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< Billets de Jacques Dufresne


Edgar Morin (1921-2026)

BERJAYA

Il n’est plus celui que ses amis latinos appellent el pensador planetario. Il conserve toutefois une présence multiforme et vivante dans bien des lieux. L’Encyclopédie de l’Agora en est un. Les articles des sections Pionniers de l’écologie et Complexité sont une excellente porte d’entrée dans son oeuvre. Transgressant les frontières entre les pays et les continents comme entre les disciplines, les religions et les visions du monde, il a domestiqué cette idée de complexité rendue nécessaire actuellement aussi bien par l’état de la planète que par celui de la science et de l’humanité. Il faut agir localement sans cesser de penser globalement. Penser, agir : Edgar Morin sait, parfois jusqu’à l’excès trouver le style qui convient aux sujets les plus abstraits comme il sait trouver celui qui incite à l’action.

Voir le dossier Edgar Morin

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Faire la synthèse de l'ensemble des connaissances. Cette tâche, reposant sur le besoin d'unité de l'esprit humain, allait de soi dans l'antiquité, elle était encore possible à la Renaissance; depuis plus de deux siècles, elle est impossible en raison notamment de la multiplication des savoirs spécialisés. Trop de gens en ont toutefois conclu que ladite tâche, parce qu'elle est impossible, a cessé d'être nécessaire. Edgar Morin n'est pas tombé dans ce piège. Il a compris au contraire que l'éclatement du savoir rend l'effort de synthèse encore plus impérieux. Cela le mit dans l'obligation de tenter l'impossible. Là se trouve l'étincelle initiale et le sens de son œuvre.

Voir la section Andrée Mathieu et la complexité

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Le site de l'Association pour la pensée complexe (site désactivé) comporte un lexique. C'est de ce lexique qu'est tirée la définition suivante :

« Ce n'est pas tant la multiplicité des composants, ni même la diversité de leurs interrelations, qui caractérisent la complexité d'un système : tant qu'ils sont pratiquement et exhaustivement dénombrables on sera en présence d'un système compliqué (ou hypercompliqué), dont un dénombrement combinatoire pourrait permettre de décrire tous les comportements possibles (et par là de prédire son comportement effectif à chaque instant dès que la règle ou le programme qui les régit est connu) : en termes mathématico-informatiques on dit alors qu'on est en présence d'un "problème polynomial" ("P. Problem").

La complexité, c'est l'imprévisibilité potentielle (non calculable a priori) des comportements de ce système, liée en particulier à la récursivité qui affecte le fonctionnement de ses composants ("en fonctionnant ils se transforment"), suscitant des phénomènes d'émergence certes intelligibles, mais non toujours prévisibles. Les comportements observés des systèmes vivants et des systèmes sociaux fournissent d'innombrables exemples de cette complexité. Pendant deux siècles, la science positive a semblé "baisser les bras" devant ces phénomènes, préférant ne vouloir connaître que le "scientifiquement prévisible" ou calculable, avant que G. Bachelard ne lui rappelle "son idéal de complexité" qui est de rendre le merveilleux intelligible sans le détruire. En introduisant le concept de "complexité organisée" en 1948, W. Weaver allait réouvrir de nouvelles voies à "l'intelligence de la complexité" que P. Valéry avait déjà définie comme "une intelligible imprévisibilité essentielle". Edgar Morin, à partir de 1977 (La Méthode, T. I) établira le "Paradigme de la complexité" qui assure désormais le cadre conceptuel dans lequel peuvent se développer nos exercices de modélisation des phénomènes que nous percevons complexes ("point de vue") : une complexité à la fois organisée et, récursivement, organisante »

Voir le dossier Complexité

Lettre - Printemps 2026

George Grant ou le destin américain du Canada

Marc Chevrier
BERJAYA

Au Québec, on invoque George Grant pour établir un contraste avantageux entre le Canada anglais, menacé d’absorption par les États-Unis, et le Québec, protégé par sa culture et sa langue. Ce sympathique philosophe et théologien, lecteur de Leo Strauss et de Simone Weil, a pensé à rebours de son temps, dès 1965 dans un lamento célèbre, la disparition du Canada comme projet de pays, happé par l'Empire techno-libéral américain. Cet article donne suite à une entrevue portant sur George Grant à l'émission Questions d'actualité de Radio VM.

