Ligue grise
1395–1799
| Statut | État associé à la Confédération suisse |
|---|---|
| Capitale | Ilanz |
| 1395 | Création |
|---|---|
| 21 avril 1799 | Annexion par la République helvétique |
Entités précédentes :
Entités suivantes :
La Ligue grise (en allemand : Grauer Bund, en italien : Lega Grigia, en romanche : Ligia Grischa, La Grischa ⓘ ou Lia Sura) , ou Haute Ligue est une alliance de territoires formée à partir de 1395 dans ce qui est aujourd'hui le canton des Grisons, en Suisse.
La Ligue grise, dont le nom dérive de la couleur des vêtements portés par ses habitants, s'est alliée entre 1471 et 1524 à la Ligue des Dix-Juridictions et à la Ligue de la Maison-Dieu pour former les Trois Ligues ou ligues grisonnes, puisque la Ligue grise était la plus importante d'entre elles[1]. Avec ces deux autres ligues, elle s'est alliée à l'ancienne Confédération suisse au cours du XVIe siècle. Elle fut annexée par la République helvétique en 1799 pour former une partie du canton de Rhétie.
Histoire
[modifier | modifier le code]La Ligue grise est née dans le but de mettre un terme à d'innombrables faides et conflits armés opposant les familles nobles Belmont, Sax-Misot, Rhäzuns, Vaz, Werdenberg à l'abbaye de Disentis et l'évêché de Coire. Elle vise à établir la paix territoriale (de : Landfrieden), et en particulier la sécurité sur le chemin à travers le col du Lukmanier.
Alliance d'Ilanz
[modifier | modifier le code]Le , les trois principaux seigneurs de la vallée du Rhin antérieur, à savoir l'abbé de Disentis Jean d'Ilanz, principal instigateur, le baron Ulrich II de Rhäzüns et le baron Albert von Sax-Misox conclurent à Ilanz une alliance perpétuelle avec les délégués des juridictions. Comme leurs seigneuries se trouvaient pour l'essentiel dans la Surselva, l'alliance prit le nom de Part Sura (partie supérieure). Cinq jours plus tard, le comte Johann de Werdenberg-Sargans se rallia à eux avec les hommes libres de Laax. L'alliance d'Ilanz était censée restaurer la sécurité sur les routes, les activités commerciales et le cours normal de la justice[2].
Le , la seigneurie de Hohentrins (Trin, Tamins, Reichenau et son pont à péage), dépendante des comtes de Werdenberg-Heiligenberg, rejoint la Haute Ligue. Celle-ci englobe désormais toute la vallée du Rhin antérieur. Elle signe une alliance avec Glaris le , afin de garantir la sécurité des voies de communication (col du Panix, Lukmanier, Valserberg) pour les marchands de bétail et commerçants glaronais[2].
Création de la Ligue grise
[modifier | modifier le code]Le , l'alliance d'Ilanz est renouvelée à Trun pour l’éternité, sous le nom de Ligue supérieure ou Ligue grise[3]. Le plus haut office de la Ligue était celui de Landrichter (écrit en romanche « Landrehter »), qui était réélu tous les deux ans. Le terme Ligue grise est traditionnellement interprété comme une allusion à la couleur du vêtement de laine porté par l'homme commun; il est à l'origine du terme qui désignera le canton des Grisons et l'ensemble de ses habitants[2].
Lors de ce renouvellement du serment de l'alliance d'Illanz, ses dispositions sont complétées et assorties d'articles sur l'obligation d'aide mutuelle, la garantie de la propriété et l'amélioration de la jurisprudence. Trun devient le siège d'un tribunal neutre, qui fait office de cour d'appel civile; il se compose d'abord de douze, puis de quinze juges (d'où son nom de tribunal des Quinze). La Ligue grise est la seule des trois ligues rhétiques à mettre ainsi en place un pouvoir judiciaire central et à unifier sa législation civile[2].
Expansion
[modifier | modifier le code]Le Schams rejoint la Ligue grise en 1424. Les habitants achètent les droits seigneuriaux en 1458[4].
En 1480, une partie de la Mesolcina (Soazza et Messoco) rejoint la Ligue grise avec l'autorisation du comte Johann Peter von Sax. La Calanca et le reste de la Mesolcina rejoignent à leur tour la ligue en 1496[5].
En 1538, les habitants de Flims, Vals et la Lumnezia achètent les droits seigneuriaux à l'évêque de Coire[6],[7],[8].
En 1549, les habitants de la Mesolcina et de la Calanca achètent aux Trivulzio les droits seigneurieux sur la vallée[5].
Subdivisions
[modifier | modifier le code]La Ligue grise comprenait vingt-et-une « juridictions » :
Les juridictions de la Calanca, Roveredo et Mesocco forment la haute juridiction de la Mesolcina.
Les juridictions de Vals et de la Lumnezia forment la haute juridiction de la Lumnezia[8],[7].
Les juridictions d'Obersaxen, Waltensburg et Laax forment une haute juridiction[9].
Les juridictions de Schams et Rheinwald forment une haute juridiction[10].
Les juridictions de la Foppa (Gruob) et de Tenna forment la haute juridiction de la Foppa[11].
Notes et références
[modifier | modifier le code]- (de) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en allemand intitulé « Grauer Bund » (voir la liste des auteurs).
- ↑ Louis Deroy et Marianne Mulon, Dictionnaire des noms de lieux, Le Robert, 1994 (ISBN 285036195X), p. 204
- 1 2 3 4 « Ligue grise », sur hls-dhs-dss.ch,
- ↑ Cesare Santi, « La carta della Lega Grigia del 1424 », Quaderni grigionitaliani, vol. 49, no 2, , p. 130-138 (ISSN 1016-748X, DOI 10.5169/seals-38695, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Jürg Simonett (trad. Danièle Vuilleumier), « Schams » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du
- 1 2 Cesare Santi (trad. Denyse Wettstein), « Mesolcina » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du
- ↑ Martin Bundi (trad. Walter Weideli), « Flims » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du
- 1 2 Jürg Simonett (trad. Pierre-G. Martin), « Vals » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du
- 1 2 Duri Blumenthal (trad. Walter Weideli), « Lumnezia (vallée) » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du
- ↑ Adolf Collenberg (trad. Danièle Vuilleumier), « Obersaxen » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du
- ↑ Kurt Wanner (trad. Pierre-G. Martin), « Rheinwald (vallée) » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du
- ↑ Jürg Simonett (trad. Pierre-G. Martin), « Tenna » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du
Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Randolph C. Head, Early modern democracy in the Grisons : social order and political language in a Swiss Mountain canton, 1470-1620, New York, Cambridge University Press, , 287 p.
- Linus Bühler, « Die Freiherren von Rhäzüns: Studien zum Aufstieg und Machtzerfall eines rätischen Adelsgeschlechts (insbesondere im 14. und 15. Jahrhundert) », Quellen und Forschungen zur Bündner Geschichte, vol. 28, , _ (DOI 10.5169/seals-939135, lire en ligne, consulté le )
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Articles connexes
[modifier | modifier le code]Liens externes
[modifier | modifier le code]- « Ligue grise » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne
