Martes
Martres ou Martes, à proprement dites
Une Martre des pins (Martes martes), une zibeline (Martes zibellina)
une Martre d’Amérique (Martes americana), une Martre caurine (Martes caurina),
une fouine (Martes foina), Une martre à pieds noirs (Martes melampus)
Les Martes ou Martres (Martes) sont un genre de mammifères carnivores de la famille des Mustélidés. Caractérisées par leur corps allongé évoquant celui d’une belette, ils sont en réalité plus proche du Glouton (genre Gulo), dans la sous-famille des Gouloninés, que des Belettes (genre Mustela) qui sont quant à elles, dans la sous-famille des Mustelinae.
Nom et étymologie
[modifier | modifier le code]Étymologie et historique
[modifier | modifier le code]Le nom de genre Martes provient du latin classique martes, qui désignait la marte ou la fouine[10]. Pour le terme vernaculaire français « martre » (ou « marte »), la philologie moderne privilégie une origine germanique issue de l'ancien bas francique *martar (proche de l'allemand Marder), qui s'est diffusé dans les langues romanes (espagnol marta, italien martora)[11]. Très ancien dans la langue française, le mot est attesté dès la fin du XIe siècle dans la Chanson de Roland vers 1100 pour évoquer les « pels de martre » (peaux de martre)[12], tandis que la graphie « marte » est fixée au XVIe siècle par Robert Estienne[11] et popularisée par des auteurs comme Montaigne ou Ronsard[12].
Étymologie des synonymes
[modifier | modifier le code]- Zibellina : de l'italien zibellino (« zobel » ou « zibeline »), dérivé du bas-latin sabellum, lui-même issu du latin sabellum[10],[13].
- Hydrocyon : du grec ancien ὑδρο- (hudro-, « eau ») et κύων (kuôn, « chien »)[10],[14].
- Charronia : probablement du grec ancien χάρων (kharôn, « lion » ou « d'aspect farouche »), ou faisant référence à Charon, le dieu et passeur des âmes vers les Enfers dans la mythologie grecque[10],[15].
- Foina : de l'italien fuina ou foina (« fouine » ou « putois »)[10],[16].
- Lamprogale : composé du grec ancien λαμπρός (lampros, « lissant, brillant » ou « clair ») et γαλέη (galeē, « belette »)[17].
Taxonomie
[modifier | modifier le code]Ce genre a été décrit pour la première fois en 1792 par le scientifique français Philippe Pinel (1745-1826), l’espèce-type de ce genre est la fouine, alors désignée sous le nom de Martes domestica[18].
Pendant un temps, ce genre sera notament désigné sous le nom de Mustela, les vrais Mustela actuels étaient alors désignés sous le nom de genre Putorius[19].
Pendant un temps, on a pensé que le Pékan (Pekania pennanti), alors surtout désignée sous les nom de Marte de Pennant ou encore sous celui Marte de Canada, était une martre comme le reste des espèces du genre. Cependant résultats des recherches ADN ont indiqué que le genre Martes tel qu’il était constitué à l’époque était paraphylétique, le pékan étant en fait plus basal que le glouton (Gulo gulo) au sein de Gouloninnae, et certaines études plaçant Martes americana en dehors du genre et l’alliant à Eira et Gulo, pour former un nouveau clade du Nouveau Monde[20],[21]. Le genre a évolué pour la première fois il y a jusqu’à sept millions d’années, pendant le Miocène.
