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Charles Rogeau

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Charles Rogeau
BERJAYA
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 78 ans)
SherbrookeVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Charles-Henri RogeauVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Française puis canadienne
Activité
Conjoint

Charles Rogeau, né Charles-Henri Rogeau le à Armentières (France) et mort le à Sherbrooke (Québec), est un industriel français devenu agriculteur et propriétaire terrien au Québec. Héritier d'une entreprise textile du nord de la France, il émigre au Canada avec sa famille en 1937 et s'établit dans les Cantons-de-l'Est. Époux d'Élodie Schoutteten-Rogeau, dite l'ardente bibliothécaire de Sherbrooke, il est associé l'histoire Val Dormant de Sherbrooke.

Origines et carrière industrielle

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Charles-Henri Rogeau nait dans une famille bourgeoise du nord de la France, le à Armentières de l'union d'Adèle Duflòs et d'Achille Rogeau[1].

Avec son frère Achille, il hérite d'une usine de tissage de lin, de coton et de chanvre située près d'Armentières, dans la région des Hauts-de-France[2].

Mariage avec Élodie Schoutteten

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Portrait de mariage de Charles Rogeau et Élodie Schoutteten en 1911.

Au printemps 1911, il rencontre Élodie Schoutteten, une jeune femme de la haute bourgeoisie de Comines. Leur union est d'abord envisagée comme un mariage convenable entre deux familles de même rang social. Charles a trente ans, Élodie seulement dix-neuf. Dès leur première rencontre, il tombe pourtant sincèrement amoureux d'elle. Contrairement à l'image austère qu'on pourrait associer à un industriel de son époque, il se révèle tendre et attentionné. Dans les nombreuses lettres qu'il adresse à sa fiancée, il cherche à calmer ses angoisses et à gagner son affection avec délicatesse[3].

Le mariage de Charles Rogeau et Élodie Schoutteten est célébré quelques mois après leur première rencontre, le . Le couple s'installe à Armentières dans une vaste propriété. Deux de leurs enfants y naissent avant le déclenchement de la Première Guerre mondiale[4].

Exode durant la Première Guerre mondiale

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À l'été 1914, après l'invasion de la Belgique par l'Empire allemand, Charles Rogeau quitte précipitamment Armentières avec sa famille afin d'échapper à l'avancée des combats. Le couple abandonne alors une grande partie de ses biens. Après plusieurs déplacements dans l'ouest de la France, la famille s'établit finalement à Condé-sur-Noireau, en Normandie, où elle loue une demeure appelée Le Mesnil. Charles Rogeau y réside pendant plus de vingt ans avec son épouse et leurs enfants.[5]. Le couple a onze enfants : Charles, René, Françoise, Michel, Fernande, Anne-Marie, Marie-Ange, Hubert, Bernard, Élodie et Renée Élizabeth[1].

Immigration au Québec

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Dans les années 1930, le contexte politique et social européen, la montée des tensions précédant la Seconde Guerre mondiale ainsi que les inquiétudes liées à la situation économique et ouvrière en France conduisent Charles Rogeau et son épouse à envisager l'émigration. Après plusieurs refus des autorités canadiennes, la famille obtient en 1937 l'autorisation d'immigrer au Canada, à condition que Charles Rogeau exploite une ferme et dispose d'un capital minimal déterminé par le ministère de l'Immigration. Le , Charles Rogeau, son épouse et quatre de leurs enfants quittent la France à bord du Empress of Australia[6].

Vie au Val Dormant

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Charles Rogeau devant la maison principale du Val Dormant avec un bâton de marche.

Après un séjour à Québec, la famille s'installe à Sherbrooke. En 1938, Charles Rogeau acquiert le domaine Sleepy Hollow, qu'il rebaptise Val Dormant. Située sur le chemin de Brompton, la propriété comprend environ 246 acres de terrain[7].

Charles Rogeau se consacre à l'agriculture et à l'aménagement du domaine familial. Il plante de nombreuses essences d'arbres sur la propriété et élève divers animaux domestiques et de ferme[8].

Passionné de sports, il met une partie de son terrain à disposition des skieurs et du Club de ski de Sherbrooke. Les installations deviennent rapidement un lieu de rassemblement populaire dans la région[9].

Seconde Guerre mondiale

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Durant la Seconde Guerre mondiale, la situation financière de la famille devient plus difficile. Leur fils aîné, Charles Rogeau fils, demeuré en France, est fait prisonnier par les forces allemandes en 1940[10].

En 1944, son épouse Élodie est grièvement blessée dans un accident automobile à Sherbrooke et doit subir l'amputation d'une jambe[11].

Charles Rogeau meurt subitement le à Sherbrooke. Des journaux régionaux soulignent alors son implication dans la promotion de la culture française dans les Cantons-de-l'Est ainsi que son rôle dans le développement des activités de ski dans la région sherbrookoise[12]. Il est inhumé au cimetière Saint-Michel de Sherbrooke, au lot 53-H[13].

À Sherbrooke, dans le district d'Ascot, la rue Rogeau rappelle le souvenir de Charles Rogeau, qui était actionnaire de la Société immobilière des Cantons-de-l'Est, qui a construit les maisons situées en bordure de cette voie de circulation[14]. Cette rue a été ouverte à l'été 1962, moment où le toponyme lui a probablement été donné[1]. Le toponyme a été officialisé le 19 octobre 1990[14],[1].

Bibliographie

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  • Jean-Marie Dubois et Gérard Coté, « Rue Rogeau : un cultivateur et promoteur immobilier », Regards, Sherbrooke, vol. 7, no 8, , p. 17 (lire en ligne, consulté le )
  • Arlette Langlois et Gabriel Martin, L'ardente bibliothécaire de Sherbrooke : biographie d'Élodie Schoutteten-Rogeau (1891–1967), Sherbrooke, Éditions du Fleurdelysé, , 129 p.

Notes et références

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Articles connexes

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