Malheur et inconsistance des puissances moyennes De Thucydide à Vàclav Havel

Marc Chevrier
BERJAYA

 

Retour sur le discours prononcé par le premier ministre Mark Carney en janvier 2026, à travers deux entrevues de l'auteur données à l'émission Midi-Actualités animée par Philippe Labrecque à Radio VM.

Le provincialisme impérial

Marc Chevrier
BERJAYA

Une question est revenue hanter le Québec à la fin de 2025, son provincialisme, qui décrit outre sa condition politique, un état d'esprit, une manière d'exister, qui caractérise collectivement les Québécois et restreint leurs horizons. Cependant, ce provincialisme n'est pas celui d'un ancien pays relégué au marge d'un État national centralisé, comme en France, où le mot province désigne péjorativement tout ce qui n'est pas Paris. Il renvoie au Québec à la condition d'un peuple minoritaire fondu dans un empire où il s'est habitué à l'idée de ne pas avoir à prendre en charge les dimensions névralgiques de sa liberté politique. Des textes et des entrevues en discutent.

L’arrêt Kanyinda ou la « superpuissance démocratique » à l’ouvrage

Yannick Lacroix
BERJAYA

Depuis l’enchâssement de la Charte dans la Constitution en 1982, la cour suprême a été appelée à sortir des sentiers du droit pour se mêler de plus en plus de questions d’organisation sociale et de politiques gouvernementales que certains réserveraient plutôt aux élus ou encore aux fonctionnaires. Les gouvernements, bien souvent, ont été tout à fait heureux de se délester de patates chaudes sur les honorables juges, mais au prix d’une perte progressive d’autonomie et de pouvoir. L'arrêt Kanyinda confirme cet empiètement du judiciaire sur le politique au Canada.

Vivement, une charte des devoirs pour corriger l’hypertrophie des droits !

Yan Barcelo

Les avancées d’aujourd’hui portent des dangers intellectuels, sociaux et moraux inédits, des menaces de surveillance et de contrôle des masses d’une puissance et d’une étendue insoupçonnée. Si nos sociétés doivent survivre au spectre d’inhumanité qui se dresse à l’horizon, elles n’auront pas le choix de repenser un jour l’équilibre fondamental qu’il faut assigner aux droits et devoirs de leurs membres.

L’homme du ressentiment

Richard Lussier
BERJAYA

Tout ressentiment collectif ne finit pas nécessairement dans un bain de sang, ce qui ne signifie pas pour autant qu’il ne soit pas dommageable à la communauté; je pense notamment à notre Révolution tranquille ou au féminisme. Arrêtons-nous à ce dernier cas.

Changement de régime

Jacques Larochelle
BERJAYA

Il importe d’avoir le courage élémentaire de ne pas voir dans la dérive complète et dangereuse de ce puissant pays que sont les Étas-Unis une atteinte À la démocratie, alors qu’en réalité nous assistons à une atteinte DE la démocratie à la paix, à la sécurité et la rationalité de l’ordre national et international.

L’allégorie de la caverne I

Gérald Allard
BERJAYA

Ce texte est la première tranche d’un long exercice de réflexion sur l’allégorie de la caverne de Platon. Cette première tranche porte sur le contexte littéraire du texte bien connu, soit la dimension politique de la vie. Elle sera suivie de deux autres qui porteront sur l’allégorie elle-même et sur une interprétation possible.

La désobéissance attentionnelle

Bernard Lebleu
BERJAYA

Pour s'extraire de l'emprise qu'ont sur notre attention les grandes plateformes numériques, plusieurs, comme l'historien de la culture Ted Gioia ou le collectif The Friends of Attention, en appellent à la désobéissance attentionnelle, un acte de résistance radicale qui va bien au-delà de la simple détox numérique prônée par des médias qui souvent contribuent à notre intoxication numérique.