Liste des espèces
[modifier | modifier le code]Espèces actuelles
[modifier | modifier le code]| Sous-genre | Divisions | Nom binominal, vernaculaires et auteur | Aire de répartition | Caractéristiques | Statut UICN |
|---|---|---|---|---|---|
| Sous-genre Martes | Clade eurasien | Martes martes (Linnaeus, 1758) Martre (Stricto sensu) Martre des Pins |
Europe et Asie du Sud-Ouest, de l'Irlande à l'ouest, à l'est jusqu'à l'Oural et en Anatolie, en Transcaucasie, en Mésopotamie et dans le nord de l'Iran |
Habitude arboricoles, se distingue de la fouine par son poitrail orangé. | |
| Martes zibellina (Linnaeus, 1758) Zibelline Martre zibeline |
Russie, Kazakhstan oriental, Chine, Corée du Nord et Hokkaidō (Japon) |
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| Branche japonaise | Martes melampus (Wagner, 1841) Martre à pieds noirs Martre du Japon |
îles du Hondo, Introduite au sud-ouest d’Hokkaïdo, une hypothétique sous-espèce vivrait en Corée. |
Ressemble à la zibeline, change d’apparence en été et en hiver. | ||
| Clade américain | Martes americana (Kerr, 1792) Martre d'Amérique Martre de Hurrons |
De l'Alaska arctique à l'est jusqu'à Terre-Neuve, au sud jusqu'à New York |
|||
| Martes caurina (Merriam, 1890) Marte caurine Martre de Merriam |
Sud-Est de l'Alaska jusqu'au centre de la Californie, à l'est jusqu'au nord du Nouveau-Mexique | ||||
| Martes foina (Erxleben, 1777) Fouine Martre fouine |
Espagne et Portugal à l'ouest, à travers l'Europe centrale et méridionale, le Moyen-Orient et l'Asie centrale, jusqu'aux montagnes de l'Altaï et du Tian Shan et au nord-ouest de la Chine |
Habitudes davantages terrestres qu’arboricole, possède un poitrail blanc. | |||
| Sous-genre Charronia | Martes flavigula (Boddaert, 1785) Martre à gorge jaune |
Afghanistan et Pakistan, dans l'Himalaya en Inde, au Népal et au Bhoutan, péninsule coréenne, sud de la Chine, Taïwan et extrême est de la Russie |
Possède un pelage d’un jaune plus ou moins terne. C’est la plus dangereuse des martres. | ||
| Martes gwatkinsii (Horsfield, 1851) Martre des Nilgiri |
![]() Sud de l'Inde |
C’est la plus grande des martres, mais c’est aussi la plus rarement vue par l’Homme. | |||
Phylogénie
[modifier | modifier le code]Au sein des Gouloninae
[modifier | modifier le code]Cladogramme des genres de Guloninae selon Koepfli et al. (2008)[23] :
|
Genre Eira (Tayra) | |||||||||||||
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Au sein du genre Martes
[modifier | modifier le code]Le cladogramme suivant présente les relations de parenté au sein du genre Martes[24],[23],[25] :
| Genre Martes |
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Espèces fossiles
[modifier | modifier le code]Espèces fossiles selon Paleobiology Database (7 décembre 2025)[26] :
Notes et références
[modifier | modifier le code]Notes
[modifier | modifier le code]- ↑ Nom rejeté : la publication de Frisch Das Natur-System der Vierfüßigen Thiere (1775) a été déclarée invalide par l'ICZN en 1954 (Opinion 258) en raison d'une application incohérente de la nomenclature binominale[2].
- ↑ Homonyme plus récent de Hydrocyon G. Cuvier, 1819 chez les poissons (Actinopterygii).
- ↑ Différent de Mustela Linnaeus, 1758.
- ↑ Nom de remplacement pour Charronia Gray, 1865, considéré à tort comme occupé par Charonia Gistel, 1847 chez les mollusques.
Références
[modifier | modifier le code]- ↑ Integrated Taxonomic Information System (ITIS), www.itis.gov, CC0 https://doi.org/10.5066/F7KH0KBK, consulté le 4 juin 2013.
- ↑ (en) Francis Hemming, « Opinion 258. Rejection for nomenclatorial Purposes of the work by Frisch (J. L.) published in 1775 under the title Das Natur-system der Vierfüssigen Thiere », Opinions and declarations rendered by the International Commission on Zoological Nomenclature, vol. 5, , p. 55–72 (lire en ligne)
- ↑ (de) Johann Leonhard Frisch, Das Natur-System der Vierfüßigen Thiere, Glogau, Christian Friedrich Günther, (lire en ligne), p. 11
- ↑ (de) Johann Jakob Kaup, Skizzirte Entwickelungs-Geschichte und natürliches System der europäischen Thierwelt, Darmstadt, Carl Wilhelm Leske, (lire en ligne), p. 34
- ↑ Édouard Lartet, Notice sur la colline de Sansan, suivie d’une récapitulation des diverses espèces d’animaux vertébrés fossiles, trouvés soit à Sansan, soit dans d’autres gisements du terrain tertiaire miocène dans le bassin sous-pyrénéen, Auch, J.-A. Portes, (lire en ligne), p. 17
- ↑ (de) Johann Heinrich Blasius, Fauna der Wirbelthiere Deutschlands und der angrenzenden Länder von Mitteleuropa, vol. 1, Brunswick, Friedrich Vieweg und Sohn, (lire en ligne), « Säugethiere », p. 211
