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33 rue des Vignoles

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33 rue des Vignoles
BERJAYA
Devanture du 33 rue des Vignoles en 2016.
Histoire
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Le 33 rue des Vignoles (surnommé les Vignoles ou le 33) est le bâtiment où se trouve le siège de la Confédération nationale du Travail (CNT), la principale organisation anarcho-syndicaliste en France. Il se trouve dans le 20e arrondissement de Paris.

Lieu emblématique du Paris rouge, il accueille un nombre important d'activités culturelles et militantes liées à l'anarchisme ou à la mémoire des anarchistes espagnols. Il sert de point de convergence des anarchistes en France depuis les années 1970.

Depuis 2025, il est en rénovations, avec une réouverture prévue en 2026.

BERJAYA
Plaques commémoratives au no 33.

Alors que la CNT française est d'abord installée dans un petit local rue Sainte-Marthe, le syndicat loue ces locaux, situés au fond d'une impasse, à partir de 1970[1],[2]. Il reçoit le surnom de « 33 », entre autres[2],[3].

Dès sa fondation, l'espace est autogéré selon les pratiques anarchistes ; il sert rapidement de point de convergence des anarchistes en France[1]. Ainsi, les permanences de l'Organisation révolutionnaire anarchiste (ORA) et d'autres organisations des années 1970 sont accueillies au 33 rue des Vignoles avec celles de la CNT[1].

Pendant les années 2010 et 2020, les anarchistes et l'association Flamenco En France sont menacés d'expulsion par la mairie de Paris s'ils ne procèdent pas à des rénovations qu'ils soutiennent être hors de leurs moyens[1],[4]. Cette crise mène à une mobilisation permettant de réunir des fonds pour restaurer les locaux ; le bâtiment ferme en 2025 pour une réouverture annoncée fin 2026[4],[5]. Pendant ce temps, la CNT se déplace au 31 bis rue des Trois-Bornes[6].

Postérité

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Espace structurant du mouvement anarchiste en France

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Le fait que la CNT accueille l'ORA participe à une transmission militante et met en lien les anarchistes plus âgés de la guerre d'Espagne avec les anarchistes de l'ORA, composés d'une population jeune issue des luttes de mai 68[7]. L'anarchiste argentin Tomas Rothaus, qui visite les lieux en 1998, écrit que selon lui[3]:

Les différentes générations et courants de l'anarchisme n'étaient pas seulement liés de manière métaphorique ; ils coexistaient littéralement dans ce seul et même espace. [...] À un instant donné, une salle pouvait accueillir une réunion de la CNT-Nettoyage, fondé en 1988 et représentant des centaines de travailleurs issus des secteurs les plus précaires du prolétariat, principalement des immigrés, souvent sans-papiers. Pendant ce temps, dans la pièce voisine, le très anarchiste classique et très « autonome » Collectif Anti-Expulsions pouvait être en train de planifier la prochaine occupation ou action de masse contre la machine étatique de déportation, ou contre les entreprises et sociétés collaborant avec l'État pour rendre possibles la détention et l'expulsion d'êtres humains. [...] Ce lieu était une leçon vivante de l'application pratique d'un anarchisme multigénérationnel, diversifié (du moins, plus qu'ailleurs) et aux multiples facettes.

Influences sociologiques à Paris

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Selon la sociologue Sylvaine Conord, il s'agit d'un lieu notable dans les réseaux de l'Est parisien, structurant autour de lui toute une série de réseaux militants[8]. Il se situe ainsi à proximité du Fanzinarium, une bibliothèque associative consacrée à l'art du fanzine, et de la librairie anarchiste Quilombo[4],[9].

Streetpress le classe dans les lieux notables de la gauche alternative à Paris, en utilisant une illustration de la CNT pour son article[10].

Références

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  1. 1 2 3 4 Daniel Mermet, « Le 33 rue des Vignoles », sur France Inter, (consulté le )
  2. 1 2 « Le Paris Rouge : 33 rue des Vignoles, siège de Confédération nationale du travail (CNT) », sur Mon Petit 20e (consulté le )
  3. 1 2 Tomas Rothaus, Another war is possible: militant anarchist experiences in the antiglobalization era, PM Press, (ISBN 979-8-88744-105-4, OCLC on1449548282, lire en ligne), p. 37-41
  4. 1 2 3 Emilie Salabelle, « "Une maison commune" : cette vieille impasse de Paris est devenue le cœur battant des exilés espagnols », sur Actu.fr, (consulté le )
  5. « Ça y est les travaux ont débuté au 33 rue des Vignoles », sur Association 24 Août 1944 - La Nueve, (consulté le )
  6. « Permanences syndicales de la CNT en région parisienne », sur L'Agenda Militant (consulté le )
  7. Frédéric Goldbronn, « La porte étroite du passé », Exils et migrations ibériques aux XXe et XXIe siècles, vol. N° 9-10, no 1, , p. 358 (ISSN 1245-2300, DOI 10.3917/emi.009.0358, lire en ligne, consulté le )
  8. Sylvaine Conord, « Anthropologie visuelle des mal-logés de la place de la Réunion », sur Analisi Qualitativa (consulté le )
  9. « Soutien au 33 rue des Vignoles », sur Librairie Quilombo (consulté le )
  10. Nima Kargar et Edouard de La Rochefordière, « La carte de la gauche alternative à Paris », sur StreetPress (consulté le )

Bibliographie

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  • Zoe Baker, Means and Ends: The Revolutionary Practice of Anarchism in Europe and the United States, Edinbourg, AK Press, (ISBN 978-1-84935-498-1)