Matthieu Pigasse fait son entrée chez les people », Challenges, (lire en ligne).
- ↑ « Matthieu Pigasse en 10 infos surprenantes », sur Gala, (consulté le ).
- ↑ Sophie des Déserts, « Les deux visages de Matthieu Pigasse, Dr Money & Mr Cool », sur Vanity Fair, (consulté le ).
- ↑ Ju.M, « Qui est Mathieu Pigasse, le banquier d’affaires qui a permis le retour de Guillaume Meurice sur radio Nova ? », sur La Voix du Nord, (consulté le ).
- ↑ « Marie Drucker, cible d’une vendetta ! », sur Le Soir, (consulté le ).
- ↑ « Comment « Le Monde » fut vendu », sur monde-diplomatique.fr, .
- ↑ « Wassila Meddas promue directrice des marques du groupe Combat », sur cbnews.fr, (consulté le ).
- ↑ Paul Quinio, Attaque contre «Libération» : Matthieu Pigasse se trompe de combat, Libération, 22/04/2026.
Annexes
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Aymeric Mantoux, Voyage au pays des ultra-riches, Fayard, 2010.
Articles de presse
[modifier | modifier le code]- Mélanie Delattre, « À l'affiche : Matthieu Pigasse », Le Point no 1919, .
- Jean-Pierre Perrin, « Enquête sur Matthieu Pigasse », XXI, no 13, hiver 2011.
- Marie Bordet, « Matthieu Pigasse, plus dure serait la chute », lepoint.fr, .
Liens externes
[modifier | modifier le code]- Ressource relative à plusieurs domaines :
- Ressource relative à l'audiovisuel :
- Homme d'affaires français
- Élève de l'Institut d'études politiques de Paris
- Élève de l'École nationale d'administration (France)
- Entrepreneur français
- Banquier français du XXIe siècle
- Patron de presse français du XXIe siècle
- Naissance en mai 1968
- Naissance à Clichy
- Enseignant à l'Institut d'études politiques de Paris
