Floruit
« Floruit », souvent abrégée sous la forme « fl. », est un terme d'origine latine que l'on emploie pour indiquer la période au cours de laquelle une personne, une école, une mouvance, une famille historique ou une espèce a été active ou florissante. L'expression signifie « il ou elle a connu son apogée »[1],[2]. Le mot est la troisième personne du singulier au parfait du verbe latin florere[2] (« être florissant »). Il correspond au terme acmé.
L'expression est notamment utilisé en généalogie et en histoire (dans ses différentes branches : histoire générale, histoire de l'art, de la musique, histoire des sciences, etc.) quand les dates de naissance ou de décès d'une personne sont inconnues, mais que des dates de son activité soient connues : celles-ci serviront à déterminer la période durant laquelle il floruit. L'expression s'utilise le plus souvent dans des publications savantes[3].
Principe
[modifier | modifier le code]Supposons une recherche sur le dénommé Jean Dubois, personnage dont on ne peut déterminer les dates de naissance et de décès. En revanche, on dispose de trois testaments signés de sa main en 1204, 1207 et 1229, et d'un acte officiel attestant de son mariage en 1197 : on écrira Jean Dubois (floruit 1197-1229), ou (fl. 1197-1229).
Origine
[modifier | modifier le code]Dans l'Antiquité, les historiens grecs distinguaient trois parties dans le parcours d'un artiste : le début, l'apogée (ou acmé) et le déclin. Ces auteurs se préoccupaient peu des dates de naissance et de mort des artistes, et focalisaient leur attention sur l'acmé, le point culminant de leur carrière[4]. Le grec ancien : ἀκμή, ῆς (ἡ) — qui a donné en français acmé, se traduit par « plus haut point (de force, de puissance, etc.) » et de là « la fleur de la vie, la force de l’âge »[5], et dont on trouve une équivalence chez Pline qui emploie le verbe floruit, par analogie avec le phénomène de la floraison[4],[6].
Exemples d'emploi
[modifier | modifier le code]Histoire de l'art
[modifier | modifier le code]Le mot est utilisé, entre autres, en histoire de l'art (mais pas seulement), pour marquer la période d'activité d'un artiste[7].
- « Si la poésie moderniste a compté en Espagne des représentants distingués, comme Salvador Rueda, Manuel Machado y Ruíz, Francisco Villaespesa, Tomás Morales et même, dans une certaine mesure, l'illustre Antonio Machado, le floruit de ces poètes, à l'exception du premier, est sensiblement postérieur aux premières manifestations du modernisme en Amérique[8]. »
- « Les notices pliniennes […] proposent un profil-type des artistes célèbres, identifiés par les chefs-d’œuvre qui fixent l’apogée de leur art, exprimé par la métaphore du « floruit » et construit sur la séquence des Olympiades propre au calendrier grec[9]. »
Sciences
[modifier | modifier le code]- « Friedman and Friedland ont écrit Les 10 plus importantes découvertes en médecine entre 1453 et 1953. Ils ont analysé les contributions de Vésale, William Harvey, Antony Leeuwenhoek, Edward Jenner, Crawford Long, Wilhelm Roentgen, Ross Harrison, Nikolai Anichkow, Alexander Fleming et Maurice Wilkins. Ils furent renommés dès leur jeunesse, à un âge moyen de 32,4 ans. Vésale, Long et Anichkow avaient un peu plus de vingt ans, Maurice Wilkins s’est fait remarquer (en latin « floruit ») quand il avait 38 ans. »[10].
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ (en) « Floruit, verb », sur dictionary.cambridge.org (consulté le ).
- 1 2 « FLORUIT », sur merriam-webster.com (consulté le ).
- ↑ (en) Richard A. Branyon, Latin phrases & quotations, New York, Hippocrene Books, (ISBN 978-0-781-80260-4, lire en ligne
), p. IX ; 75. - 1 2 Jacques Chamay, « Qui a inventé l’histoire de l’art ? », sur artpassions.ch, Artpassions (N° 7), (consulté le ).
- ↑ Anatole Bailly, Dictionnaire grec-français, Hachette 2019 [1901]. [lire en ligne (page consultée le 29 juillet 2029)].
- ↑ Valérie Naas, « L’art grec dans l’Histoire naturelle de Pline l’Ancien », Histoire de l'art « Réception, diffusion », nos 35-36, , p. 15-26 (V. p. 18) (lire en ligne).
- ↑ W. McAllister Johnson, Art History: Its Use and Abuse, University of Toronto Press, 1990 373 p. (ISBN 0-865-16423-1) p. 307. [lire en ligne (page consultée le 29 juillet 2026)].
- ↑ Michel Berveiller, « Modernismo », sur universalis.fr (consulté le ).
- ↑ Sylvie Aubenas, Eric de Chassey et al., « La monographie d’artiste : une contrainte, un modèle, un schéma adaptable ? », Perspective, no 4, , p. 504-512 (§ 11) (lire en ligne).
- ↑ Natale Gaspare de SANTO, « Créativité et découvertes scientifiques après 65 ans. Science, Art et Vieillesse », Bulletin de l'Académie Nationale de Médecine Date:, vol. 201, nos 7-9, september–december 2017, p. 1335-1347 (lire en ligne).