- 1 2 (en) John Edward Gray, « Revision of the genera and species of Mustelidae contained in the British Museum », Proceedings of the Zoological Society of London, vol. 1864, , p. 108 (lire en ligne)
- ↑ (ru) Sergueï Ogniov, « Новые данные по систематике и географическому распространению некоторых видов сем. Mustelidae », Mémoires du Département Zoologique de la Société des Amis des Sciences Naturelles, d'Anthropologie et d'Ethnographie, vol. 2, , p. 26, 30
- ↑ Léonard Ginsburg, « La faune des carnivores miocènes de Sansan (Gers) », Mémoires du Muséum national d’Histoire naturelle (Série C, Sciences de la Terre), vol. 9, no 1, , p. 107 (lire en ligne)
- 1 2 3 4 5 (en) Theodore Sherman Palmer, « Index Generum Mammalium », North American Fauna, vol. 23, , p. 401 (lire en ligne)
- 1 2 CNRTL, « Martre : Étymologie », sur Portail lexical (consulté le )
- 1 2 Émile Littré, « Dictionnaire de la langue française », sur Littré.org (consulté le )
- ↑ (en) Theodore Sherman Palmer, « Index Generum Mammalium: a List of the Genera and Families of Mammals », North American Fauna, vol. 23, , p. 715 (lire en ligne)
- ↑ (en) Theodore Sherman Palmer, Index Generum Mammalium: a List of the Genera and Families of Mammals, Washington, Government Printing Office, (lire en ligne), p. 335
- ↑ (en) Theodore Sherman Palmer, « Index Generum Mammalium: a List of the Genera and Families of Mammals », North American Fauna, vol. 23, , p. 179 (lire en ligne)
- ↑ (en) Theodore Sherman Palmer, Index Generum Mammalium: a List of the Genera and Families of Mammals, Washington, Government Printing Office, (lire en ligne), p. 285
- ↑ (en) Edmund Carroll Jaeger, A Source-Book of Biological Names and Terms, Springfield, Charles C. Thomas, (ISBN 978-03-98009-16-8, lire en ligne), p. 107, 136
- ↑ Philippe Pinel, Actes de la Société d'histoire naturelle de Paris : tome premier, première partie, Paris, l'Imprimerie de la Société, , 55 p. (ISSN 1770-6742, OCLC 1029909184, DOI 10.5962/bhl.title.86323, lire en ligne)
- ↑ Cuvier, F. et Cuvier, G. (éd.), Le règne animal distribué d'après son organisation, pour servir de base à l'histoire naturelle des animaux et d'introduction à l'anatomie comparée, vol. I, Paris, Deterville, , 147–149 p. (lire en ligne)
- ↑ Flynn JJ, Finarelli JA, Zehr S, Hsu J, Nedbal MA, « Molecular phylogeny of the carnivora (mammalia): assessing the impact of increased sampling on resolving enigmatic relationships », Syst. Biol., vol. 54, no 2, , p. 317–337 (PMID 16012099, DOI 10.1080/10635150590923326
, JSTOR 20061233) - ↑ Koepfli KP et al., « Multigene phylogeny of the Mustelidae: resolving relationships, tempo and biogeographic history of a mammalian adaptive radiation », BMC Biology, vol. 6, no 10, , p. 10 (PMID 18275614, PMCID 2276185, DOI 10.1186/1741-7007-6-10
) - ↑ Integrated Taxonomic Information System (ITIS), www.itis.gov, CC0 https://doi.org/10.5066/F7KH0KBK, consulté le 2 juillet 2026.
- 1 2 (en) Klaus-Peter Koepfli, Kerry A. Deere, Graham J. Slater, Colleen Begg, Keith Begg, Lon Grassman, Mauro Lucherini, Geraldine Veron et Robert K. Wayne, « Multigene phylogeny of the Mustelidae: Resolving relationships, tempo and biogeographic history of a mammalian adaptive radiation », BMC Biology, vol. 6, no 10, (DOI 10.1186/1741-7007-6-10)
- ↑ (en) Bo Li, Mieczyslaw Wolsan, Dan Wu, Wei Zhang, Yanchun Xu et Zhaohui Zeng, « Mitochondrial genomes reveal the pattern and timing of marten (Martes), wolverine (Gulo), and fisher (Pekania) diversification », Molecular Phylogenetics and Evolution, (DOI 10.1016/j.ympev.2014.08.002)
- ↑ (en) Sato, J. J., M. Wolsan, F. J. Prevosti, G. D’Elia, C. Begg, K. Begg, T. Hosoda, K. L. Campbell et H. Suzuki, « Evolutionary and biogeographic history of weasel-like carnivorans (Musteloidea) », Molecular Phylogenetics and Evolution, vol. 63, , p. 745–757 (DOI 10.1016/j.ympev.2012.02.025)
- ↑ Paleobiology Database, consulté le 7 décembre 2025.
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Articles connexes
[modifier | modifier le code]Liens externes
[modifier | modifier le code]- (en) Animal Diversity Web : Martes (consulté le )
- (en) BioLib : Martes Pinel, 1792 (consulté le )
- (en) Catalogue of Life : Martes Pinel, 1792 (consulté le )
- (en) Fauna Europaea : Martes Pinel, 1792 (consulté le )
- (fr + en) ITIS : Martes Pinel, 1792 (consulté le )
- (en) Mammal Species of the World (3e éd., 2005) : Martes Pinel, 1792 (consulté le )
- (en) North American Mammals : Martes (consulté le )
- (en) NCBI : Martes (taxons inclus) (consulté le )
- (en) Paleobiology Database : Martes Frisch 1775 (consulté le )