De l'empathie à la tolérance

Georges-Rémy Fortin
BERJAYA

On entend de plus en plus souvent des appels à l’empathie. En réaction à la haine qui semble chaque jour gagner du terrain, on rappelle l’importance d’être attentif aux autres, de ressentir ce qu’ils ressentent, de se mettre à leur place. Si tous faisaient preuve d’empathie les uns envers les autres, nous vivrions dans un monde solidaire et juste. Ces appels à l’empathie sont, à tort ou à raison, attribués à des idées et des sentiments « de gauche », ce qui a suffi à certains soi-disant conservateurs à lancer des mots d’ordre contre l’empathie.

Aperçu des avant-gardes

Nicolas Bourdon
BERJAYA

Mon jeune ami Christian vit dans ses rêves comme Don Quichotte dans ses imaginations. Figurez-vous qu’il s’est mis dans la tête de faire revivre le Montréal du XIXe siècle dans un recueil d’histoires intitulé Montréal au temps jadis. Je lui ai dit qu’avant toute chose il devait connaître le Montréal d’aujourd’hui et j’ai tenté de lui faire subtilement comprendre que le Montréal d’aujourd’hui ne voudrait peut-être rien savoir du Montréal du passé.    

Au Québec, combiner élections et référendum constitutionnel le 5 octobre prochain?

BERJAYA
Le gouvernement de la CAQ croit pouvoir adopter une « constitution du Québec » sous la forme d'une loi ordinaire, sans soumettre son projet au référendum. Or, une vraie constitution au sens politique et républicain ne peut se priver d'une sanction populaire. Il n'est cependant pas trop tard pour changer d'idée et prévoir le 5 octobre prochain la tenue simultanée d'une consultation populaire sur la question. Une

Le provincialisme impérial

BERJAYA
Une question est revenue hanter le Québec à la fin de 2025, son provincialisme, qui décrit outre sa condition politique, un état d'esprit, une manière d'exister, qui caractérise collectivement les Québécois et restreint leurs horizons. Cependant, ce provincialisme n'est pas celui d'un ancien pays relégué au marge d'un État national centralisé, comme en France, où le mot province d&eacut

Malheur et inconsistance des puissances moyennes De Thucydide à Vàclav Havel

BERJAYA
  Retour sur le discours prononcé par le premier ministre Mark Carney en janvier 2026, à travers deux entrevues de l'auteur données à l'émission Midi-Actualités animée par Philippe Labrecque à Radio VM.

George Grant ou le destin américain du Canada

BERJAYA
Au Québec, on invoque George Grant pour établir un contraste avantageux entre le Canada anglais, menacé d’absorption par les États-Unis, et le Québec, protégé par sa culture et sa langue. Ce sympathique philosophe et théologien, lecteur de Leo Strauss et de Simone Weil, a pensé à rebours de son temps, dès 1965 dans un lamento célèbre, la disparition du Canada comme projet de pays, happé par l&

Le Québec dans l'Union canadienne À propos d'une constitution prétendue

BERJAYA
Le gouvernement de la Coalition Avenir Québec a finalement déposé son « projet de loi constitutionnelle » à l'Assemblée nationale le 9 octobre 2025, lequel contient notamment une « Constitution du Québec » en 62 articles. Mais s'agit-il vraiment d'une constitution se demande notre analyste Marc Chevrier, au vu du fait que cette « constitution » projetée ne sera vraisemblablement pas soumise

La nouvelle Charte des valeurs de Monsieur Drainville

BERJAYA
Déposé en mars 2025, le nouveau projet de loi 94 visant à renforcer l’application de la laïcité dans le réseau scolaire québécois reprend plusieurs des principes de la Charte des valeurs proposée par Bernard Drainville en 2013 sous l'ancien gouvernement péquiste. Le projet original de loi 94 essaie d’endiguer, dans l’organisation scolaire publique québécoise, toute manifestation du r